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Accapareur d'merd' d'abeilles (profiteur), Avaleur de charrettes ferrées (vantard), Cocotte en sucre (homme efféminé)... Qu'ils soient outranciers, obscènes, crus ou indélicats, les jurons ont toujours existé. Le XVIIIe siècle, aussi connu sous le noble nom de siècle des «Lumières», ne fait d'ailleurs pas exception et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les insultes n'en étaient pas moins débridées et colorées.
De A comme Abougri (vieux trognon) à Z comme Marie tâte-Zinc (efféminé de bistrot), découvrez plus de mille insultes d'autrefois dans ce croustillant recueil de noms d'oiseaux. Organisé à la manière d'un abécédaire, il vous dispensera citations d'époque et éventuellement anecdotes. Les encadrés répartis ça et là au fil des pages de ce truculent dictionnaire vous mèneront quant à eux dans les coulisses d'antan pour votre plus grand plaisir...
Bon voyage dans le temps et, surtout, ne réfrénez plus vos envies d'injures : innovez avec ces gros mots vintage qui, à coup sûr, feront mouche !
Après une carrière en communication, Catherine Guennec, littéraire de formation, se consacre à l'écriture. Elle a notamment publié La Modiste de la reine, Le roman de Rose Bertin en 2004 et Le roman de Sophie Arnould en 2010, tous les deux chez Lattes.
Les courts extraits de livres : 07/02/2012
A
Abbougri
Mal fichu, vieux trognon, loque humaine, vilain grotesque.
Ce mot se dit en plaisantant, précise Le Roux (Dict. comique, satyrique, critique burlesque..., 1718). Et «on s'en sert aussi en la place de mélancolique et de mauvaise humeur».
«... Mais quels jolis mots ! Où les avez-vous achetés ? Où les trouve-t-on ? D'où sortent-ils ? Et les gens sont désarçonnés quand on leur apprend que ce sont de vieux mots, ramassés par terre où ils traînaient, dans la poussière de la patrie. Ah ! que je regrette abbougri qui se disait, en plaisantant, d'une personne que le froid, le chaud, les maladies ou l'âge avaient rendue laide, raccourcie ou ridée...» Les Annales politiques et littéraires (périodique), n° 1509, 1912.
Accapareur de merde d'abeilles
Profiteur, cloporte, pigeonneur.
La merde d'abeilles, c'est tout simplement du miel. Ce qu'il y a de mieux. «L'accapareur d'merd' d'abeilles» n'est donc qu'un gros égoïste qui entend garder le meilleur rien que pour lui !
«Va donc, commis de comptoir ruiné
Marchand d'sucre débiné
Accapareur d'merd'd'abeilles
Garçon de boutique aux doigts crochus
Qu'aime mieux les louis que les écus.»
Anonyme, Riche-en-gueule ou Le nouveau Vadé, 1821.