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.. L'embellie

Couverture du livre L'embellie

Auteur : Audur Ava Olafsdottir

Traducteur : Catherine Eyjolfsson

Date de saisie : 08/11/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782843045899

GENCOD : 9782843045899

Sorti le : 23/08/2012

Il y a des jours où on devrait rester couché et c'est un de ceux-là que notre héroïne va vivre en commençant par percuter une oie avec sa voiture puis en laissant les deux hommes qui occupaient sa vie la quitter pour la même raison : son manque d'investissement et son absence chronique au monde.

Peu importe, la vie continue ! Une voyante le lui confirme d'ailleurs en lui prédisant un voyage, de l'argent et de l'amour. Que demander de plus ? Sauf que le destin semble vouloir s'acharner : la voilà obligée de s'occuper de Tumi, le garçon de quatre ans autiste et sourd de sa meilleure amie, alors que les enfants ne lui inspirent qu'angoisse et méfiance. Ils finissent tout de même par prendre la route ensemble vers un petit village islandais à l'est de l'île. Au fil des kilomètres se tissera une relation émouvante qui leur permettra de renouer avec les joies les plus simples de la vie.

L'embellie est un livre rare à la fois mystérieux et merveilleux dans lequel on se laisse embarquer avec un plaisir inaltérable.


C'est l'histoire d'une échappée à travers l'Islande sauvage d'une femme libre et fantasque quittée par son mari et de Tumi, le fils de sa meilleure amie âgé de 4 ans et presque sourd.
Après le succès de "Rosa Candida", l'auteure nous offre "L'Embellie". On adore ce voyage tendre et inattendu dans cette ambiance de "fin du monde" que nous offre l'île noire avec ses champs de lave et ses landes sauvages à perte de vue.


La narratrice a trente trois ans, son mari la quitte, et sa meilleure amie Audur est enceinte de jumeaux. Hospitalisée, Audur lui confie son enfant, un jeune garçon différent, prothèses auditives, grosses lunettes déformantes. Quelque peu désemparée, elle n'a pas élevé d'enfants et les a peu fréquentés, elle hésite à l'accueillir. Venant de gagner à la loterie, cette femme libre décide de partir avec sa vieille voiture, de l'emmener visiter son île, un voyage pour se découvrir, s'apprivoiser. L'attachement ne fera que croître au fil des kilomètres, l'enfant saura lui faire ressentir la place qu'elle a prise à ses côtés («Je t'avais dit qu'il te changerait»). Ses souvenirs, ses rêves et ce tour de l'île apaiseront peut-être son passé et lui ouvriront un nouvel horizon. Le voyage est joyeux, rythmé. Les péripéties attendrissantes de ce couple dans cette île singulière, poétique et pluvieuse, la liberté et le détachement de cette femme suscitent une complicité réelle avec le lecteur qui retrouve avec joie toute l'humanité et l'amour de la vie déjà instillés dans «Rosa Candida» avec un zeste de cocasserie en sus.


Vous avez aimé Rosa Candida, vous adorerez l'Embellie. La narratrice, la trentaine, se fait "plaquer" par son mari du jour au lendemain. Elle se retrouve mère de substitution pour Tumi, le fils sourd de sa meilleure amie. Elle gagne à la loterie. Elle décide de voyager avec l'enfant tout autour de l'Islande. Elle prend la route en dépit de conditions catastrophiques. Ce périple lui permettra de découvrir un petit garçon surdoué et de se connaitre elle-même un peu mieux.
L'auteure, grâce à son écriture toute simple, sait vous entrainer dans ce road trip. Et puis l'air de rien, ce livre vous "trotte" dans la tête non pas comme ces tubes d'un été, mais pénètre tout doucement pour vous laisser une marque indélébile.


Une femme quittée par son mari parce qu'il la trouve trop immature... Histoire banale... surement pas... Il est vrai qu'elle est assez fantasque et ne s'embarrasse pas des convenances. Sa meilleure amie, tout aussi farfelue qu'elle, célibataire, enceinte de jumeaux et hospitalisée, lui confie son fils Tumi âgé de quatre ans.
Malheureuse en amour, heureuse aux jeux, elle gagne une coquette somme à la loterie et décide de faire le tour de son île, l'Islande. Accompagnée du petit garçon commence alors un voyage extraordinaire, parsemé d'embûches, de rencontres cocasses et même amoureuses. Le paysage lui-même semble participer à la féerie de ce périple.
D'ailleurs, l'auteur n'est-elle pas une fée elle aussi pour nous enchanter comme elle le fait ? Tel un philtre magique s'échappant des pages, un sourire s'accroche sur nos lèvres pour ne plus nous quitter bien longtemps après la lecture de ce magnifique roman.


  • Le courrier des auteurs : 10/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je ne suis pas sûre. Je pense qu´il y a plusieurs moi en chacun de nous et en chacun de ces moi quelque chose d´inconnu. Tant mieux. La vie est changement et je suis en constante recherche des lieux, des livres et des rencontres qui puissent me permettre de me dépasser et d´avoir un regard neuf sur le monde.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Même si l´Embellie est l´aventure d´une héroïne insolite qui effectue un voyage intérieur ou métaphysique tout comme le protagoniste de Rosa candida, c´est plus complexe que ca. Je pose dans ce roman des questions sur la liberté, sur le temps, sur le hasard (... l´infortune suscite parfois des malheurs à la chaîne, de même que la veine peut attirer la veine... p. 132) et surtout sur le rôle du langage dans la communication. Pour une héroïne qui parle une quantité de langues mais n´a pas la parole particulièrement facile, il fallait un partenaire de voyage qui ne parle pas pour montrer qu´il existe un monde au-dessus des mots. Je ne crois pas que les mots puissants rendent compte de notre réalité, la communication passe aussi par les gestes, les regards, par le toucher, le sentir et le goûter. Or l´Embellie est aussi un roman sur le corps et l´expérience où la perception corporelle joue un rôle important dans la vie de l´héroïne. Mais ce n´est pas seulement un livre sur le corps d´une femme, mais aussi celui sur le corps d´une île.
Le livre a été très bien reçu en Islande (encore mieux que Rosa Candida) et a eu un prix important. Un critique islandais a écrit que le livre était «... entièrement féminin, comme si l´auteur avait voulu lancer un défit aux scènes de corrida de Hemingway !... Je crois - au moins je l´espère - qu´il a voulu dire par là que je lance un défi aux stéréotypes littéraire de la masculinité et la féminité !

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Mon éditeur espagnol m´a expliqué qu´il avait tenté de choisir une phrase clé du livre et qu´il s´était trouvé avec dix pages rempli de phrases clés !
Peut être je pourrais tenter celle-là : «Les femelles veillent sur la progéniture les unes des autres, c´est en tout cas ce que font les canes du lac. (p.140).

Si c´était un passage ca pouvait être celui-ci :... C'est à ce moment précis que m'effleure pour la première fois l'idée que je suis une femme au milieu d'un motif finement tissé d'émotions et de temps, que bien des choses qui se produisent simultanément ont de l'importance pour ma vie, que les événements n'interviennent pas les uns après les autres, mais sur plusieurs plans simultanés de pensées, de rêves et de sentiments, qu'il y a un instant au coeur de l'instant. Bien plus tard seulement, la mémoire fera son tri et discernera un fil dans le chaos de ce qui a eu lieu. C'est exactement ainsi que les destins d'une femme et d'une bête s'entrecroisent. La conductrice écoute une chanson espagnole d'amour et de regret, elle jette un bref coup d'oeil dans le rétroviseur pour voir comment son petit compagnon de voyage sourd se débrouille avec son Chocolait et sa banane, au même moment un mouton décide de traverser la route juste au nez de la voiture, ou bien prend peur... que sais-je du fonctionnement psychique d'un représentant de la souche antique et pure des moutons d'Islande ? Le temps est un film qui passe au ralenti.... (p. 203)

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Quand la femme protagoniste écrase un mouton sur son chemin elle écoute une chanson espagnole d'amour d´un film d´Almodovar qui dit ; piensa en mi
Cuando sufras. Quand tu souffres, pense à moi.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon monde imaginaire et mon écriture qui est différente d´autres écrivains tout comme leur monde est différent du mien. J´avoue aussi avoir des choses à dire !

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Non, il me faut juste un stylo ! Je peux écrire n´importe où sauf si je souffre du mal de mer.
C´était pareil pour les grecs anciens et l´amour. S´ils souffraient du mal de mer ils ne pouvaient pas tomber amoureux.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Elle est toujours là. Mais comme j´enseigne toujours à plein temps à l´Université d´Islande, c´est surtout le temps pour écrire qu´il me manque.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Je lisais déjà islandais à 4 ans mais comme je ne trouvais pas toujours des livres que j´aurais aimé lire je m´inventais des histoires. Mais j´étais encore trop petite pour écrire. En lisant je «corrigeais» souvent des livres d´enfant en rajoutant des pages ou même des chapitres entiers ! Je savais qu´un jour j´écrirai des livres mais c´était encore un secret et je n´étais pas pressée non plus car je voulais d´abord tenter d´autres aventures. Ce que j´ai fait. Aujourd´hui je fais un peu comme dans l´enfance ; j´écris des livres que j´aurais aimé lire mais que je ne trouve pas. Ce qui ne m´empêche pas d´apprécier des oeuvres d´autres écrivains.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Quand j´ai appris à lire et que j´ai découvert que j´avais accès à un nouveau monde où tout étaient possible et qui était sans restrictions du temps et de l´espace.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Non. Mais quelqu´un a dit qu'un lecteur cherche dans un livre ce que lui manque dans sa vie.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Avec les vastes espaces de silence en Islande les librairies sont mes lieux préférés. D´ailleurs ils se ressemblent à bien des égards.


  • Les présentations des éditeurs : 26/06/2012

En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.

Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l'Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l'on se glisse dans ; l'Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d'exultation complice qui ne nous quitte plus.

C'est la belle histoire d'une femme libre et d'un enfant prêté, le temps d'une équipée hivernale autour de l'Islande.

Il y a chez la grande romancière islandaise - dont on garde en mémoire le merveilleux Rosa candida - un tel emportement rieur, une telle drôlerie des situations comme des pensées qui s'y attachent, que l'on cède volontiers à son humour fantasque, d'une justesse décapante mais sans cruauté, terriblement magnanime.

Vrai bain de jouvence littéraire, ses romans ressemblent à la vie.



  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 8 novembre 2012

Comme dans Rosa Candida (Zulma, 2010), on retrouve dans ce livre antérieur d'Audur Ava Olafsdóttir le goût de la fausse simplicité et des situations farfelues. Ainsi que cette inquiétude de la langue, toujours étrangère, qui est une autre façon de dire la solitude...
Dans ce roman de la maternité par hasard, tout s'ajuste exactement. L'équilibre, le jeu des échos, est toujours parfait. Pour mieux troubler son lecteur.


  • La revue de presse Claire Castillon - Paris-Match, septembre 2012

L'auteur de « Rosa Candida » publie « L'embellie », un voyage émouvant à travers l'Islande...
Dans « L'embellie », Audur Ava Olafsdottir dévoile avec subtilité la couleur rose de la boue, l'ombre dorée des matins noirs, et son lecteur prend le chaud, doucement, au soleil d'une contrée nordique où le sentiment et le sourire palpitent comme deux coeurs. Aigu et grave, ils écrivent la partition d'un livre tactile, prenant et touchant.


  • Les courts extraits de livres : 18/07/2012

ZÉRO

Quand je regarde en arrière, sans vraiment respecter à cent pour cent la chronologie, nous sommes là, serrés l'un contre l'autre, au milieu de la photo. Je le tiens par les épaules et il m'attrape quelque part, plus bas par la force des choses ; une mèche châtain foncé barre mon front très pâle ; il affiche un grand sourire et tient quelque chose dans son poing tendu.
Ses oreilles décollent un peu de sa grosse tête, ses prothèses auditives, curieusement démodées, ressemblent à des récepteurs pour ondes radio intersidérales. Et ses yeux démesurément agrandis par ses verres de lunettes lui donnent un look très spécial. D'ailleurs les gens dans la rue se retournent sur notre passage ; ils considèrent le petit, puis après m'avoir brièvement dévisagée, ne le lâchent plus du regard, tandis que nous traversons le terrain de jeux, la main dans la main, jusqu'à ce que je referme la grille de fer derrière lui. Quand je l'aide à grimper dans le siège pour enfant et que je boucle sa ceinture de sécurité, je constate qu'on nous observe encore depuis les autres voitures.
Dans le fond de la photo, on voit mon ancienne voiture, à boîte de vitesses manuelle. Les trois poissons rouges flottent dans le coffre - il n'en sait rien encore - sur le sac de couchage bleu pour deux personnes qui s'est mué en éponge. Je ne tarderai pas à acheter deux édredons neufs à la Coopérative car il ne convient pas qu'une femme de trente-trois ans partage son sac de couchage avec un garçonnet qui ne lui est rien - ça ne se fait pas. Un tel achat ne devrait pas poser problème car la boîte à gants déborde de billets tout frais sortis de la banque. Aucun méfait n'a pourtant été commis, à moins que ça n'en soit un que de coucher avec trois hommes sur une distance de trois cents kilomètres de route circulaire, non asphaltée pour l'essentiel, là où la bande côtière est la plus étroite entre le glacier et la grève et où abondent les ponts à voie unique.
Rien ne se présente comme à l'accoutumée, en cet ultime jour de novembre - un jour ténébreux sur l'île ; nous portons tous les deux un pull-over, le mien est blanc à col roulé, le sien est neuf vert menthe, tricoté main, avec un motif à torsades et une capuche. La température est comparable à celle de Lisbonne le jour précédent, à ce que dit la radio, et l'on prévoit encore de la pluie et un réchauffement. C'est pourquoi une femme seule avec enfant ne devrait pas se trouver sans raison valable sur les routes, dans des zones sombres et inhabitées, et encore moins au voisinage de ponts à voie unique, les routes étant souvent inondées.
(...)


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