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«Lors de notre traversée de l'Atlantique à bord de l'Anna C., je devais avoir un peu plus d'un mois. Je ne sais pas quel nom je portais à l'époque - mes parents ne s'accordent pas sur la question, comme sur tant d'autres choses.»
Au milieu des années 1960, une poignée de jeunes Argentins quittent clandestinement leur pays pour s'embarquer dans un périple qui doit leur permettre de rejoindre le Che Guevara. Ils sont prêts à donner leur vie pour qu'advienne la Révolution.
Laura Alcoba a composé ce roman à partir des souvenirs des rares survivants de cet incroyable voyage, dont ses parents faisaient partie et au cours duquel elle est née.
Laura Alcoba enseigne la littérature du Siècle d'or espagnol à l'université. Elle est l'auteur de Manèges (Petite histoire argentine), traduit dans de nombreux pays, et de Jardin blanc, deux romans publiés aux Éditions Gallimard.
La revue de presse Baptiste Liger - L'Express, mars 2012
Enfant de parents et d'une époque fascinée par Che Guevara, Laura Alcoba se souvient et raconte dans ce beau roman l'effervescence et les déceptions de tout un monde...
Mais est-il vraiment possible de savoir ce qui s'est réellement passé, avec des témoignages contradictoires, le temps qui gomme les mémoires et le "goût du secret d'une génération" ? Il appartient alors à la fiction de colmater les brèches, à l'image de ce beau roman dédié "à la foi envolée, aux illusions perdues".
La revue de presse Dominique Guiou - Le Figaro du 9 février 2012
Dès le début de ses recherches, Laura Alcoba pressent qu'il va lui falloir constamment démêler le réel du rêve, la vérité du fantasme. De surcroît, elle se heurte au goût du secret qu'a cultivé toute une génération de révolutionnaires. Ce qui est certain, écrit-elle, «c'est qu'à La Havane, mes parents ont fait leur expérience de la révolution. Qu'ils y ont eu des déceptions, nombreuses. des espoirs, vains. Des visions, peut-être». Ces déceptions, ces espoirs, ces visions, «cette foi envolée», Laura Alcoba les restitue magistralement, mêlant les points de vue des quatre témoins, sans jamais juger ou analyser. À ces combattants déchus, ressassant leur épopée cubaine après leur retour précipité à la case départ, l'Argentine, Laura Alcoba redonne une dignité perdue.
La revue de presse Fabienne Dumontet - Le Monde du 26 janvier 2012
Cette fois, avec Les Passagers de l'Anna C., Laura Alcoba est sortie de la clandestinité pour aller interroger ses parents, aujourd'hui séparés, sur leur propre histoire. Elle a choisi de remonter plus loin dans le temps et de raconter leur fugue de lycéens quittant l'Argentine pour La Havane en 1966, avec l'espoir de servir le Che. Pour écrire ce "roman", différent de l'"histoire" qu'était Manèges, Laura Alcoba a confronté les souvenirs de son père, installé à Barcelone, à ceux de sa mère, qui vit toujours à Paris. En cours de route, deux entretiens avec Régis Debray, héraut de la révolution cubaine à l'époque, lui permirent de revenir vers eux avec des questions précises : "C'est l'un des seuls à parler, dans son autobiographie Loués soient nos Seigneurs (Gallimard, 1996), des camps d'entraînement à la guérilla dans la jungle cubaine." Elle rechercha parallèlement d'autres témoins de cette aventure, dont beaucoup moururent dans la lutte armée, quitte à faire ensuite des choix dans leurs récits et à laisser apparaître leurs contradictions dans son livre.