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http://comite-ukraine.blogs.liberation.fr/2016/01/18/un-livre-decouvrir-litineraire-dun-survivant-du-stalinisme-en-ukraine/

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.. La nostalgie : quand donc est-on chez soi ? : Ulysse, Enée, Arendt

Couverture du livre La nostalgie : quand donc est-on chez soi ? : Ulysse, Enée, Arendt

Auteur : Barbara Cassin

Date de saisie : 01/07/2013

Genre : Philosophie

Editeur : Autrement, Paris, France

Collection : Les grands mots

Prix : 14.00 €

ISBN : 978-2-7467-3410-4

GENCOD : 9782746734104

Sorti le : 27/03/2013

  • Les présentations des éditeurs : 25/05/2013

La nostalgie, c'est la «douleur du retour», la souffrance que l'on éprouve quand on est loin de chez soi. En partant de son expérience personnelle, Barbara Cassin s'interroge sur le rapport entre patrie, exil et langue maternelle. Grande question, universelle et éminemment politique.

«Je partirai d'une expérience personnelle, en l'occurrence la nostalgie irrépressible que j'éprouve chaque fois que je suis de 'retour' en Corse. Un sentiment fort, étrange en cela que je n'ai pas mes ancêtres dans cette île, je n'y suis pas née et n'y ai pas vécu mon enfance ni ma jeunesse. Et pourtant je suis chez moi. C'est là sur une terrasse dominant la mer que mon mari est enterré, que j'y ai ma tombe, dans une terre qui ne m'appartient pas, qui est à moi-pas à moi».

La langue est patrie autant que le territoire, nous dit Barbara Cassin. Témoin, Hannah Arendt, la philosophe allemande exilée aux États-Unis pour fuir le nazisme, qui choisit de se définir non par rapport à un pays ni par rapport à un peuple, mais seulement par rapport à sa langue maternelle, qui lui manque.

En contrepoint, Barbara Cassin revient sur deux grands récits fondateurs de la nostalgie et de l'exil.
Épopée du retour impossible et sans cesse retardé à Ithaque, l'Odyssée est le poème de la nostalgie par excellence.
Dans l'Énéide, c'est sa patrie qu'Énée emporte quand il fuit Troie en flammes, avec son père Anchise sur les épaules. Les dieux l'autorisent à fonder Rome à condition qu'il adopte le latin.

Le très bel essai de Barbara Cassin questionne de façon impertinente le patriotisme contemporain : où situons-nous nos racines ?

Barbara Cassin, philologue et philosophe, est directrice de recherches au CNRS. Traductrice d'Hannah Arendt et spécialiste de philosophie grecque, en particulier de rhétorique et de sophistique, elle anime deux collections chez Fayard. Elle a dirigé le Vocabulaire européen des philosophes : dictionnaire des intraduisibles (Le Seuil, 2004). Elle participe, en 1966 au séminaire du Thor, organisé par René Char, en compagnie de Martin Heidegger. Barbara Cassin a également reçu en 2012 le Grand Prix de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.



  • La revue de presse François Busnel - L'Express, juin 2013

Quand les philosophes franchissent le mur invisible qui les sépare de leur vie privée, ils nous offrent parfois d'exceptionnelles expériences de lecture. Ainsi Barbara Cassin. Cette spécialiste de la philosophie grecque, traductrice de l'oeuvre d'Hannah Arendt, délaisse la prose universitaire pour une plongée dans les souvenirs. Elle interroge cette question qui hante nos vies à tous : la nostalgie...
Barbara Cassin nous montre que la nostalgie est un art majeur : on peut lui enlever son parfum de violette et lui rendre son grondement de forge ; loin d'être un monument aux morts et le lieu des soupirs, elle est aussi le moyen de dynamiser nos vies. Revigorant !


  • La revue de presse Eric Aeschimann - Le Nouvel Observateur du 6 juin 2013

De la nostalgie, cette idée neuve en Europe, Barbara Cassin livre une passionnante cartographie. La circumnavigation d'Homère la convainc que «la nostalgie a deux faces : l'enracinement et l'errance». L'exil d'Arendt lui prouve que l'on peut avoir la nostalgie même de la langue de l'ennemi. Alors, de quoi sommes-nous nostalgiques ? Non pas d'un chez-soi immuable (comme la propagande sur l'identité nationale veut nous le faire croire), mais d'une maison imaginaire, que nous transportons avec nous, qui ne cesse de changer et qui s'appelle «la langue».


  • La revue de presse Robert Maggiori - Libération du 4 avril 2013

Que signifie «être chez soi», quelles émotions, quelles douleurs, quelles raisons font savoir et sentir que l'on s'y trouve, alors même qu'on «se plaît et espère demeurer» à jamais «sans racines» ? Il faut interroger la nostalgie - mélancolie, spleen, blues, saudade, acédie, dor, Sehnsucht, desengaño - pour le savoir, ainsi que le rapport entre patrie, hospitalité, exil, langue maternelle... Avant de questionner une autre déracinée, Hannah Arendt, dont la langue allemande demeurera la patrie, Cassin se tourne vers son pays culturel, la Méditerranée, accompagne le Troyen Enée jusqu'au Latium, plonge dans la pensée, les mythes, les mots de la Grèce antique, suit pas à pas Ulysse jusqu'au «jour du retour», à Ithaque...
Est-ce «avec la langue de l'autre que l'on se fait une nouvelle patrie» ? Quelle langue ? Celle qui identifie, sculpte le «peuple» et exclut les «barbares», ou celles, multiples, de l'exil, qui ne font pas des racines, mais, dit Barbara Cassin, «un monde qui ne se referme pas, plein de "semblables" différents, comme soi pas comme soi».


  • Les courts extraits de livres : 25/05/2013

De l'hospitalité corse

«Elle est retrouvée. Quoi ? - L'éternité.
C'est la mer allée avec le soleil.»
Arthur Rimbaud

Une île, chez moi pas chez moi

On dirait que je rentre chez moi, mais ce n'est pas chez moi. Peut-être parce que je n'ai pas de chez-moi. Ou, plus exactement, parce que c'est quand je ne suis pas chez moi que j'ai le plus le sentiment d'être chez moi, quelque part comme chez moi. Quand donc est-on chez soi ?
Je descends d'avion, prends la voiture au garage de l'aéroport, on m'indique où se trouve la Peugeot blanche hors d'âge, toujours immatriculée 75, qui se conduit comme un camion. Je prends la route, l'été plutôt celle qui passe par la lagune, via les fruits et légumes, les gros citrons, melons, pastèques, les abricots, déjà les figues, la tomate coeur-de-boeuf, l'aubergine marbrée de mauve, la petite courgette drue. Les tunnels, les ronds-points et les ralentisseurs, puis les tournants, un par un. Ça tourne, les tournants sont intégrés dans mes mains à l'attention flottante, peut-être dans le volant. Après les gaz d'échappement, les saisons apportent leur odeur de maquis («ce souffle imperceptible de pin, cette touche d'armoise...», dit le prisonnier évadé dans Astérix, et il plonge), de mimosa, de laurier-rose, de feu, de mer. Je vois les progrès de la zone industrielle, les maisons neuves ou restaurées, peu de changement dès qu'on est sur la route du cap. Comme un cheval vers l'écurie, je rentre chez moi. C'est de cette expérience que je veux partir : le sentiment que je qualifie intérieurement de nostalgie irrépressible, que j'éprouve chaque fois que je suis de «retour» en Corse. Un sentiment fort, étrange en cela que je n'ai pas mes ancêtres dans cette île, que je n'y suis pas née et n'y ai vécu ni mon enfance ni ma jeunesse. Je ne suis pas corse, je suis née à Paris, j'y habite et j'y travaille, j'y ai fait et élevé mes enfants, dans une maison charmante, un peu sombre, en plein Paris, j'ai l'accent pointu d'une pinsoute : comment puis-je sentir à ce point que je rentre chez moi ? Comment cela peut-il me manquer à ce point d'en être longtemps, toujours trop longtemps, loin ? «Tu viens te ressourcer», me dit-on souvent quand on me voit au village, c'est une expression si étrange - quelle source, quelle ressource ? Je ne suis pas chez moi, et pourtant j'y suis chez moi. De même que l'Évangile parle d'«user des choses comme n'en usant pas» (I Corinthiens, 7, 31), je suis chez moi «comme», en tant que, je ne suis pas chez moi. C'est parce que je n'y ai aucune racine que la déracinée que je suis, que je me plais à être ou que j'espère demeurer (ma mère était d'origine juive hongroise via Trieste et les terres irrédentes, et la famille de mon père, lointains pirates barbaresques, aurait fait partie des banquiers du pape dans le comtat Venaissin), s'y trouve en effet «comme» chez elle. J'ai voulu réfléchir/rêver à la nostalgie évidemment parce que j'aime Homère, Ulysse, le grec, la Méditerranée.


  • L’amour des livres, avec Bonnelecture.fr : 25/05/2013

Quelle place tiennent les livres dans votre vie ?
Mes livres sont comme mes casseroles : ce n'est pas un livre, mais mon exemplaire, annoté, trituré, qu'il me faut pour travailler ; d'autres servent à me renseigner (ceux-là peuvent être électroniques), d'autres à me distraire ou à m'endormir, d'autres enfin, comme des phrases, m'accompagnent avec surprise tout au long de ma vie.


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