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_ Journal d'un corps

Couverture du livre Journal d'un corps

Auteur : Daniel Pennac

Date de saisie : 22/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-07-012485-5

GENCOD : 9782070124855

Sorti le : 09/02/2012

  • Les présentations des éditeurs : 10/02/2012

Le narrateur a commencé à tenir scrupuleusement le journal de son corps à l'âge de douze ans, en 1935.
Il l'a tenu jusqu'à sa mort, en 2010, à 87 ans. Son projet était d'observer les innombrables surprises que notre corps réserve à notre esprit d'un bout à l'autre de notre vie. Ainsi a-t-il finalement décrit toute l'évolution de son organisme. Le résultat est le roman d'un corps qui tient moins du précis anatomique que de l'univers malaussénien, car Daniel Pennac évite la froideur du constat médical en introduisant à chaque page des personnages, des situations, des dialogues et des réflexions qui font circuler le sang de l'intimité dans ce corps autopsié que le lecteur, souvent, reconnaîtra comme étant le sien.



  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 22 février 2012

Voici donc un journal impudique, sans tabou. Exclusivement centré sur les découvertes, les surprises sans fin que nous réserve notre corps...
Juste «l'observation de mon pro­pre corps parce qu'il m'est intimement étranger». Et qui vaut au lecteur de belles pages sur les «trois façons de pisser chez les garçons» ou le plaisir du «cu­rage de narine» associé «à celui de la lecture». On rit souvent, de nos peurs en particulier. On est heureux de partager cette intimité si profondément universelle, même si l'histoire se termine mal...
Belle manière, en lisant ce livre, de se sentir humain. Pennac prend à bras-le-corps l'énigme de l'incarnation : quel est le lien entre mon corps et moi ? Et montre que le mystère n'est jamais épuisé.


  • La revue de presse Patrick Grainville - Le Figaro du 16 février 2012

L'auteur nous plonge dans le journal intime d'un homme dont le corps a connu mille morts et autant de résurrections. Ce journal d'un corps n'est pas autobiographique puisque son auteur est né en 1923 et meurt en 2010 ! Mais ce détour par l'imaginaire est fécond, il nous évite ces journaux qui prétendent à l'authenticité en sacrifiant la littérature. Or c'est elle qui atteint la vérité profonde. Les fantasmes en disent plus long sur nous-mêmes que la recension du vrai factuel dont on nous rebat les oreilles...
Tout y est, très pointu dans les détails. Nul orifice, nul appendice n'a de secret pour Pennac, nulle sécrétion, émanation. C'est la vie vue à travers la lunette des toilettes. Voici donc l'histoire de nos fibres, celle d'un type mal parti qui connaît mille morts, mille résurrections et remplit sa vie. Ouf ! Le diariste écrit une phrase qui le résume, lui, et nous : «Je suis seul comme l'homme.»


  • La revue de presse Anne Crignon - Le Nouvel Observateur du 2 février 2012

Daniel Pennac a écrit ce «Journal d'un corps» dans l'ancienne peausserie du 20e arrondissement parisien où il a élu domicile. Quatre ans pour mûrir un projet baroque et ambitieux consistant à retracer la vie d'un grand bourgeois un peu pincé, sous l'angle trivial des fluides corporels, des organes et autres manifestations de la tuyauterie humaine. Un drôle d'inventaire à la Prévert clôt l'ouvrage...
Le journal démarre dans sa treizième année par le saut dans un tas de blé avec les enfants de son âge, «un saut de trois mètres, la remontée des boyaux dans la gorge, le trou crissant que fait ton corps dans le grain, la chaleur du blé fraîchement battu sur ta peau nue, cette caresse tellement vivante». Pendant cinquante ans, l'auteur décrit les diverses surprises ou lourdeurs de l'organisme.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 5 février 2012

Le narrateur relate - pas tous les jours, ce serait répétitif et fastidieux - les nombreux moments d'une longue existence où son corps exulte, craque, s'interroge, s'angoisse, jouit, fatigue, souffre, triomphe, se cache, s'exhibe, se dorlote, se répare, se dérobe ou gouverne. Son corps entre ses mains, mais aussi entre les mains des femmes et des médecins. Et son corps de fils, d'amant, de mari, de père, de grand-père dans ses relations avec le corps de ses proches...
Car le corps du narrateur ne vit pas en circuit fermé. Il parle, il écoute, il tape (jeune, il a fait de la boxe et du tennis), il caresse, il bande, il baise, il va vers les autres ou il les fuit, il les aborde ou il les quitte, il les protège, il les nourrit, il les instruit, il les dirige, il les aime. Chaque corps d'homme ou de femme est un rond-point autour duquel déboulent et passent, parfois s'arrêtent, tant et tant d'autres corps d'hommes et de femmes. C'est pourquoi le livre de Daniel Pennac est un vrai et tonique roman dans lequel la circulation du sang est la métaphore de la vie familiale et sociale.


  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 8 février 2012

«Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature, et cet homme, ce sera moi.» à l'image de Jean-Jacques Rousseau qui ouvrait en ces termes les Confessions, Daniel Pennac s'est lancé dans une aventure littéraire, stupéfiante et sans équivalent. Le récit d'une vie entière, examinée et décrite depuis le corps, cette enveloppe singulière dont nous héritons, que nous traînons, qui nous vaut plaisirs et jouissances, tourments et douleurs, sapée par les atteintes de l'âge, les coups durs, la maladie, la vieillesse. L'odyssée d'une adaptation permanente, avec obligation d'apprivoiser notre apparence, de «faire avec»...
Paradoxe admirable de ce livre d'explorateur qui ouvre sur les abîmes et le non-dit de la littérature, en renverse les codes et brise un tabou persistant. Le narrateur y parle de son corps et nous croyons nous y retrouver. Or, rien n'est plus unique que cette singularité irréductible, ce passeport biologique. Que dit Daniel Pennac, enchanteur éberlué, contemplatif, interrogatif, dans ce «roman-vrai», audacieux, tellement surprenant et d'une infinie profondeur ? Que l'empreinte du corps des autres reste gravée dans le souvenir et la mémoire : la silhouette, la démarche, la voix, le sourire, l'écriture, la gestuelle, la mimique... Et que si le corps est bien l'instrument de la vie sociale, il nous maintient surtout dans une forme de solitude irrémédiable et inexprimable.


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