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_ Nuit

Couverture du livre Nuit

Auteur : Edgar Hilsenrath

Traducteur : Jörg Stickan | Sacha Zilberfarb

Date de saisie : 03/04/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Attila, Le Rayol-Canadel, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-917084-42-7

GENCOD : 9782917084427

Sorti le : 19/01/2012

Après le désormais culte "Fuck America" et le grotesque "Le nazi et le barbier", la publication de son premier roman "Nuit" déconcertera certainement les aficionados d'Hilsenrath. Il dresse une magnifique fresque réaliste de la survie dans un ghetto ukrainien durant la seconde guerre mondiale.

Petit extrait :
"- Nous envions les morts... et pourtant, quand sonne l'heure, personne ne veut mourir. Pourquoi tenons-nous tant à la vie ?
- Parce que nous n'avons pas perdu tout espoir."
Sans foi, ni loi l'homme effectue un retour à l'état sauvage et nous lecteurs, un voyage dans l'effroi.


Que vous ayez lu ou non, aimé ou non Le Nazi et le Barbier ou Fuck America la lecture de Nuit s'impose comme une nécessité. Car ce roman, né de l'expérience personnelle d'Hilsenrath du ghetto, est la clé de voûte de son oeuvre, la pièce maîtresse qui éclaire l'ensemble et lui donne tout son sens.
Ranek, le personnage central, en luttant pour sa survie, éprouve les limites de l'humanité. Il découvre que l'on peut rester un homme même en ayant basculé de l'autre côté, au-delà de toute dignité.
Le plus fascinant dans ce roman c'est qu'il parvient, avec une sobriété admirable et sans jamais se laisser tenter par la complaisance, de nous introduire dans un monde qui n'est plus le nôtre, bien qu'il demeure encore ressemblant. Est-on dès lors sur une autre planète ? Question lancinante que pose entre les lignes le récit, comme pour tenir à distance l'horreur. Nuit n'épargne pas son lecteur, il l'éprouve et l'oblige à un effort de conscience et de regard qui le grandit tout simplement.


  • Les présentations des éditeurs : 17/02/2012

Resté occulté en Allemagne près de 20 ans, Nuit est aujourd'hui considéré comme le chef d'oeuvre d'Edgar Hilsenrath.

C'est la nuit permanente sur le ghetto de Prokov. Au fil des jours, dans un décor apocalyptique, Ranek lutte pour sa survie. Réduits à des ombres, comme s'ils n'avaient plus ni âme ni corps, les personnages baignent dans le brouillard. Pourtant surnagent encore des éléments de vie : les scènes d'amour hâtives, de solidarité ou de naissances au milieu du ghetto montrent que, même à la frontière de l'humanité, l'humanité demeure.

Les scènes de la vie quotidienne, décrites comme à travers une loupe, sont tellement précises qu'elles confinent à l'absurde. Cauchemars et fantasmes naissent d'un regard microscopique sur les choses, traduit dans un style mécanique, concis, halluciné, presque cinématographique.
Hilsenrath s'est inspiré pour Nuit de sa propre histoire, et du ghetto ukrainien où il a passé quatre ans entre 1941 et 1945. C'est d'ailleurs la genèse de ce livre, qu'il a réécrit vingt fois entre 1947 et 1958, qui est racontée dans Fuck America. Aujourd'hui, Nacht s'est vendu à plus de
500 000 exemplaires dans le monde et est considéré comme le chef d'oeuvre de son auteur.

Né en Allemagne en 1926, Edgar Hilsenrath a survécu au ghetto durant la guerre, avant de partir pour Israël, puis pour New York (dur le même bateau que Rita Hayworth). Toute son oeuvre s'inspire de cette expérience, mais sur un mode burlesque, quasi rabelaisien.
Longtemps refusé par les éditeurs allemands, qui craignent les réactions à son approche, très crue, de la Shoah, il est d'abord publié aux États-Unis, où ses livres sont des best-sellers. Il écrit la nuit, dans des cafétérias juives sordides, et vit le jour de petits boulots. Ce n'est qu'à son retour en Allemagne, en 1975, qu'un éditeur relève le gant.
Le Nazi et le Barbier est publié chez helmut Braun en 1979, et un article du Spiegel le rend célèbre du jour au lendemain. Il connaît une gloire brutale, consacrée par une multitude de prix.
Premier livre d'Hilsenrath traduit en français depuis le Conte de la pensée dernière (Albin Michel), Fuck America est en grande partie autobiographique : derrière la satire du rêve américain pointe le portrait de l'artiste en exilé et des déracinés, qui se raccrochent comme ils peuvent à leur langue et à leur mémoire.



  • La revue de presse Sophie Pujas - Le Point du 29 mars 2012

Juif allemand né en 1926, survivant d'un ghetto roumain, il n'a eu de cesse de traduire l'insoutenable. Mais toujours au filtre d'un regard iconoclaste et frondeur. Chez lui, l'humour est une arme de survie. "Je vois toute l'Histoire sous l'angle du grotesque", explique-t-il. Nuit, son premier roman, achevé en 1958 après plus de dix ans de travail et traduit pour la première fois en français, est une plongée dans le ghetto, ses bassesses et sa folie tragi-comique. Ce livre très noir l'a sauvé de ses propres ténèbres. "En écrivant, je suis sorti de la dépression", raconte-t-il. Il y dépeint une humanité en déroute, sauvagement égoïste dans l'enfer.


  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 16 février 2012

C'est au ghetto de Prokov (Mogilev-Podolsk dans la réalité de Hilsenrath), en Ukraine, une ville occupée par les Roumains après la signature du pacte germano-soviétique et transformée en camp. Les Juifs qui risquent leur pas dans les rues se font rafler. Chacun cherche un abri. Le typhus décime la population. Le héros, Ranek, jeune déporté, «arrivé dès octobre 41», a connu les débuts de cet enfer. «A l'époque [...], les luttes les plus acharnées avaient lieu pour un quignon de pain. C'est plus tard, avec ces convois humains arrivant sans cesse de Roumanie, qu'il avait fallu se battre pour dégoter une place où dormir.» Il y a donc ce dortoir, qui est la nuit, immense, infinie et close, monde où les places s'échangent avec les morts, où l'on pousse les malades dehors pour tenter d'obtenir leur couche. Le jour n'existe pas, ou se présente fermé, comme le bordel du coin que les soldats engraissent pour leur plaisir. Hilsenrath, né à Leipzig en 1926, a vécu ce qu'il raconte. Survivant, exilé à New York (périple dont il tirera le violent et hilarant Fuck America en 1980), il met douze ans à écrire ce premier roman qu'est Nacht...
Nuit fait partie de ces textes qui fouillent l'âme humaine sans manichéisme, à l'instar, et sur l'autre versant, de Hans Fallada qui, avec Seul dans Berlin (1946), avait raconté un immeuble (et des coeurs) où cohabitent nazisme et pitié.


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