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Auteur : Michel Faber
Traducteur : Guillemette de Saint-Aubin
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-87929-387-5
GENCOD : 9782879293875
Londres, 1875. Quelque part dans Church Lane, à l'écart du tumulte de ce quartier sordide, une jeune fille attend. Elle s'appelle Sugar, elle a dix-huit ans. C'est une prostituée d'un genre particulier : sa beauté, sa vivacité, son intelligence - elle sait lire, écrire et pratique l'art de la conversation - semblent la promettre à un destin différent. Elle est remarquée par un riche parfumeur, William Rackham, qui fait d'elle sa maîtresse. William Rackham est ambitieux. Pour maintenir son train de vie et échapper aux humiliations financières que lui inflige son père, il doit encore gravir quelques échelons. Et puis il y a sa femme, Agnes, une grande bourgeoise neurasthénique qui ignore tout du mal qui la ronge. Ensemble, Sugar et William décident de braver les interdits et de vivre une vie plus conforme à leurs grandes espérances, loin du bordel et de la médiocrité petite-bourgeoise. Y parviendront-ils ? Utilisant toutes les ressources du roman victorien, Michel Faber a fait de cette histoire un livre extraordinairement moderne. La misère des classes populaires, l'arrogance de la bourgeoisie, la crise des moeurs soumises à une morale sexuelle répressive forment un tableau grouillant de vie, de conflits et de passions à l'arrière-plan des destins croisés de Sugar et William.
Né en 1960 aux Pays-Bas, Michel Faber a passé la majeure partie de sa vie en Australie. Depuis 1993, il vit dans les Highlands écossais. C'est là qu'une petite maison d'édition écossaise, Canongate, est allée le dénicher. Michel Faber a mis vingt-cinq ans pour écrire ce roman. Publié simultanément en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada en 2002, La Rose pourpre et le Lys a rencontré un succès immédiat. Traduit dans vingt-deux langues, il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Curtis Hanson.
Londres, 1875. Une ville, une date, déjà l'odeur de fumées humides et le fracas des fiacres cahotant sous la pluie remontent jusqu'à nous. La Rose pourpre et le Lys, le monumental roman de Michel Faber, baigne dans cette atmosphère sans pareille de l'Angleterre victorienne. Prenant le lecteur par la main, il l'entraîne - sur plus de mille pages ! - dans les plis les plus intimes de la ville, des hommes et des femmes de l'époque... Cette écriture qui déchire le décor pour nous montrer les cintres peut agacer, mais ce roman-fleuve écrit sur vingt-cinq ans tient bon le cap et n'est jamais à court de vent.
... «J'adorais Dickens, mais aussi Carlyle et les écrits de Marx. C'est alors que j'ai écrit les cent premières pages de la Rose pourpre...» De cette première mouture, interrompue... subsistent des pages couvertes d'une écriture fine et régulière retraçant les faits et gestes d'une jeune héroïne baptisée Phoenix. L'action se situe à Londres à l'époque victorienne... du premier jet de l'histoire de Phoenix et de sa fin tragique ne subsiste que ce personnage, pourvu d'un nouveau nom, Sugar, et d'une trajectoire qui est celle que le lecteur découvre aujourd'hui : «Je suis reparti sur de nouvelles bases en tenant compte de la leçon de George Eliot et du contexte féministe dans lequel je vivais.» La Rose pourpre et le lys met en scène Sugar, une jeune prostituée qui n'est autre que la fille de la tenancière du bordel londonien que fréquente William Rackham, un riche homme d'affaires empêtré dans ses problèmes familiaux. William tombe éperdument amoureux de cette catin d'un genre très particulier qui non seulement se rebelle contre son sort mais écrit... Sugar écrit le grand roman de sa haine des hommes, s'efforçant ainsi d'échapper à une condition dégradante. «En tant que prostituée, elle n'a pas d'identité, dit Faber... la très prenante et très singulière fiction de Michel Faber s'oriente vers une issue qui confirme son talent d'écrivain. Recréant, avec un don de médium, les ambiances, les sons et les images d'un autre espace- temps, il nous fait entrer, subjugués et ravis, dans son propre monde.
... Michel Faber peint, avec des mots contemporains, une somptueuse fresque victorienne. Comme un écho londonien à La Comédie humaine, de Balzac. Elle a 18 ans. Elle s'appelle Sugar. Elle a le goût du sucre et du stupre. Sous un tortillon de cheveux roux, son long corps de cigogne fait craquer les hommes. Il peuvent d'ailleurs se l'offrir, pour quelques shillings. Car elle vend ses charmes sur la paillasse d'un lupanar londonien, du côté de Church Lane, dans cette Angleterre victorienne qui se consume à petit feu sous la lueur vacillante de ses réverbères. Pour mieux connaître la tendre Sugar, pour la dénicher dans le caniveau où elle croupit, il faut lire La Rose pourpre et le lys, un pavé de près de 1 200 pages qui a pourtant la légèreté d'une fleur - une de ces fleurs du mal que l'on cueille aux portes de l'enfer. L'auteur ? Michel Faber, un doux dingue qui squatte une gare désaffectée des Highlands, en Ecosse, et qui a mis vingt ans à peaufiner ce roman-fleuve dont le débit aurait enchanté Alexandre Dumas... D'un bout à l'autre de cette odyssée victorienne, Faber ne cesse d'agiter sa lanterne magique pour éclairer les coulisses d'une société tiraillée entre splendeurs et misères. Et puis, il y a cette guirlande de digressions, ces embardées en cascade où le vieux Londres s'ébroue devant nous, en direct: une symphonie d'odeurs et de clameurs. Tout est là, les jurons des catins sur le pavé, les pieuses jérémiades des dames patronnesses dans l'ombre des presbytères, le grincement des sommiers et le barouf des fiacres, les lamentos des humiliés, les soupirs romantiques des élégantes qui vont soigner leur spleen sur les rivages de Folkestone. Tout cela grouille de vie, fourmille, enchante... La Rose pourpre et le lys est une magistrale bacchanale, un roman qui réinvente le XIXe siècle avec les mots du XXIe, à la proue de la nouvelle garde des lettres britanniques.
Une petite promenade, ça vous dirait ? Et guidée, s'il vous plaît. Mais attention : si vous mettez vos pas dans ceux de Michel Faber, l'expédition vous emmènera manu militari (et pour un bon moment) dans des endroits auxquels vous n'êtes probablement pas habitués. Vous devrez vous acclimater à l'air pollué de Londres, en 1875, parcourir des ruelles sordides, côtoyer la maladie, la misère, la mort, voir des enfants grelotter, voyager dans des fiacres inconfortables, sentir l'odeur des pots de chambre ou celle de la misogynie, ce qui ne vaut guère mieux. Et quand il vous arrivera de prendre vos aises dans de riches demeures (parce que cela vous arrivera), ne vous réjouissez pas trop vite : l'auteur ne vous laissera jamais vous y endormir...
Car c'est un diable d'homme, ce Michel Faber, qui n'a pas son pareil pour mener un récit, réveiller l'attention de son lecteur, bref, le mener par le bout du nez... Avec cet auteur de 45 ans, né aux Pays-Bas, grandi en Australie et installé en Ecosse, tout un siècle de vie littéraire bascule cul par-dessus tête. Sautant à pieds joints sur les conventions du XXe siècle, qui prétendaient libérer le lecteur du narrateur omniscient, Faber se réinstalle dans le rôle avec délectation, ne se privant pas de donner son opinion à tout bout de champ. Et réussit, avec un brio proprement époustouflant, à bâtir un roman mille-feuilles, où se superposent les styles de différentes époques... En même temps qu'il fait apparaître et disparaître ses personnages, l'écrivain manipule ses lecteurs ce qui est, après tout, l'objectif de la plupart des conteurs sans se soucier de cacher les fils. Le tout, pourtant, mêlé à une forme évidente de modernité dans la langue... le lecteur,... se réjouit d'un bout à l'autre de ce remarquable pastiche.
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