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.. 28 boulevard des Capucines

Couverture du livre 28 boulevard des Capucines

Auteur : David McNeil

Date de saisie : 14/07/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 16.90 €

ISBN : 978-2-07-012506-7

GENCOD : 9782070125067

Sorti le : 07/05/2012

David McNeil au micro de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 31/05/2012

Le 27 janvier 1997, David McNeil donne un concert exceptionnel à l'Olympia avec tous ses copains chanteurs, juste avant que la prestigieuse salle ne fasse peau neuve. Il évoque ici ses souvenirs truculents ou graves qui le lient à chacun d'eux. On ne s'ennuie pas à l'évocation de ces anecdotes qui révèlent la nature artistique profonde de David McNeil, mais aussi son côté joyeux, sensible, et de fidèle camarade. Ce récit est conçu comme une fête, à l'image de ce concert où chacun amène un peu de sa personnalité, le lecteur est emporté dans son tourbillon. Au fil des pages, on retrouve çà et là une trace de tous les invités : Souchon, Voulzy, Renaud, Charlebois, Julien Clerc, et, un peu plus loin de nous, Montand, Doisneau ou Chagall.

Auteur-compositeur-interprète et romancier, David McNeil a déjà publié aux Editions Gallimard Lettres à Mademoiselle Blumenfeld (L'Arpenteur, 1991, Folio n° 2474), Tous les bars de Zanzibar (collection blanche, 1994, Folio n° 2827), Si je ne suis pas revenu dans trente ans, prévenez mon ambassade (collection blanche, 1996), La dernière phrase (collection blanche, 1999), Quelques pas dans les pas d'un ange (collection blanche, 2003, Folio n° 4183), Tangage et roulis (collection blanche, 2006, Folio n° 4630), Angie ou les douze mesures d'un blues (collection blanche, 2007, Folio n° 4778).



  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 12 juillet 2012

Ce livre est une fête, pas un témoignage sur le " show-biz " ; les invités sont des artistes, bien vivants comme Julien Clerc ou Alain Souchon, mais aussi des disparus. McNeil ne fait pas un compte rendu de concert, même si la soirée à l'origine du récit est évoquée, il fait revivre ses invités. Et on se balade avec eux dans le monde entier. Le " je " de David McNeil est celui du plaisir et de la mémoire. Avec un désir d'en finir avec une blessure secrète. Il est le fils du peintre Chagall et a longtemps pensé que son père désapprouvait son choix de chanter et d'écrire des chansons. Par une conversation avec Bill Wyman, l'ancien bassiste des Rollling Stones, il apprend que son père le suit de loin et est fier de lui.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, mai 2012

Le chanteur, compositeur et parolier se fait conteur de ses propres souvenirs. Un régal. Un musicien qui joue du piano d'une façon peu orthodoxe. Un chanteur trop rare. Un parolier qui jongle avec les mots comme personne. Un écrivain au swing unique dont on guette chaque nouveau livre depuis Lettres à mademoiselle Blumenfeld (L'Arpenteur 1991, repris en Folio). Retrouver la prose chaloupée de David McNeil est toujours un pur bonheur...
Rêveur né dans le Bronx, homme "de toutes les saisons", comme il se dépeint ici, McNeil est avant tout un conteur qu'on écouterait pendant des heures. Ravi, le lecteur applaudit des deux mains, exige des rappels !


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 10 mai 2012

Un soir de 1997, à l'Olympia, David McNeil, le fils de Marc Chagall, rassembla tous les chanteurs pour lesquels il avait écrit. De Montand à Souchon, souvenirs...
Car il avait demandé à tous ceux auxquels il avait donné ses paroles et ses musiques de l'accompagner, de l'aider à raisonner son trac : Robert Charlebois, Julien Clerc, Laurent Voulzy, Alain Souchon, Renaud, Maxime Le Forestier...
Pour avoir une juste idée du récit mélancolique et mélodique, nonchalant et chantant, de David McNeil, il faudrait marier «les Copains d'abord», de Brassens, aux «Je me souviens», de Perec. Et ajouter, dans la corbeille, cet humour griffu où excelle Jacques A. Bertrand. De même qu'une fleur libère un arôme, l'évocation de ce récital de l'Olympia libère un étonnant bouquet de souvenirs. Chaque mélodie appelle une anecdote et chaque refrain, une rencontre - on dirait des Mémoires chantés...
Sans cesse, il use de l'humour pour ne pas se prendre au sérieux et de la digression pour se fuir. Il n'en finit pas de chercher sa place, lui le Français né à New York d'un père biélorusse qui suivra sa mère en Belgique et vivra à Monaco avec une Marocaine. Insaisissable McNeil, qui a le charme fou des faux dilettantes et a hérité de son père l'art de faire chanter la vie et danser les couleurs.


  • Les courts extraits de livres : 31/05/2012

Tout a commencé, comme souvent, à Québec. J'étais invité, en tant qu'auteur, à être juré au Festival de la chanson francophone de la ville. Je ne suis pas capable de rester assis plus d'une heure sur une chaise, je suis un mauvais juré. La dernière fois que j'ai accepté de faire partie d'un jury, c'était au Festival musical et chorégraphique de Besançon, il y a bien quarante ans. Ça se passait dans un multiplexe, une des salles était dévolue aux films en compétition, la deuxième à Rambo II, et la dernière à Suédoises en folie, un film classé triple X... Un juré se doit d'assister jusqu'à la fin à toutes les projections. Au milieu d'une sorte de Scopitone d'opéras en play-back est-allemand, j'ai discrètement quitté mon siège pour jeter un coup d'oeil à ces fameuses Suédoises avec l'intention de réintégrer ma salle encore plus discrètement que j'en étais sorti. Tout à coup, catastrophe, un type au dernier rang a un coup de sang, se chope une embolie et s'affale sur son siège, plus moyen de m'enfuir : police, pompiers, Samu, pris la main dans le sac je suis viré de Besançon, persona non grata dans le Doubs, gratifié d'un quart de colonne dans les pages «Culture» du Clairon de Franche-Comté.
Manifestement, il y a quarante ans au Québec, on ne lisait pas le Clairon. Me voici donc invité dans la ville de Montcalm, m'efforçant de bien me comporter et de rester tranquille pendant toute la durée de l'événement. J'allais hier encore écouter des Inuits sous leurs tentes, des percussions yupik et des tambours mohawk, les gens du festival, autant qu'ils le peuvent, veulent assimiler à la francophonie les minorités que le Canada a pu jadis coloniser.
Il s'agissait aussi d'écouter toutes sortes de chanteurs, de chanteuses, et alors d'élire celui ou celle qui gagnerait le titre d'interprète de l'année, puis le prix du meilleur groupe et du meilleur auteur, il y avait encore toutes sortes d'accessits moins glorieux, décernés, non par le jury, mais par des commanditaires, celui des engrais «Vitafaux, les engrais qu'il vous faut», la médaille «Maison Célestine, le bon fromage en grains», et sans doute des primes et des paniers garnis, les concurrents venaient de si loin qu'il fallait contenter tout le monde. Au début j'écoutais tout. Je courais de droite à gauche, j'assistais aux concerts que donnaient tous ces gens, des néo-troubadours aux rockers les plus durs, des bardes nostalgiques de Félix Leclerc à ceux, électroniques, du «Bolduc revival», qui jouaient en hommage à cette Janis Joplin d'avant l'électrophone, l'idole de ma grand-mère, Georgina Ruel, du lac Etchemin, l'Édith Piaf du Nord, la première «soul singer», personnage fascinant qui allait disparaître dans un très banal accident de voiture. Mais au bout d'un moment tous ces chanteurs ont fini par vraiment m'ennuyer. Je n'en pouvais plus d'entendre ces couplets plus ou moins bien torchés, ces refrains indigents, ces chansons mal écrites ou bien trop bien foutues, de rester des heures cloîtré dans des salles surpeuplées à attendre qu'un cousin de Luc Plamondon fasse place à un Lou Reed célèbre à Saint-Jérôme. Ces jeunes gens, ces jeunes filles étaient bien sympathiques, alignant sagement des répertoires honnêtes, mais qui allait donc réellement m'étonner, qui allait me surprendre, me dire «Excusez-nous, rendez-nous les clés, l'hôtel California ne fait plus crédit, il nous faut de l'espace, on va se libérer de tous vos carcans, de vos strophes, de vos rimes, du balai s'il vous plaît»...


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