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Auteur : Alexandre Pouchkine
Traducteur : André Markowicz
Date de saisie : 07/02/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Babel, n° 965
Prix : 5.50 € / 36.08 F
ISBN : 9782742783861
GENCOD : 9782742783861
Sorti le : 08/02/2012
En 1833, Alexandre Pouchkine, poète déjà célèbre entre tous en Russie, se souvient de l'histoire d'une vieille comtesse, Natalia Pétrovna Golitsyna, qui passait pour détenir le secret de toujours gagner aux cartes. Ce secret, elle avait même refusé de le partager avec son petit-fils. Pouchkine, joueur lui-même, donne avec la sobriété, la force et l'élégance d'un de ses poèmes, la nouvelle fantastique la plus célèbre de la littérature russe.
André Markowicz, qui s'applique depuis des années à faire connaître la richesse de la littérature classique russe, traduit désormais pour la collection Babel l'oeuvre de Pouchkine, auquel il a récemment consacré un ouvrage paru chez Actes Sud : Le Soleil d'Alexandre. Le cercle de Pouchkine (1802-1841).
Né à Moscou en 1799, tué en duel en 1837 à Saint-Pétersbourg, Alexandre Pouchkine n'est pas seulement le plus grand poète russe, il est à l'origine de la langue russe moderne ; il a lancé tous les débats qui, à travers le XIXe siècle et jusqu'à aujourd'hui, ont fondé la vie intellectuelle de la Russie.
Quand l'orage grondait,
Eux, ils se retrouvaient
Pile.
Ils cornaient - cré bon sang ! -
A cinquante et à cent
Mille.
Et la craie à la main,
Ils notaient pertes, gains,
Dettes.
Quand l'orage grondait
C'est ainsi qu'ils tenaient Tête. (1)
1. Ce premier exergue est une chanson composée par Pouchkine lui-même, en 1828, sur le modèle des chansons révolutionnaires écrites par Alexandre Bestoujev et Konstantin Ryléïev, qui allaient diriger l'insurrection ratée de décembre 1825. Dans le vocabulaire romantique, "l'orage" désigne évidemment la révolution. - Rappelons que toute allusion à Ryléïev était strictement interdite par la censure.
Cette chanson fut écrite à la craie pendant une partie de pharaon chez le prince Golitsyne. Un ami intime de Pouchkine, Pavel Nachtchokine, racontait à propos de La Dame de pique : "La vieille comtesse, c'est Natalia Pétrovna Golitsyna, la mère du gouverneur de Moscou, qui avait vraiment vécu à Paris comme Pouchkine le raconte. Son petit-fils, Golitsyne, raconta à Pouchkine qu'un jour il avait perdu et s'était rendu chez sa grand-mère pour lui demander de l'argent. L'argent, elle n'en avait pas donné un kopeck, mais elle lui avait donné trois cartes qui lui avaient été fixées à Paris par le comte de Saint-Germain. «Essaie», avait dit la grand-mère. Le petit-fils avait misé et s'était refait..." (Toutes les notes sont du traducteur.)
On jouait aux cartes chez le chevalier-garde Naroumov. La longue nuit d'hiver passa sans qu'on s'en rendît compte ; le souper fut servi sur les cinq heures du matin. Ceux qui avaient gagné mangeaient de grand appétit ; les autres, distraits, restaient devant leurs assiettes vides. Mais le Champagne parut, la conversation s'anima et tous y prirent part.
- Comment ça s'est passé pour toi, Sourine ? demanda le maître de maison.
- J'ai perdu, comme d'habitude. Il faut avouer que je n'ai pas de chance ; je joue mirandole, je ne m'échauffe jamais, rien ne peut me désarçonner, et je n'arrête pas de perdre !
- Tu ne t'es jamais laissé tenter ? tu n'as jamais misé sur routé ?... Tu es d'une fermeté qui me dépasse.
- Mais regardez Hermann ! dit l'un des invités, désignant un jeune officier du génie, - jamais il n'a (...)
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