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Esseulé à Paris dans une canicule estivale, le narrateur, Gilles Morgenstern, revoit ses années de mariage. Ariane, sa femme, est partie non avec un amant mais avec une amante. L'époux délaissé, éminent critique gastronomique, imagine, rêve, présage de ce qui se passe entre Mona et la fugitive dans la suite luxueuse de l'hôtel Lenoir, à Fontainebleau. Il sera bien en dessous de la réalité. Intervient ici l'histoire de la petite culotte : au cours de treize ans de vie commune, Ariane répudie peu à peu les trésors de lingerie fine dont son mari n'a de cesse de la combler et qu'il manie comme autant d'objets indiquant le decrescendo du désir conjugal. Manquante, la pièce incriminée, une culotte de soie blanche, est aussi mythique aux yeux de Gilles que la pantoufle de Cendrillon. Offerte par le dernier de ses prétendants avant qu'elle ne se marie, Ariane a toujours refusé de la porter devant lui. Qu'elle l'ait prélevée à ses tiroirs tend à prouver la nature de ses rapports avec Mona. Par 35° à l'ombre, Gilles Morgenstern va de rêves bleus en cauchemars embrasés où sa femme disparaît en compagnie de sa maîtresse.
La revue de presse Annick Geille - Le Figaro du 7 juillet 2005
Ceux qui, abusés par un titre, imagineraient un livre à caractère pornographique en seront pour leurs frais. Faisons comme s'il fallait le prendre au second degré puis qu'il recouvre, en fait, une réflexion sur la dépendance amoureuse. Qu'est-ce que l'emprise sexuelle et affective ? Comment l'Autre, ce fameux «Petit Dieu» cher à Roland Barthes, nous dévore-t-il, avec notre bénédiction ?
L'auteur se garde de répondre, c'est un roman qu'elle écrit, non une théorie. Personnages et faits lui suffisent. Le couple hétérosexuel qui l'occupe se tient rarement par la main en regardant dans la même direction. On dirait plutôt qu'entre Temesta, pétards, caféine et Chivas, toutes substances qui aident à supporter le mariage, mais coupent l'appétit, l'on prend un malin plaisir à peindre l'enfer conjugal. Proches, quoique radicalement séparés, rejetant la fusion, mais chérissant leurs chaînes, Gilles et Ariane pourraient avoir comme devise : «Ni avec toi, ni sans toi.» Avec un humour que l'on ne trouve pas couramment, Muriel Cerf décrit une sorte de cannibalisme...