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_ Le manuscrit perdu de Jonah Boyd

Couverture du livre Le manuscrit perdu de Jonah Boyd

Auteur : David Leavitt

Traducteur : Philippe Rouard

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Denoël et d'ailleurs

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-207-25689-3

GENCOD : 9782207256893

  • Les présentations des éditeurs : 14/05/2006

Judith "Denny" Denham a trente ans, elle est grosse, criblée de taches de rousseur et porte des chemises d'homme. Et pourtant, elle combine les titres : "secrétaire efficace, maîtresse disponible, meilleure amie de l'épouse"...



  • La revue de presse Michèle Gazier - Télérama du 9 novembre 2005

En 1986, David Leavitt déboulait avec un éblouissant recueil de nouvelles : Quelques pas de danse en famille, qui le plaçait illico au premier rang des lettres américaines. Près de vingt ans plus tard, à 44 ans, il a perdu un peu de son éclat frondeur, pris de la bouteille. Mais Le Manuscrit perdu de Jonah Boyd reste un livre étonnant. Acidité corrosive, implacable regard sur les milieux universitaires américains, humour noir, perversité sous-jacente affleurent sous l'écriture apparemment lisse d'un récit à la première personne. C'est Judith Denham, alias Denny, secrétaire d'Ernest Wright, professeur de psychologie à Wellspring, Californie, qui raconte l'histoire. Célibataire aimant la bonne chère et l'amour sans amour, Denny est régulièrement invitée chez les Wright. Nancy, l'épouse d'Ernest, volontiers tyran domestique, lui a mis le grappin dessus, se la réservant comme partenaire de piano, et si besoin comme aide ménagère... Le Manuscrit perdu de Jonah Boyd est un livre à tiroirs qui dévoile peu à peu ses pièges. On y entre comme dans une histoire intime, guidés par la seule voix de Denny l'anticonformiste, la boulotte rigolote que les hommes trouvent délicieusement confortable. Et, peu à peu, cette drôle de narratrice et ces gens paisibles dont elle nous raconte l'histoire perdent leur éclat exemplaire...


  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Point du 8 septembre 2005

Réputé pour ses nouvelles souvent proches de celles de John Cheever («Quelques pas de danse en famille», «L'art de la dissertation») et pour ses romans sur les secrets («Tendresses partagées»), David Leavitt, que l'on avait perdu de vue depuis quelques années, réapparaît en France avec «Le manuscrit perdu de Jonah Boyd», qui tranche quelque peu avec ce que l'on connaissait de son oeuvre et, plus que Cheever, évoque Nabokov et ses jeux sur la littérature.

Certes, le roman commence bien par une scène de famille typique de l'écrivain : un repas de Thanksgiving, en 1969, dans une grande maison sur le campus d'une université californienne... on admire la maîtrise de l'auteur, et on est content de voir qu'il n'a rien perdu de sa sensibilité dans la peinture des crevasses capables d'engloutir des familles entières.


  • La revue de presse Elizabeth Gouslan - Le Figaro du 6 octobre 2005

Dans la famille Wright, demandez le père. Ernest, universitaire côte Ouest, spirituel et comblé. Sorte de vedette intime de la petite ville de Wellspring, professeur et psychanalyste adulé, portant lunettes d'écaille et noeud papillon : avec lui, la névrose est toujours obsessionnelle, souvent curable, et il suffit de connaître son complexe d'OEdipe sur le bout des doigts pour posséder un cabinet qui ne désemplit pas.

Ernest est un freudien épanoui et simpliste qui a baptisé son cocker Hans et sa chatte Dora, références ostensibles aux Cinq leçons sur la psychanalyse. La mère, Nancy, beauté brune, sculpturale, théâtrale, autoritaire, circule en djellaba, évoquant une Sophia Loren qui aurait été domptée par la Paramount. Nous sommes à la fin des années 70. Nancy a raté la révolution des moeurs ; elle ne souhaite donc rien d'autre qu'un intérieur éblouissant, doté des derniers perfectionnements ménagers. Elle peut partir en safari toute une journée pour acquérir une toile de Jouy hors de prix, et, surtout, en mère juive respectable, elle entend donner à Mark, à Daphné et à Ben les moyens de réussir leur vie.

Voilà comment David Leavitt excelle à peindre la bourgeoisie californienne rangée et son supplément d'âme... Multiplicité des points de vue, finesse psychologique, ton acidulé, Leavitt offre un roman familial doublé d'une analyse des affres de la création. On déplore un dénouement prévisible, faustien et un peu trop moral, mais l'intrigue, puissante et nourrie, n'en est pas diminuée.


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