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La Trilogie de la guerre : Avec des enjeux tels que le destin (Les Sept contre Thèbes), le rapport à l'image, le droit d'asile, la violence faite aux femmes (Les Suppliantes) ou encore la colonisation (Les Perses), la tragédie grecque traverse les siècles pour évoquer avec acuité les questions de notre temps.
Prométhée enchaîné : Le règne de Zeus semble s'inaugurer sous le signe de la toute-puissance. Tous ses adversaires, même les prodigieux Titans, se sont effacés devant lui - tous sauf Prométhée, qui s'est permis de dérober le feu aux dieux et qui a fait cadeau aux hommes de l'étincelle d'intelligence, pour qu'ils puissent faire mieux que survivre.
Olivier Py, dans ses traductions d'Eschyle, procède au resserrement des textes et des actions. Il apporte ainsi une dynamique nouvelle au texte grec, restituant le souffle du verbe d'Eschyle et la force farouche de ses propos.
Né en Attique vers 525 av. J.-C., Eschyle est contemporain des guerres grecques menées contre les Perses. Considéré comme le véritable créateur de la tragédie, il a révolutionné le genre en mettant en scène non plus un seul narrateur mais deux acteurs, laissant ainsi place au dialogue et au drame. Des quatre-vingt-dix pièces écrites par Eschyle, seules sept subsistent aujourd'hui. Six d'entre elles sont représentées dans l'Athènes de Périclès : Les Perses (- 472), Les Sept contre Thèbes (- 467), Les Suppliantes (peut-être - 463) et L'Orestie, sa treizième et dernière victoire (- 458). Eschyle meurt à Géla (Sicile) en - 456.
Prométhée enchaîné est la plus problématique des tragédies d'Eschyle : l'année de représentation est inconnue et on suppose qu'elle fait partie d'une trilogie consacrée à ce dieu, mais les autres pièces ne sont connues que sous forme fragmentaire (Prométhée délivré et Prométhée porte-feu.).
Les courts extraits de livres : 12/02/2012
PERSONNAGES
Etéocle
Le Messager
Le Choeur des Thébaines
ÉTÉOCLE.
La parole doit être exacte.
Dans l'insomnie du devoir,
Votre prince ne ferme pas les yeux.
Si je triomphe, c'est grâce aux dieux,
Si j'échoue, je suis le seul coupable.
Etéocle ! Etéocle ! comme la foudre,
Mon nom sera celui de la perte de notre cité.
Aucun guerrier n'est trop jeune pour ce combat -
Aucun guerrier n'est trop vieux pour ce combat.
Sauvez notre ville et ce qui lui est sacré !
Sauvez la mère qui vous a portés et nourris !
Sauvez cette terre à qui vous devez votre présence !
A cette heure, le ciel est pour nous.
Thèbes assiégée n'est pas tombée.
Mais l'augure a interrogé les oiseaux,
Dans la nuit, les Achéens préparent l'attaque.
Aux portes, aux murailles ! Debout !
Les dieux nous regardent.
J'attends des nouvelles terrifiantes.
LE MESSAGER.
Sept courageux chefs de guerre
Sacrifient un taureau sur un bouclier noir.
Ils appellent Ares, le dieu de la Guerre
Et Atè, la violence aveugle.
Dans l'aveuglement de la violence, ils en appellent à la violence aveugle.
Ils jurent d'anéantir Thèbes ou de mourir
Et de féconder sa terre de leur sang.
Au cheval invincible du roi d'Argos
Ils accrochent des porte-bonheur.
Ils pleurent, ils pleurent en silence,
Leur coeur est un fer rouge.
Leur oeil est l'oeil des fauves.