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Né sur une île de Croatie, Bozidar Frédéric a passé son adolescence à Seraing avant de réaliser son rêve, naviguer en tant qu'officier de marine. Après un master en Sciences du Travail complété par une formation en Ressources Humaines et en sophrologie, il est depuis plus de dix ans formateur en langue française.
Par ailleurs récitant et animateur de rencontres littéraires, il était jusqu'ici l'auteur d'une pièce de théâtre et de nouvelles parues dans diverses revues. Avec «Ciel Seraing», il publie son premier roman, auquel l'actualité confère un aspect visionnaire.
A l'étal d'un brocanteur, un ex-Sérésien de passage dans sa ville découvre un manuscrit, la Chronique d'une enquête inachevée. L'auteur anonyme situe l'action au pied des hauts-fourneaux de Cockerill, devenu Acierlor-Mehttal par «la grâce» des fusions et restructurations. Lors de leur dernière pause, des syndicalistes y sont assassinés au moyen d'une arme droit sortie des mangas japonais. Le commissaire Mario Vukovic («Mario comment ?») se voit ainsi confier à quelques jours de la retraite une ultime enquête d'autant plus poignante qu'elle a pour décor «son» Seraing. Assisté de son «Petit coeur de Beur», sa fidèle adjointe Saïda, il va plonger dans les arcanes de la mondialisation, du grand banditisme international en col blanc et de leurs sbires fanatiques. Ce manuscrit «oublié» offre un ultime hommage à une époque révolue et diagnostique une maladie qui, pareille à la rouille, ronge toute une génération de travailleurs coincés entre l'attachement à un passé décomposé et l'angoisse d'un avenir des plus incertain.
Les courts extraits de livres : 11/02/2012
Catherine fait glisser la porte-fenêtre de la véranda et sort sur la terrasse. Il fait doux ; la saison est en équilibre, il y a dans l'air quelque chose d'indicible, comme une attente.
Elle allume une cigarette, les coudes sur la rambarde, et savoure la sérénité de ce dimanche. En ce jour de Pâques, elle est venue dîner avec ses parents. Chacun avait pu se libérer de ses obligations professionnelles. La famille Vukovic est donc réunie, ou presque. Il manque l'éternel absent, Frédéric, officier de marine au long cours, bientôt jeune capitaine. Il est quelque part entre Lima et Valparaiso. Ils ont pu se voir et se parler grâce aux satellites et aux ordinateurs. Peut-être sera-t-il de retour pour les vacances d'été, peut-être. Peut-être !...
Comme une famille ordinaire, ils regardent un thriller à la télévision. Et c'est le moment des pubs.
Le charme de cette maison, sur les hauteurs de Jemeppe, tient à la vue qu'elle offre sur la vallée de la Meuse. L'oeil glisse sans heurts des bois sombres d'Yvoz-Ramet à droite, jusqu'à Ougrée et son haut-fourneau à gauche. En face, les lumières de Seraing.
«Mon Seraing», comme dit son père.
C'est toujours beau une ville, la nuit ! Et plus encore ici, avec les fumées, les infrastructures d'usines et le miroir de l'eau. Meuse, long ruban lumineux comme une guirlande de fête.
Seraing, ville prête à larguer les amarres vers son futur indéfini.