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.. Ida Rubinstein, le roman d'une vie d'artiste

Couverture du livre Ida Rubinstein, le roman d'une vie d'artiste

Auteur : Donald Flanell Friedman

Traducteur : Monique Briend-Walker

Date de saisie : 16/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Salvator, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782706708596

GENCOD : 9782706708596

Sorti le : 12/11/2011

  • Les présentations des éditeurs : 17/03/2012

Née en Ukraine dans une famille juive, Ida Rubinstein (1883-1960), ballerine, actrice, imprésario, a été une icône des cercles artistiques du Tout- Paris de la Belle Époque et de l'entredeux- guerres. Donald Friedman la suit au cours de ses multiples vies - croisant Serge Diaghilev, Robert de Montesquiou, Sarah Bernhardt, Gabriele D'Annunzio, Claude Debussy, Arthur Honegger, Maurice Ravel ou Paul Claudel - jusqu'à Vence, où elle mourut, après avoir choisi de vivre en recluse. Devenue mystique, elle se rapprocha, dans la dernière partie de sa vie, des Dominicains du Saulchoir, à Tournai, puis des moines de Cîteaux.

Donald Flanell FRIEDMAN Spécialiste de littérature comparée, il a traduit des oeuvres de Marguerite Yourcenar, de Paul Willems ou de poètes symbolistes. En 2007, il a été fait Officier de l'Ordre de Léopold (Belgique). Il enseigne actuellement à la Winthrop University de Rock Hill, en Caroline du Sud.



  • La revue de presse Jean-Claude Gallotta - Le Monde du 16 février 2012

"Je suis née avec l'ambition de prêter mon corps, mes mouvements, ma voix et le plus intime de mon être à des personnages de théâtre, à l'imaginaire, à l'idéal ; voilà mon vrai royaume, ma patrie." Ainsi parlait Ida Rubinstein (1883-1960), née dans une famille juive aisée d'Ukraine, devenue orpheline très tôt. Le livre s'ouvre sur sa vie finissante, solitaire, dans une abbaye cistercienne. Ida sent venir la mort. Elle devient mystique et ne mange que du poisson pour accéder au mystère chrétien. Dans cette ascèse illuminée, elle décide pourtant de boire tous les jours une petite coupe de champagne. Comme un résumé-déclic de sa vie : l'alliance mystérieuse du profond et du superficiel, du complexe et du frivole, de l'illusoire et de l'authentique. Ses choix, ses rencontres, ses amours ont toujours été placés sous cette double égide...
Donald Friedman raconte avec un verbe souple et pénétrant, empli d'expressions lumineuses et poétiques, et fait parler Ida à la première personne comme s'il s'agissait de son propre journal intime. Il la réinvente, lui rend sa vie intense.


  • Les courts extraits de livres : 17/03/2012

Une ville fantôme

«J'ai eu la vie que je voulais. Je ne l'ai pas eue facilement.
Née en Russie dans une famille à qui le théâtre semblait une déchéance, il m'a fallu rompre durement avec mon milieu.»

Ida Rubinstein, L'Écho, 9 septembre 1932.

Pourquoi suis-je née dans ce lieu et à cette époque ? Et pourquoi cette ambition m'habitait-elle ? J'étais toujours seule et je me sentais seule. De manière permanente, je me sentais attirée par le monde des rêves, les miens propres et ceux des autres. J'avais des visions d'autres mondes et je pouvais m'y échapper. Je suis née pour vivre dans le rêve. Je suis née avec l'ambition de prêter mon corps, mes mouvements, ma voix et le plus intime de mon être à des personnages de théâtre, à l'imaginaire, à l'idéal ; voilà mon vrai royaume, ma patrie.

Je suis née en Ukraine, à Kharkov, lieu que je ne connais pas. J'ai grandi à Saint-Pétersbourg, ville que je connais par toutes les fibres de mon corps. Je m'en souviens comme d'un lieu lointain. Je ferme les yeux et je suis à Saint-Pétersbourg. Magie du voyage dans le temps, de la traversée des frontières, bien que chaque voyage soit une traversée de la mort, un abîme.
J'ai été une exilée volontaire. Je ne suis pas partie pour fuir la révolution comme beaucoup d'autres ; je suis partie avant, de plein gré. Je suis partie pour vivre mon art. J'ai quitté Saint-Pétersbourg avec la ferme décision de ne jamais y revenir. J'ai rompu tous mes liens familiaux. C'était mon désir. Ma décision. Et maintenant, je me languis souvent de la ville. Je me languis, en vérité, d'un monde perdu, la ville de mes débuts. La fin approchant, je recherche les lieux de ma genèse. Comme pourvue d'ailes invisibles, je me tiens au bord du précipice, prête à l'envol.
Présence imperceptible, fantôme, je vagabonde dans la ville de mon passé. J'entoure ceux que j'ai connus jadis, sans qu'ils me voient. Ils ont disparu. Ils sont toujours là. Je me revois enfant. Je revois les couchers du soleil, parfois roses dans le ciel de Saint-Pétersbourg, un ciel rempli de fleurs, ou les crépuscules parfois cendrés, comme chapes de plomb lourdes de chagrins. Euphorie et peine immense, c'est effectivement le passé. C'est là où j'ai vécu. C'est ainsi que j'ai vécu, vécu un temps, il y a si longtemps. Et maintenant, je ferme les yeux et pénètre dans le passé, un autre monde que je visite à nouveau, lentement, et que j'hésite à explorer à tâtons. Je suis l'archéologue de mon âme. Oui, c'est ici que je vis. Tout m'est familier, indélébile.


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