Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Croyance, crédit, créance : autour de l'oeuvre de Jean-Michel Rey

Couverture du livre Croyance, crédit, créance : autour de l'oeuvre de Jean-Michel Rey

Auteur : Denis Bertrand | Bruno Clément | Christian Doumet

Date de saisie : 07/02/2012

Genre : Philosophie

Editeur : Hermann, Paris, France

Prix : 34.00 € / 223.03 F

ISBN : 9782705682316

GENCOD : 9782705682316

Sorti le : 25/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 07/02/2012

Penser, saisir un donné, fonder un discours sur les choses visibles et invisibles, c'est toujours accorder crédit à des invérifiables. C'est-à-dire s'en remettre peu ou prou à des puissances hors de contrôle, et espérer tirer profit à terme de cette confiance. Ces paris définissent le croire, et on reste étonné par le grand saut dans le vide qu'ils supposent. Il y a là une fascination du vertige que les théologiens ont souvent commentée et valorisée à propos de la foi, mais dont témoignent également maintes conduites propres à la sphère des échanges matériels.

Des pratiques religieuses à l'activité économique en passant par les usages de la langue, l'invention des formes sociales ou la constitution des oeuvres, partout surgit le paradoxe de la croyance. C'est pourquoi il importe de le reconnaître et de l'examiner en chacune de ses manifestations : les procédures et les enjeux chaque fois diffèrent.

Les essais contenus dans ce livre entendent apporter à ce travail leur contribution. Ils tiennent leur unité d'une sorte de fil conducteur : l'oeuvre de Jean-Michel Rey, penseur du crédit et de la croyance sous toutes leurs formes, à laquelle ils se réfèrent abondamment et que parfois ils commentent directement.


  • Les courts extraits de livres : 07/02/2012

Ce n'est que ça...

Jean-Michel Rey

S'il fallait une déclaration liminaire - puisque je m'apprête à travailler sur quelques phrases brèves - je dirais que, dans ce qui m'intéresse et pour ce qui me regarde, je crois à la nécessité de l'échec, de l'embarras, du revers, du ratage -et «autres foirades», pour parler comme Samuel Beckett. Parmi les nombreuses choses qu'on ne peut pas strictement vouloir, il y a, bien entendu, le ratage et ses différents avatars. Mais on peut travailler de telle sorte qu'il puisse avoir lieu, qu'on soit à même de l'accueillir comme quelque chose - j'emploie à dessein un terme aussi vague - qui a sa place dans l'économie générale d'une écriture, dans ce qu'on pense être sa continuité. Ce que je peux éventuellement vouloir dans ce que je fais, c'est accuser les divers embarras que je rencontre : non pas les mettre en cause, ce qui serait la manière la plus radicale de n'en rien savoir, mais, plutôt, les accentuer, en dessiner plus fortement les contours, en montrer la puissance particulière, m'y attarder le plus longtemps possible. La tâche est évidemment interminable, quand les embarras concernent des objets de dilection. On parlera aussi de malaise dans la pensée, d'autant plus que ce qui s'impose à la réflexion n'obéit pas toujours - loin s'en faut - à un principe de dilection.
J'en viens par là à mon titre, qui est ma première phrase : «ce n'est que ça...». Une phrase élémentaire qui pour moi résume le sentiment que j'ai à chaque fois que je termine un livre. Une phrase qui indique l'embarras majeur dans lequel je me trouve, en face du livre terminé, c'est-à-dire quand je suis confronté, tout à la fois, au caractère interminable de la démarche du livre en question et à la fin plus ou moins arbitrairement posée à celle-ci. Il y a là une sorte de contradiction dans les termes qui serait au coeur même de l'écriture, à son principe; une contradiction qui a l'allure d'une espèce de déconvenue. Il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une frustration ou de quoi que ce soit de ce genre qui relèverait d'un simple affect d'auteur. J'ai le sentiment qu'autre chose est ici en jeu : une forme de ratage que je ne suis pas le seul à rencontrer dans de telles circonstances et qui est, selon toute vraisemblance, le lot de bien d'autres. Le Je qui parle ici peut se prêter à une certaine généralité ; je le suppose du moins du seul fait que je tiens à l'écriture. Pour préciser mon propos qui est aussi un éloge du ratage, je dirais ceci : ce à quoi j'ai affaire, en mettant la dernière main à un livre, ne correspond pas à ce que je croyais en le commençant. Il y a, en effet, des croyances qui se transforment entre ces deux moments, certaines qui disparaissent, d'autres qui subissent une sorte de mutation ou de bouleversement.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia