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.. Le miracle

Couverture du livre Le miracle

Auteur : Ariel Kenig

Date de saisie : 08/03/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 9782879299792

GENCOD : 9782879299792

Sorti le : 02/02/2012

  • Le courrier des auteurs : 17/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je réponds souvent Ariel Kenig avant de donner mon âge, 28 ans, et le nom de la ville où j'habite, Paris. C'est ma position la plus certaine dans l'espace-temps.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
"Le Miracle" superpose trois miracles : le premier, prétexte du livre, qui aurait frappé le fils aîné du président de la République Nicolas Sarkozy sur une île au Brésil ; le deuxième fait référence à l'aventure technologique des quinze dernières années (on parle tous les jours de "miracle technologique") ; et le troisième, celui de l'écriture. "Le Miracle" m'a sorti d'une période où je n'écrivais plus. Mais le roman développe d'autres thèmes en filigrane, comme celui de la lutte des classes ou de l'amitié.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
La première : "Je n'ai pas toujours su qu'Internet existait." C'est une phrase très importante pour moi. Elle situe le narrateur dans le temps et l'espace, elle parle de la précarité de nos représentations du futur, de la surprise de l'Histoire, de la fracture qu'internet a déclenché dans nos vies et de l'amitié, aussi, car c'est la première phrase du livre ; c'est par elle que je m'adresse au lecteur, que j'entre en confidence. Cette phrase est une sorte de contrepoint aux requests Facebook. Elle induit l'idée que la littérature est plus forte que la machine.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Il est assez mal vu de citer Kanye West et Jay Z, mais je dirais probablement "No church in the wild" du dernier album "Watch the throne". J'aimerais beaucoup écrire un texte sur Kanye West ou cette chanson... J'aurais pu la mettre en exergue mais il n'y a pas encore de mp3 immédiatement disponible à l'écoute à l'intérieur des livres papier.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ce qu'ils veulent bien donner ! Nous partageons déjà l'époque, ce que je trouve formidable.


  • Les présentations des éditeurs : 17/02/2012

Estelle cherche à vendre une série de photos dont le sujet central n'est autre que le fils du président. Il aurait - d'après la presse - «miraculeusement» échappé à une coulée de boue meurtrière au Brésil.

Avec un esprit aussi insolent que percutant, Ariel Kenig transforme la tribulation du jeune internaute chargé de l'exploitation de ces clichés en une fable sur notre époque, tout occupée à se regarder dans ces nouveaux miroirs aux alouettes que sont les écrans d'ordinateurs et les smartphones.

Ariel Kenig est l'auteur de trois romans parus chez Denoël (Camping Atlantic, 2005, La Pause, 2006, et Quitter la France, 2007) et de New Wave (Flammarion, 2008). Il écrit aussi pour la jeunesse et le théâtre. Né en 1983, il vit et travaille à Paris.



  • La revue de presse Florence Bouchy - Le Monde du 8 mars 2012

Il y a, dans le projet de Sylvie Gracia, bien des affinités avec l'écriture d'Annie Ernaux - d'ailleurs mentionnée dans le livre - et avec le désir de celle-ci d'"écrire la vie". Sylvie Gracia dit le quotidien, cherche à saisir l'"ici et maintenant", "le grand fourre-tout de nos vies, quand des champs opaques l'un à l'autre s'entrecroisent et s'éclairent". Elle rassemble ces phototextes pour "sauver l'émotion, la révolte, la sensualité, le rire parfois". C'est toute la beauté, et la force, de cette écriture dépouillée et désirante.


  • Les courts extraits de livres : 17/02/2012

Je n'ai pas toujours su qu'internet existait. Fin des années 1990, le raccordement d'un modem à la ligne téléphonique de notre foyer créa l'espoir et la crainte de nouvelles modalités d'existence qui échappaient à nos imaginations. Nous ne savions qu'attendre de notre premier fournisseur d'accès AOL. Internet, que l'on écrivait encore avec une majuscule, était réputé prometteur. Nous en doutions.
Alors que moins d'un tiers de la population surfait sur le web, je dialoguais par écrit avec mes amis sur Caramail. L'usage d'internet bloquait nos lignes téléphoniques mais la généralisation du câble nous délivra de cet inconvénient majeur. Nos ordinateurs se perfectionnaient. Leur puissance et leur capacité de stockage augmentaient selon la célèbre loi de Moore. Déjà datée, l'expression «parc informatique» perdait de sa valeur métaphorique puisqu'un nouveau territoire se construisait. Internet était un espace où trouver sa place. Les réseaux sociaux allaient nous y aider.
En 2003, Myspace proposa à chaque utilisateur de modeler une page internet personnelle selon ses compétences technologiques et ses goûts, ce qui fut rapidement discriminant. La plateforme virtuelle exploitait de nombreuses potentialités du net (nous publiions par son intermédiaire messages, photos et musiques) mais il était à parier que le site ne survivrait pas. Personnaliser sa page requérait de sérieuses qualifications, classer ses contacts par hit-parade posait problème à l'amitié, penser sa propre image devenait encombrant. Facebook prit acte de ces inconvénients et inaugura sa version publique courant 2006. Alors que l'invention d'internet nous semblait déjà loin, ce réseau social simplifiait la gestion de nos «profils». Contrairement à Myspace, nous y apparaissions sous nos patronymes usuels. Facebook servait d'annuaire. Depuis Caramail, le nombre de mes interlocuteurs en ligne s'était multiplié par 10, 100, 1 000.
Chaque inscription au registre créait de facto une page internet extensible (dite «mur») comprenant également une photo, dite «photo de profil», que chacun choisissait et renouvelait à l'envi. Figurait sur cette page accessible au public (à moins d'en limiter volontairement l'accès) une suite chronologique de «posts», autrement dit de messages envoyés par nos contacts ayant eux-mêmes ouvert un compte. Un résumé d'activité de ces murs interactifs (ceux de nos contacts) s'affichait à chaque connexion. On découvrait ce qu'untel avait écrit sur le mur d'untel, ce qu'untel avait aimé ou non. Toute la production visuelle de l'humanité, depuis la préhistoire, resurgissait par flashes. Facebook était un labyrinthe aux milliards d'images, de textes, de vidéos et de liens ; parc en expansion à l'intérieur d'un parc en expansion.


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