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Auteur : Anne Prouteau | Agnès Spiquel
Date de saisie : 08/02/2012
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, France
Collection : Littératures
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782757403648
GENCOD : 9782757403648
Sorti le : 15/02/2012
Albert Camus a vingt-deux ans quand il commence à écrire régulièrement dans ses «Cahiers» ; il ne cessera pas jusqu'à sa mort. Il en préparait alors la publication ; elle sera posthume, sous le titre de Carnets. Ces textes, aussi inclassables que divers (laboratoire de l'oeuvre, «choses vues», notes de lectures, impressions de voyages, réflexions philosophiques et, de plus en plus vers la fin de sa vie, notations intimes) sont souvent cités ; ils n'avaient jamais été étudiés en tant que tels. Ils le sont ici, par des chercheurs d'horizons divers, qui interrogent les modalités et les enjeux de cette écriture très spécifique.
Les Carnets prennent ainsi toute leur place dans l'oeuvre camusienne, dont ils mettent au jour les ressorts secrets. Au coeur de cette écriture fragmentaire, l'exigence artistique de Camus est aussi manifeste qu'ailleurs ; et c'est à ses Carnets qu'en 1937 - il a alors vingt-quatre ans - il confie sa certitude, qui ne se démentira pas : «Écrire, ma joie profonde !».
Lire les Carnets se révèle indispensable pour qui veut vraiment connaître Camus...
Les contributeurs :
Guy BASSET, Orléans et Paris - Marie-Thérèse BLONDEAU, Paris - Serguei FOKINE, Saint-Pétersbourg - Raymond GAY-CROSIER, Gainesville (États-Unis) - Sophie HÉBERT, Grenoble - Alexis LAGER, Lyon - Danièle LECLAIR, Paris - Hans-Peter LUND, Copenhague - Mamadou Abdoulaye LY, Limerick (Irlande) - Pierre MASSON, Nantes - André-Alain MORELLO, Toulon - Anne PROUTEAU, Angers - Linda RASOAMANANA, Nantes - Pierre-Louis REY, Paris - Brigitte SÄNDIG, Potsdam (Allemagne) - Agnès SPIQUEL, Valenciennes - Paul VIALLANEIX, Clermont-Ferrand - Maurice WEYEMBERGH, Bruxelles
Les Carnets, une conscience en action
Raymond GAY-CROSIER
à la mémoire de Jacqueline Lévi-Valensi
Les Carnets : petite histoire de leurs éditions
Rappelons d'abord quelques faits historiques concernant les éditions successives des Carnets. Et d'abord le fait que les Carnets I, II et III, largement connus du public depuis plus d'une génération, doivent leur titre non pas à leur auteur mais aux éditeurs. Au moment de leur publication posthume dans la Collection Blanche, en 1962, 1964 et 1989 respectivement, la future série des Cahiers Albert Camus était alors déjà en chantier. Huit numéros devaient y voir le jour dont le premier, à paraître en 1971, devait présenter La Mort heureuse et le dernier, en 2002, allait être Camus à Combat. Or au début des années 60, pour ne pas faire double emploi avec cette série en préparation, les éditions Gallimard décidèrent, de concert avec Francine Camus, de publier les Cahiers de son époux sous le titre Carnets. Pour sa part, Albert Camus avait, dès leur début, consigné ses notes intermittentes dans des cahiers d'écolier aux pages quadrillées. Pendant plus de trente-quatre ans, c'est-à-dire entre mars 1935 et décembre 1959, il remplit à des intervalles fort irréguliers neuf cahiers et garda, en utilisant la capitale, la désignation fonctionnelle comme titre. Dès la première frappe qu'il en fit établir, la seule à porter une date (15 septembre 1937), il est clair que Camus avait l'intention de publier un jour ses Cahiers numérotés de I à IX. Précisons cependant que, selon Francine Camus, cette numérotation «a été ajoutée par la documentaliste pour la commodité et le contrôle» et retenue par la suite. Il est malheureusement impossible de dater les dactylogrammes des Cahiers II à IX, mais, entrepris en 1952-1953, ils sont nettement postérieurs à celui du Cahier I.
Quelques précisions éditoriales supplémentaires s'imposent. L'organisation des premiers Carnets en trois volumes obéissait à des critères pratiques et commerciaux. D'une part, il fallait une distribution quantitative à peu près égale pour chaque volume ce qui explique leur division chronologique quelque peu arbitraire : mai 1935 à février 1942 pour les Carnets I ; reprise, en fait retour en arrière, allant de janvier 1942 à mars 1951 pour les Carnets II ; enfin, les Carnets III couvrent la période de mars 1951 à décembre 1959. En entreprenant la publication, les premiers éditeurs se virent amenés à procéder à plusieurs coupures dans le texte. Certaines sont dues au droit à la discrétion exercé par la famille et appliqué surtout à des noms de personnes encore vivantes à l'époque ou faisant partie du cercle intime de l'auteur ; d'autres portent sur des notes jugées trop personnelles. La coupure la plus massive dans cette première édition des Carnets concerne les journaux que Camus a tenus lors de ses deux grands voyages en Amérique du Nord, en 1946, et en Amérique du Sud, en 1949. Ces notes et commentaires concernant deux périples séparés de trois ans furent extraits des Cahiers auxquels ils appartiennent et publiés en un seul volume, en 1978, dans la Collection Blanche sous le titre Journaux de voyage.
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