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.. Les temps mauvais : Madrid, 1936-1939

Couverture du livre Les temps mauvais : Madrid, 1936-1939

Auteur : Carlos Giménez

Traducteur : Béatrice Cornière

Date de saisie : 31/01/2014

Genre : Bandes dessinées

Editeur : Fluide glacial-Audie, Paris, France

Prix : 35.00 €

ISBN : 9782352073048

GENCOD : 9782352073048

Sorti le : 24/04/2013

  • Les présentations des éditeurs : 15/05/2013

Dans Les Temps Mauvais, Carlos Giménez aborde cette fois l'atroce guerre civile qui a préludé à la dictature de Franco, bouclant ainsi le cycle entamé avec Paracuellos.

Cette guerre, il la montre du point de vue de ceux qui l'ont subie. C'est la vie quotidienne des civils qui tâchent de survivre aux bombardements, incendies, exécutions, privations et épidémies dans Madrid assiégée.

Les pauvres bougres qui prennent les bombes sur la gueule, les ménagères qui font la queue devant les épiceries, les mioches qui rapinent des légumes dans les potagers sont les humbles héros de cette histoire.

Les Temps Mauvais, c'est la Guerre d'Espagne dépouillée de tout romantisme.



  • La revue de presse Lucie Servin - L'Humanité du 30 janvier 2014

Après Paracuellos, Barrio et Los Profesionales, Gimenez achève, avec les Temps mauvais, son cycle de chroniques de l'Espagne sous Franco. Un chef-d'oeuvre du 9e art...
Dans ce recueil, toutefois, le dessinateur ne s'inspire pas d'éléments autobiographiques, mais tisse un scénario crédible nourri de récits et de témoignages. L'ensemble n'en est pas moins convaincant et la justesse du traitement historique s'équilibre savamment à travers l'humanité des personnages confrontés à l'horreur quotidienne de la guerre, l'omniprésence et la banalisation de la mort. De la micro à la macrohistoire, ces récits accèdent à l'universalité par l'anecdote. Le génie du dessinateur, sans considération partisane, immerge son lecteur dans la réalité de cette guerre tout en faisant prendre conscience du prix inestimable de la paix.


  • La revue de presse Romain Brethes - Le Point du 13 juin 2013

Les temps mauvais forment un kaléidoscope de scènes à l'extraordinaire puissance visuelle. Goya des temps modernes, Gimenez peint le tableau d'un monde plein de chaos et de fureur, où seuls les enfants ont encore la force de croire en des lendemains qui chantent.


  • Les courts extraits de livres : 15/05/2013

SURVIVRE À MADRID

Ses lecteurs le savent, Carlos Giménez a grandi à la dure, dans les orphelinats de l'assistance sociale de la Phalange, où les gosses étaient nourris de paires de torgnoles, chauffés à coups de pied aux fesses et encadrés par des instructeurs qui n'étaient rien d'autre que des tortionnaires. Après avoir été transbahuté de foyer en foyer, il est revenu adolescent dans son quartier madrilène. Carlos a appris son métier de dessinateur très jeune, sur le tas, dans un studio de bande dessinée barcelonais, à une époque où les dessinateurs de BD n'étaient pas considérés comme des «auteurs» ou des «bédéastes», mais simplement comme de petites mains quasi anonymes qui usinaient à la chaîne des histoires de cow-boys, d'anticipation ou de détectives.

À travers Paracuellos, puis Barrio et Les Professionnels, Carlos Giménez a dessiné une chronique sensible de l'Espagne depuis les débuts de la dictature franquiste jusqu'à sa fin, relatant en filigrane l'évolution de son pays, des années 1940 aux années 1970 : une nation sous la botte, dont les enfants grandissaient en ânonnant des prières, en marchant au pas cadencé et en saluant les couleurs de la Phalange ; une société tiraillée entre conservatisme et modernité où les adultes tâchaient de profiter sans trop moufter du timide essor économique des années 60, tandis que la jeunesse s'enhardissait à sortir des clous, encouragée par les échos du rock et des révoltes estudiantines venus d'au-delà des Pyrénées.

Dans Les Temps mauvais, Giménez raconte cette fois l'histoire de la génération précédente, celle qui a vécu les trois terrifiantes années de guerre civile qui ont préludé aux quatre décennies du régime «national-catholique» imposé par le Caudillo. C'est le destin d'une famille ordinaire qui sert de fil conducteur aux multiples saynètes qui composent Les Temps mauvais. Le père, Marcelino, travaillait dans une usine de gaines qui a fermé au début de la guerre. La mère, Lucia, femme au foyer, élève ses quatre enfants. Ces pauvres mioches affamés, avec leurs genoux cagneux et leurs chaussettes tire-bouchonnées sur leurs maigres mollets, sont en somme les grands frères des orphelins de Paracuellos et des ados de Barrio. Le lecteur suit les tribulations de ces modestes héros à travers les mille calamités de ces temps mauvais dans Madrid, capitale de l'Espagne et ville la plus meurtrie par la guerre civile, assiégée dès le mois de novembre 1936 par l'armée de Franco.

Marcelino est un type ordinaire, humble et fataliste, un modéré animé seulement de velléités de révolte contre l'injustice sociale. Ce brave homme, bon ouvrier, bon père de famille, n'a qu'un seul vice : le tabac ; un handicap : il est dur d'oreille ; un défaut : il est un peu lâche. Pourtant, par humanité, cet homme de gauche, même s'il hait le fascisme, est capable d'aider le fils phalangiste de sa patronne qui se cache pour échapper à une exécution, ou d'exhorter son propre beau-frère, menacé de mort, à passer dans le camp d'en face.

Car, quand la guerre a éclaté, les Espagnols se sont soudain trouvés scindés entre «fascistes» et «rouges» - comme les adversaires se qualifiaient réciproquement et sans faire de détails. Carlos Giménez essaie d'échapper à ce manichéisme et ne craint pas de montrer qu'il y avait des salauds et des braves gens, des victimes et des bourreaux dans chaque camp.

La guerre civile, Giménez ne l'aborde ni en historien ni en idéologue. Dans Les Temps mauvais, pas de chiffres des pertes militaires et civiles, ni de récits de bataille. Giménez dépeint la guerre en mémorialiste et en chroniqueur, tissant son histoire d'anecdotes dérisoires, de mille détails qui, pris séparément, peuvent sembler insignifiants, mais qui composent une fresque terriblement vivante du quotidien des gens ordinaires piégés sous les bombes, soumis au lancinant supplice des privations, du froid et des maladies.

Carlos Giménez ne cherche pas à respecter exactement la chronologie du siège de Madrid. S'il commence bien par le début des événements, avec l'échec initial du putsch militaire dans la capitale, pour terminer par la victoire franquiste, entre ces deux repères, il enchaîne les faits un peu dans le désordre, avec des bonds en avant et des retours en arrière, comme au gré capricieux de la mémoire.

(...)


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