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Auteur : Patrick Bouvet
Date de saisie : 25/04/2012
Genre : Poésie
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 9782879299785
GENCOD : 9782879299785
Sorti le : 01/03/2012
1) Qui êtes-vous ? !
Le produit de mon époque.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le pouvoir du cinéma sur les spectateurs que nous sommes.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
pulsions et lumières / tout s'ordonne / dans une harmonie / électrique / vibrante
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un mix entre des compositions de John Carpenter et Ennio Morricone.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le goût pour la lumière artificielle.
le public s'agite
devant ces visions
scintillantes
les désirs
se croisent
les désirs
se superposent
et se synchronisent
c'est là que
le spectacle
se produit
Patrick Bouvet est un plasticien de l'écriture. Après avoir abordé la vidéo (In situ, 1999), la photographie de presse (Shot, 2000), la télévision (Direct, 2002), le jeu vidéo (Chaos Boy, 2004) et la photographie de mode (Canons, 2007), il aborde avec Pulsion lumière le cinéma, principal pourvoyeur en images de notre univers contemporain.
Ultra-moderne poésie." c'est parée de strass et de diamants que la star très appréciée du public s'est présentée à la cérémonie sous une pluie de flashes elle a tenu à rendre hommage aux morts et aux survivants avant de brandir sa statuette en larmes un prix amplement mérité pour un rôle difficile où elle ne cesse de croiser et décroiser ses jambes devant des corps mutilés et carbonisés "Sur les talons d'une star étincelante, nous passons de la fiction à la réalité avec ce nouveau texte de Patrick Bouvet qui, comme ses autres livres, relève du sampling ou de l'installation poétique et qui parle du cinéma américain. Ou, plus exactement, trouve sa source et son inspiration dans les films américains des années 70 et début 80 qui ont marqué durablement son adolescence, période où se cristallisent les émotions et de nouveaux rapports au monde. Ces films, qui mettaient en scène des anti-héros, des rebelles, des marginaux, des zombies, abordaient de front la violence, le pouvoir, la morale, la sexualité et inventaient des genres : le road movie, film de guerre hallucinogène, théorie du complot... Au même moment apparaissaient sur les écrans le "blockbuster", avec des productions, comme Les Dents de la mer ou Star wars, et des moyens dignes d'une véritable industrie : star system, manipulation du spectateur, débauche d'effets spéciaux.
Dans Pulsion Lumière, Patrick Bouvet propose son propre " montage " de cette période cinématographique et de ses influences. Après avoir abordé la vidéo (In situ, 1999), la photographie de presse (Shot, 2000), la télé (Direct, 2002), le jeu vidéo (Chaos Boy, 2004) et la photographie de mode comme représentation de la femme (Canons, 2007), il se devait d'aborder le cinéma, principal pourvoyeur en images de notre univers contemporain.
Pulsion lumière recueille la trace du cinéma comme In situ, Shot, Direct ou récemment Canons utilisaient les clichés, les photos, la télévision, tout le matériel dont nous sommes bombardés...
Peu à peu, le livre se fait son propre cinéma, avec mitraillages, coups de couteau et interrogatoire chez les flics, le public, toujours présent, embusqué du bon côté de la fameuse glace sans tain. Scintillements, éblouissements cèdent la place à une confession sanglante écoutée religieusement. Il est question d'un «pur moment d'harmonie», cela se reproduit plusieurs fois, mais le film (celui que projette Patrick Bouvet, celui que le lecteur refait au montage) se nourrit essentiellement de «pulsions monstrueuses». Celles de la star et des personnages rencontrent celles des spectateurs, «et le public ne sort pas indemne».
Pulsion lumière est une traversée express du cinéma - principalement américain -, un livre-flash écrit sur une table de montage, où les procédés mis en oeuvre - sampling, citations, cut-up, références - ne cherchent pas à se cacher ; leur visibilité, au contraire, participe de l'expérience. Le livre s'ouvre sur la remise d'un oscar à une comédienne, c'est-à-dire bien sûr une star, " un prix amplement mérité/pour un rôle difficile/où elle ne cesse/de croiser et décroiser/ses jambes/devant des corps/mutilés et carbonisés. " Le meilleur du livre tient dans ces courtes séquences où se télescopent les images d'un film et les enjeux de la production et du star-system, où se trouvent mis à nu les rouages de la manipulation, la fabrique de l'émotion...
L'écriture hachée, syncopée, répétitive de Patrick Bouvet envoûte ou hypnotise exactement comme le cinéma, mais sans nous mettre comme lui la tête dans le sac. La brutalité des télescopages et le ressassement de formules-clichés (" le public ne sort pas indemne "), un peu à la façon de Jean-Charles Massera, produit des effets d'humour qui favorisent le réveil en sursaut de nos consciences. Et, par un brusque renversement, nous en arrivons à penser qu'un film n'est jamais qu'un livre feuilleté trop rapidement dans le noir.
c'est parée
de strass et de diamants
que la star
très appréciée
du public
s'est présentée à la cérémonie
sous une pluie
de flashes
elle a tenu
à rendre hommage
aux morts
et aux survivants
avant de brandir
sa statuette
en larmes
un prix amplement mérité
pour un rôle difficile
où elle ne cesse
de croiser et décroiser
ses jambes
devant des corps
mutilés et carbonisés
impossible d'oublier
cette scène où
nue
figée dans l'horreur
elle scrute
le champ de bataille
telle une poupée californienne
égarée
dans une tragédie grecque
bourrée
d'effets spéciaux
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