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.. Un roman américain

Couverture du livre Un roman américain

Auteur : Stephen L. Carter

Traducteur : Marianne G. Hovnanian

Date de saisie : 17/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 22.50 € / 147.59 F

ISBN : 978-2-221-11274-8

GENCOD : 9782221112748

Sorti le : 19/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 17/02/2012

De la campagne de JFK à la chute de Nixon, une formidable fresque signée Stephen Carter.

Été 1952, Martha's Vineyard. Vingt hommes se réunissent dans le plus grand secret. Politiciens, avocats, hommes d'affaires, universitaires, ils sont l'élite de l'Amérique. Ce soir-là, ils signent un pacte diabolique destiné à manipuler le président des États-Unis pour les décennies à venir. Deux ans plus tard, au coeur d'un quartier huppé de Harlem, le jeune écrivain noir Eddie Wesley tombe sur un cadavre. Le mort tient entre ses mains une étrange croix inversée.
Qui a tué ce riche avocat blanc ? Que signifie cette croix ? Alors que la curiosité d'Eddie commence à déranger, sa soeur Junie, promise à un brillant avenir à la Cour suprême, s'évanouit brusquement dans la nature. Quel est le lien entre cette disparition, le meurtre de l'avocat et le complot visant à contrôler le Bureau ovale ?
Eddie et Aurélia, la femme qu'il aime, mettront plus de vingt ans à reconstituer la vérité.
Une quête aussi complexe que fascinante où se mêlent thriller politique et saga familiale dans un portrait saisissant de l'Amérique des sixties.

«Ce Roman américain dynamite les idées reçues.»
The Washington Post

«Un page-turner irrésistible.»
The Plain Dealer

«Imaginez un Tom Wolfe qui décrirait au scalpel la société noire américaine, avec le sens de l'intrigue de John Grisham, le sens de la famille de Jonathan Franzen et on ose même ajouter la finesse de l'immense Philip Roth.»
Elle

Stephen Caner est professeur de droit à la célèbre université de Yale depuis 1982. Juriste reconnu, auteur également d'essais sociopolitiques, il partage son temps entre l'enseignement et l'écriture. Après Échec et mat (Robert Laffont. 2003), et La Dame noire (Robert Laffont, 2009), Un roman américain est sa troisième oeuvre de fiction.



  • La revue de presse Philippe Boulet-Gercourt - Le Nouvel Observateur du 2 février 2012

Eddie le jeune écrivain prodige, qui se retrouve embringué dans un sombre complot impliquant politiciens véreux, avocats, hommes d'affaires, universitaires blancs et noirs ayant signé un pacte pour faire élire un président des Etats-Unis maléfique. Autant dire qu'Eddie ne s'ennuie pas. Nous non plus. Harlem encore moins. Le Harlem de la grande bourgeoisie noire, qui s'est éteint dans les années 1960 mais que Stephen Carter ressuscite avec ses réceptions somptueuses, ses demeures magnifiques, ses personnages mythiques. Un monde «étrange, merveilleux et terrifiant», dont Carter restitue à merveille la séduction et la claustrophobie.


  • La revue de presse Philippe Coste - L'Express, février 2012

Stephen Carter, adulé comme le "Tom Wolfe noir", tisse sa subtile intrigue dans l'histoire vraie des chaotiques années 1960, marquées par l'assassinat des Kennedy, la lutte pour les droits civiques, l'irruption des groupes radicaux clandestins, le Vietnam et les prémices du Watergate. Et son épopée, jalonnée de meurtres réels ou fictifs, règle, une fois de plus, leur compte aux clichés raciaux et misérabilistes. Car Eddie Wesley, son héros, fils d'un influent pasteur de New York, n'a rien d'un opprimé. Promu au fil du roman scribe des discours de JFK, puis confident d'un Nixon plus vrai que nature, il présente un parcours semblable à celui de son créateur. Stephen Carter, premier Noir titulaire d'une chaire de droit à la prestigieuse université Yale et conseiller occasionnel de Bill Clinton, avait déjà bâti sa notoriété sur ses chroniques juridiques et sociopolitiques avant de publier, en 2002, son premier ouvrage de fiction, Echec et mat, vendu à un demi-million d'exemplaires dans son pays et resté durant trois mois à la première place de la liste des best-sellers du New York Times.


  • Les courts extraits de livres : 17/02/2012

Arrivée en ville

I

Si Eddie Wesley avait été un homme moins dévoué, il n'aurait jamais trébuché sur le cadavre, ni suivi la trace de Junie jusque dans le Tennessee, ni pris les démons au collet et contribué à renverser un président. Mais Eddie était béni - ou peut-être maudit -, car il faisait preuve d'un dévouement qui confinait à l'imprudence. De toute sa vie il n'aimerait que deux femmes. Il les aimerait toutes les deux avec une telle intrépidité qu'il en deviendrait difficilement fréquentable, et c'est ainsi que, le moment venu, il parviendrait à sauver le pays qu'il avait fini par haïr.
Un homme plus circonspect aurait sans doute échoué.
Aurélia, pour sa part, avait ses propres priorités, très conventionnelles, très américaines et, par là même, très différentes de celles d'Eddie. Une fois que leurs routes se furent séparées, il n'y avait aucune raison de croire que ces deux-là joindraient leurs forces, même après les événements de ce triste dimanche des Rameaux ou après ce qui se passerait à Hong Kong, et pourtant ils feraient équipe, plus par nécessité que par choix, et ils continueraient de se battre seuls quand tous les autres auraient renoncé ou trouvé la mort.
Du moins presque tous.

II

Edward Trotter Wesley Junior débarqua à Harlem en mai 1954, quelques jours après que la Cour suprême eut déclaré illégale la ségrégation dans les écoles publiques, décision historique qui, Eddie en était sûr, cachait quelque chose. Il avait en poche un diplôme de premier cycle d'Amherst, quelques cours de maîtrise à Brown, une poignée de relations du côté de sa mère et une proposition d'emploi à VAmsterdam News - journal qu'il quitta dégoûté au bout de trois mois. Il n'avait pas mesuré au départ, écrivit-il dans une lettre à sa soeur bien aimée, à quel point c'était un job insignifiant. Junie, d'humeur facétieuse, fit suivre la lettre à leur père, un pasteur et pamphlétaire de Boston, qui désapprouvait fortement toute l'aventure. En réalité, le pasteur se trouvait à ce moment-là à Montgomery, en Alabama, où il participait à l'organisation d'un boycott des commerçants locaux qui refusaient d'appeler leurs clients noirs «monsieur» ou «madame». Wesley Senior, comme il aimait à se présenter, était un cousin éloigné de William Monroe Trotter, le journaliste noir qui avait été arrêté pour avoir interrompu un discours de Booker T. Washington en lui jetant du poivre ; il avait hérité du tempérament fougueux de cette partie de la famille. Dès son retour à Boston, il s'empressa d'adresser à Junie un chapelet de citations du Nouveau Testament sur le sens de l'effort en lui enjoignant d'en faire profiter son frère. Eddie les lut toutes. Le verset 3 :10 de la seconde épître de Paul aux Thessaloniciens le mit dans une rage telle qu'il n'écrivit pas à ses parents de tout un mois, car Eddie avait lui aussi un sacré tempérament. Quand, à force de petits boulots, il eut rassemblé assez d'argent pour s'offrir une ligne de téléphone, il refusa de leur communiquer le numéro. Pour Wesley Senior, Eddie était paresseux. Mais Eddie, qui voyait les choses autrement, savait qu'il était concentré sur un objectif précis. Il n'avait pas l'intention de tenir la rubrique des chiens écrasés ni de commenter les discours des grandes figures du mouvement naissant pour les droits civiques. Non. Il voulait écrire des nouvelles et des romans, et il avait décidé, comme de nombreux écrivains avant lui, qu'un travail alimentaire ferait fuir sa muse. C'est ainsi que, pour le moment, il vivait d'expédients.


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