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.. Les non-dits du travail social : pratiques, polémiques, éthique

Couverture du livre Les non-dits du travail social : pratiques, polémiques, éthique

Auteur : Xavier Bouchereau

Date de saisie : 09/02/2012

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Erès, Toulouse, France

Collection : Trames

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 9782749215570

GENCOD : 9782749215570

Sorti le : 16/02/2012

  • Les présentations des éditeurs : 09/02/2012

«Écrire pour décrire tout d'abord, puis écrire pour comprendre. Comprendre les gens, leurs difficultés bien sûr, comprendre les logiques implicites de nos pratiques surtout. Comprendre notre métier, nos engagements, nos certitudes, nos doutes, nos loupés. Comprendre nos paradoxes, nos violences, nos zones d'ombre, nos angles morts, tout ce réel qui guide l'action sociale et qui est si souvent passé sous silence au nom de la profession et de sa cohésion. Je suis éducateur spécialisé de formation, professionnel de l'enfance par déformation, je revendique une connaissance empirique de mon travail, un savoir qui se cherche dans les circonvolutions de la relation à l'autre, dans les anfractuosités du social, de ses réussites et de ses ratés. Je ne prétends ni construire, ni défendre un système de pensée, simplement penser le système dans lequel nous nous débattons.» X. B.

Ainsi c'est à une plongée subversive au coeur du travail social, de ses pratiques et de ses enjeux que nous invite Xavier Bouchereau à travers un dialogue imaginaire entre deux professionnels de l'action sociale. Si elle s'adosse à des théories éprouvées (philosophie, sociologie, psychanalyse), la réflexion ne se présente pas comme un savoir extérieur et distant sur le métier. Elle se fonde plutôt sur une expérience de terrain dont elle révèle les contradictions. Au fil des échanges, les lignes de force d'une éthique professionnelle se dessinent avec en point de fuite le rapport à l'autre, celui qu'on nomme généralement l'usager.

Éducateur spécialisé en AEMO pendant près de dix ans, Xavier Bouchereau est actuellement chef d'un service éducatif.


  • Les courts extraits de livres : 09/02/2012

Question 1

Devenir travailleur social,
hasard ou (pro)vocation ?

«Lorsqu'on te parlera de ton dévouement,
j'espère que tu seras bien étonné.
Ou alors, change de métier.»

F. Deligny

IMPARFAIT DE L'ÉDUCATIF

ELLE - Pourquoi ce choix ? Quand on s'intéresse à notre profession, c'est généralement la première question qu'on nous pose. Pourquoi choisit-on de devenir travailleur social ? Hasard ou vocation ?

LUI - Répondre au pourquoi suppose en amont de visiter le comment, de remonter à la source du désir, celui d'aider l'autre, d'en suivre les traces, d'en accepter les sinuosités, les impasses. Il faut savoir fouiller l'histoire, creuser les banalités d'une vie, les tribulations d'un parcours. Dire d'où l'on vient, c'est déjà esquisser une réponse sur ce qui a guidé nos pas jusqu'au métier.

Issu d'une famille ouvrière pauvre, mon père, comme beaucoup d'autres à son époque, a quitté l'école à 13 ans. Il fut respectivement manoeuvre, carreleur, chauffeur routier, conducteur de bus, syndicaliste, retraité. Ma mère, catholique pratiquante, profita d'une vie matérielle plus confortable, à l'éducation non moins austère. Comme mon père, je l'ai toujours connue travailler. Elle faisait les ménages chez ceux qui avaient réussi, ceux des grandes écoles, comme elle disait. Elle gardait aussi leurs enfants, pour arrondir les fins de mois. Mes parents parlaient peu de leur famille et la distance qui nous sépare de leur passé en dit long sur une enfance qui ne fut pas toujours rose. Aujourd'hui encore, je les remercie de leur pudeur.

Mon père avait de l'ambition pour ses enfants. Et aussi loin que je m'en souvienne, il a toujours voulu que nous fassions des études. Question de fierté ! «Tu seras technicien supérieur mon fils», me disait-il sûr de lui. Pour mon père, faire des études, c'était devenir contremaître, ne pas avoir les mains calleuses, occuper un bureau chauffé, donner des ordres plutôt qu'en recevoir. Ses références étaient celles d'un ouvrier qui savait ce que travailler dur veut dire.

ELLE - Et alors ?

(...)


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