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«Avec ce livre, je veux montrer que le chômage et la violence dans les quartiers ne sont pas une fatalité. On peut vivre sa différence non comme une injustice, mais comme une force et un point d'appui. J'ai eu la chance de rencontrer sur ma route des personnes d'autres milieux sociaux qui ont cru en moi et m'ont aidé à grandir. Ce livre est un message d'espoir mais aussi une alerte : aujourd'hui, les quartiers sont étrangement calmes. Jamais la situation des jeunes n'y a été aussi dure. Il est urgent de leur tendre la main.»
Abdel Belmokadem est un enfant de Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise. Ancien boxeur professionnel, il a fait de l'avenir des jeunes des quartiers son combat. À la tête de sa propre entreprise de médiation, il sillonne, depuis dix ans, les zones urbaines sensibles. Dans des gymnases ou des stades, il organise la rencontre entre ces jeunes qui ont «décroché» et les entreprises. Là où les pouvoirs publics semblent dépassés, il nous montre comment il réussit à renouer le dialogue et à remettre la plupart de ces jeunes sur le chemin de la réussite.
Les courts extraits de livres : 11/02/2012
1. Zones urbaines sensibles
Les Zones urbaines sensibles (Zus) sont des territoires infra-urbains définis par les pouvoirs publics pour être la cible prioritaire de la politique de la ville, en fonction des considérations locales liées aux difficultés que connaissent les habitants de ces territoires.
Définition de I'INSEE
La plus belle ville du monde
J'aime Vaulx-en-Velin. J'aime cette ville parce que j'y ai grandi. Elle me ressemble. J'ai tout connu là-bas : les grosses galères comme les belles réussites. La preuve, j'y suis encore. On parle beaucoup de quartiers sensibles. On a raison : Vaulx-en-Velin est une ville où les gens sont extrêmement sensibles. C'est une ville qui m'a tout donné, une ville marquée par l'histoire, dans laquelle les gens essaient de se battre, de survivre. L'énergie qu'on y trouve est celle que j'ai ressentie il y a trois ans quand, pour la première fois, je suis allé à New York. Une énergie invisible mais palpable à chaque coin de rue. Mon rêve, c'est de faire de Vaulx-en-Velin un Manhattan. J'aimerais que derrière chaque Vaudais il y ait une réussite. J'aimerais que derrière chaque Vaudais il y ait une belle histoire à raconter.
Vaulx-en-Velin est la ville de la région Rhône-Alpes où tous les indicateurs sociaux sont dans le rouge. La ville où il y a le plus fort taux de chômage. Où le taux de familles monoparentales est le plus important. Où le salaire moyen est le plus bas. La ville la plus jeune. Autrefois, Vaulx-en-Velin était un village agricole de trois cents âmes. Aujourd'hui, c'est une ville de 45 000 habitants, qui a poussé comme un champignon dans les années 1960 pour répondre aux besoins de la croissance. À la demande des entreprises, le main-d'oeuvre immigrée est arrivée en masse. Elle a obligé les politiques à lancer à la hâte de grands programmes de construction de logements. En quelques années, Vaulx-en-Velin a basculé dans un autre monde. De la vie d'hier, il ne reste que quelques arpents de terre cultivés par une poignée d'agriculteurs. Vaulx-en-Velin est encore la capitale mondiale du cardon !