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Auteur : Michel Bussi
Date de saisie : 20/02/2012
Genre : Policiers
Editeur : Presses de la Cité, Paris, France
Collection : Romans Terres de France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-258-09278-5
GENCOD : 9782258092785
Sorti le : 19/01/2012
Après l'excellent "Nymphéas noirs", Michel Bussi revient avec une nouvelle énigme...
23 décembre 1980, l'Istanbul-Paris s'écrase dans le Jura sur le mont Terrible. Tous les passagers meurent dans la tragédie à l'exception d'une petite fille de 3 mois. Or, dans l'avion, il y avait deux bébés de cet âge : Lyse-Rose et Emilie. Leurs deux familles, l'une riche, l'autre pauvre vont s'affronter pour savoir qui elle est mais sans preuve, ni certitude, ce sera à la justice de trancher...
18 ans plus tard, Crédule Grand-Duc, un détective privé qui n'a cessé d'enquêter sur l'identité de la jeune fille semble sur le point d'aboutir, mais il est retrouvé mort...
Une nouvelle fois, Michel Bussi réussit à conserver le suspense tout au long du livre. Grâce à son écriture et à sa construction, il parvient à nous entraîner sur de fausses pistes jusqu'au dénouement final. En bref, un bon roman, une énigme très réussie, un livre qu'on n'arrive à reposer qu'une fois terminé.
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un géographe auteur de roman policiers. J'essaye d'oublier que je suis géographe lorsque j'invente mon histoire, pour me concentrer sur l'intrigue et les personnages... Puis je le redeviens quand je l'écris. Les lieux ne sont que des clous auxquels j'accroche mon histoire, mais il me faut des clous solides !
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La quête d'identité ! A la fois celle de mon héroïne, Libellule... Mais également celle de tous ceux qu'elle croise et qui projettent sur elle amour, désir, jalousie, vengeance... C'est aussi une fable sociale, et bien entendu une enquête policière très très tordue...
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Vous savez tout, désormais. J'ai recensé dans ce cahier tous les indices, toutes les pistes, toutes les hypothèses. Dix-huit ans d'enquête. Si vous les avez lues avec attention, vous en savez maintenant autant que moi. Peut-être serez-vous plus perspicace ? Peut-être suivrez-vous une direction que j'ai négligée ? Peut-être trouverez-vous la clé, s'il en existe une ? Peut-être. Pour moi, c'est terminé»...
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
«Comme un avion sans ailes» bien entendu ! La chanson de Charlélie Couture est la B.O de mon roman. «Oh Libellule, t'as les ailes fragiles... Moi j'ai la carlingue froissée...». Quelques accords de piano et c'est, comme dans mon roman, toute la nostalgie des années 80 qui affleure...
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une surprise de scénario qui fait naitre l'émotion... Pas juste un «twist», une vraie manipulation qui explose à la figure du lecteur et qui le force à laisser tomber le livre et à réfléchir, à penser et repenser, à avoir autant envie de lire encore plus vite les prochaines pages que de relire les précédentes... Un peu comme la vie, entre nostalgie et désir d'avenir...
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapé d'un crash d'avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule.
Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu'à ce que les masques tombent.
Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ?
Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?
Michel Bussi, professeur à l'université de Rouen, a notamment publié aux Presses de la Cité Nymphéas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar méditerranéen, Prix Polar Michel Lebrun de la 25e Heure du Livre du Mans, Prix des lecteurs du Festival Polar de Cognac, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Goutte de Sang d'encre de Vienne).
23 décembre 1980, 00 h 33
L'Airbus 5403 Istanbul-Paris décrocha. Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser à nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement, avec la sensation terrifiante de s'être assoupis sur le fauteuil d'un manège de foire.
Ce furent les hurlements qui brisèrent net le fragile sommeil d'Izel, pas les soubresauts de l'avion. Les bourrasques, les trous d'air, elle en avait l'habitude, depuis presque trois ans qu'elle enchaînait les tours du monde pour Turkish Airlines. C'était son heure de pause. Elle dormait depuis moins de vingt minutes. Elle avait à peine ouvert les yeux que sa collègue de garde, Meliha, une vieille, penchait déjà vers elle son décolleté boudiné.
- Izel ? Izel ? Fonce ! C'est chaud. C'est la tempête, dehors, il paraît. Zéro visibilité, d'après le commandant. Tu prends ton allée ?
Izel afficha l'air lassé de l'hôtesse expérimentée qui ne panique pas pour si peu. Elle se leva de son siège, réajusta son tailleur, tira un peu sur sa jupe, admira un instant le reflet de son joli corps de poupée turque dans l'écran éteint devant elle et avança vers l'allée de droite.
Les passagers réveillés ne hurlaient plus, mais ouvraient des yeux plus étonnés qu'inquiets. L'avion continuait de tanguer. Izel entreprit de se pencher avec calme sur chacun d'entre eux.
- Tout va bien. Aucun souci. On traverse simplement une tempête de neige au-dessus du Jura. On sera à Paris dans moins d'une heure.
Le sourire d'Izel n'était pas forcé. Son esprit vagabondait déjà vers Paris. Elle devait y rester trois jours, jusqu'à Noël. Elle était excitée comme une gamine à l'idée de jouer les Stambouliotes libérées dans la capitale française.
Ses attentions rassurantes se posèrent successivement sur un garçon de dix ans qui s'accrochait à la main de sa grand-mère, sur un jeune cadre à la chemise froissée qu'elle aurait volontiers recroisé le lendemain sur les Champs-Élysées, sur une femme turque dont le voile, sans doute mal ajusté à cause du réveil brutal, lui barrait la moitié des yeux, sur un vieil homme recroquevillé sur lui-même, les mains coincées entre ses genoux, qui lui jetait un regard implorant...
- Tout va bien. Je vous assure.
Izel progressait calmement dans l'allée quand l'Airbus pencha à nouveau sur le côté. Quelques cris fusèrent. Un jeune type assis sur la droite d'Izel, qui tenait à deux mains un baladeur-cassette, cria d'un air faussement enjoué :
- C'est pour quand, le looping ?
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