Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
est notre partenaire « Télé » : chaque jeudi soir, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie ».
est notre partenaire « Radio ». Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche soir, François Busnel reçoit deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée.
est notre partenaire « Presse écrite ». Découvrez en exclusivité le palmarès des livres préférés des libraires de France.
Auteur : Pierre Péju
Date de saisie : 18/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-07-077544-6
GENCOD : 9782070775446
Au début des années soixante, dans la forêt qui entoure une petite ville de Bavière faussement paisible, a lieu un drame effroyable que le secret et le silence recouvrent bien vite. Paul Marleau est un adolescent français (lui séjourne en Allemagne chez un correspondant. Il fait la connaissance de Clara, fille d'un ancien médecin de la Wehrmacht. Enfants de la paix, ils comprennent que des " fêlures de guerre " se propagent dans la douceur apparente de leur époque. Guerres que l'on croit finies, ou guerres actuelles jamais très lointaines. Mais les années passent. Clara devient photographe et Paul sculpteur. Ils s'attirent autant qu'ils se fuient et leurs chemins ne cessent de se croiser puis de se séparer. D'autres personnages bouleversent leurs existences : Max Kunz, professeur de philosophie et ancien soldat d'Algérie, Philibert Dodds, artiste solitaire qui vit dans le Vercors, ou Jeanne, la jeune sage-femme pleine d'énergie. Roman de guerre, roman d'amour, méditation sur le mal, sur l'art et le bonheur, Le rire de l'ogre est l'histoire de toutes ces vies confrontées à l'ambiguïté et à la brutalité du siècle.
Pierre Péju est l'auteur de La Petite Chartreuse (prix Inter 200, traduit en quatorze langues et adapté au cinéma par Jean-Pierre Denis en février 2005) et de Naissance aux Editions Gallimard.
Les contes proposés dès la petite enfance ont une cruauté nue qui effraie aujourd'hui sans cesser de fasciner. Ouvert par une énigmatique parabole sur un couple de frère et soeur, perdus dans une forêt à l'orée d'un monde en guerre, où tout s'est abîmé, et fermé sur un épilogue faussement apaisant, Le Rire de l'ogre, nouveau roman de Pierre Péju, joue de cet effroi tout en en traquant le mystère.
Auréolé du succès populaire inespéré que lui valut son précédent opus, La Petite Chartreuse (Gallimard, 2002), Livre Inter 2003 porté à l'écran par Jean-Pierre Denis (2005), le romancier offre là autant une méditation sur le mal qu'une réflexion sur le sens de l'engagement artistique face à l'horreur absolue...
Un gros monsieur et une petite fille, dans la Petite Chartreuse, le précédent roman de Pierre Péju, luttaient contre le malheur. L'homme se sentait des mains d'assassin. A bord de sa camionnette de libraire, il avait renversé l'enfant d'un mauvais coup de volant, la petite s'était retrouvée dans le coma. A un moment, la mère, une jeune femme transparente à force de solitude, posait ses doigts de fée sur la patte de l'ours. Celui-ci devait connaître de très beaux et très brefs moments d'euphorie : l'enfant s'est réveillée, il l'emmène dans la montagne, «les deux mains disproportionnées se fermèrent l'une dans l'autre». Et puis ça tourne mal, ils ne se promèneront plus jamais main dans la main. Le bon gros géant n'était pas assez fort. Pierre Péju écrit : «Il songeait à cette poudre d'enfance qu'il n'avait su retenir entre ses doigts épais.»
L'image se prolonge d'un livre à l'autre, comme si l'auteur l'avait élue à la fois pour des raisons personnelles, par exemple un souvenir, et pour autre chose, d'une autre portée, pourquoi pas l'humanité et son corollaire, la barbarie. Des doigts d'enfants et des grandes mains d'adultes s'encastrent tout au long du Rire de l'ogre.Il y aura, vers la fin, la fermeté rassurante d'une étreinte paternelle, elle hisse les gamins fatigués en haut d'un sentier. Le narrateur est sculpteur, son destin romanesque est d'être marié et d'avoir un garçon et une fille, ils sont installés du côté du Vercors. Auparavant, un père allemand aura entraîné ses petits dans la forêt, pour les étouffer. Hansel et Grethel ne sont pas loin, comment ne pas penser à eux, abandonnés, en danger de mort dès le prologue en forme de conte qui ouvre le Rire de l'ogre. Le rire, l'ogre, la démesure du mal. Ce n'est plus la tristesse prégnante, assez mystérieuse, de la Petite Chartreuse. On change d'échelle. La Seconde Guerre mondiale, le front russe, les massacres, la paix empoisonnée par «le malheur à retardement», la guerre d'Algérie, mai 68, 2037. Un siècle, une superproduction... Pierre Péju, l'écrivain capable de fresque, sait aussi se faire léger, comme dans la Vie courante, où il procède aux «relevés à main levée du relief des jours».
Ils avaient 16 ans au début des années 1960, et ils croyaient que c'était le plus bel âge de la vie. Ils ne savaient même pas qu'ils étaient des enfants de la paix. La guerre, ils ne l'avaient pas connue. Et pourtant, elle était là, partout, elle n'en finissait pas de finir. Chronique d'un pourrissement.
Pour perfectionner son allemand, le jeune Paul Marleau séjourne à Kehlstein, une petite ville paisible de Bavière. C'est joli, la Bavière, l'été. Les forêts y sont hautes, les lacs endormis et l'air a la pureté du cristal. Il rencontre Clara. Elle est brune, solitaire et obsessionnelle. Elle filme tout et n'importe quoi avec une petite caméra. Fille d'un ancien médecin de la Wehrmacht, elle est pleine d'histoires effrayantes - les massacres perpétrés par les SS en Ukraine - que son père a notées dans un carnet et qu'elle raconte en détail à Paul. Les studieuses vacances de 1963 tournent au cauchemar... dans ce roman de formation aux accents lyriques et aux questions en suspens, Pierre Péju a mis beaucoup de lui.
Cette histoire où le passé ne veut pas mourir, où l'on tue des enfants juifs et où même le grand silence de la nature est suspect contient tout ce que, de «Naissances» à «la Petite Chartreuse», cet auteur inclassable, intranquille et hypermnésique ne cesse d'écrire. Dans un style à la fois raffiné et rugueux qui ressemble à la définition que, dans «le Rire de l'ogre», l'étonnant sculpteur Philibert Dodds confie à Paul Marleau : «Au fond, je suis un primitif. Je ne sais pas ce que je fais quand je cogne. Je sculpte en aveugle, à l'oreille. La pierre, faut savoir l'écouter.» La prose de Pierre Péju aussi.
C'est une histoire d'ombre et de lumière, de forêt et de clairière, de mémoire et de honte. C'est une histoire grave portée par un souffle majestueux, une prose légère, une belle intelligence romanesque. Dernier cadeau de Pierre Péju, Le Rire de l'ogre, qui vient d'obtenir le prix Roman Fnac 2005, devrait ravir les 250 000 lecteurs de La Petite Chartreuse, consacré - déjà ! - en 2003 par le prix du Livre Inter. Eté 1963, Bavière : Paul Marleau, 16 ans, débarque chez son correspondant allemand, à Kehlstein. La vie y coule paisible, malgré les non-dits et les fantômes du passé, dans les maisons proprettes d'une riante vallée. Seule rescapée de l'amnésie collective, Clara Lafontaine,...
L'art serait-il seul apte à raconter l'horreur ? L'amour est-il le remède suprême ? Comment les êtres parviennent-ils à produire, ensemble, une si grande quantité de mal ? Autant de thèmes éternels que Pierre Péju revisite tout en finesse.
Nous suivons l'itinéraire de Paul depuis l'adolescence jusqu'à son grand âge. Découvrant au passage ceux que le hasard, ou les «affinités électives», place sur son chemin. L'amour impossible de Paul pour Clara est le fil rouge de l'intrigue. Fille d'un ancien de la Wehrmacht, Clara, traumatisée par les actes qu'il a commis, deviendra photographe de guerre pour mourir au combat en victime expiatoire. Comme le Schiller du Visionnaire et de Criminel par infamie, Pierre Péju est hanté par le problème de la faute et du rachat. Le récit, dépourvu de chronologie, mêle astucieusement les époques... Sur le mode réaliste, donc, avec quelques descriptions de paysages de nature à créer un climat de fantastique, le roman joue sur les ressorts de l'inconscient collectif et les archétypes du conte. L'intime et l'universel se marient grâce aux figures concentriques que l'auteur trace autour de ses héros, cercles liés entre eux par des séquences oniriques, pour dire l'indicible, car l'auteur croit aux phénomènes inexpliqués. Comme chez Perrault, forêts, clairières, lacs et fontaine abondent dans l'odeur entêtante des roses de jardin. Péju sachant avec habileté montrer combien nos vies tiennent à un fil. Et pas seulement en période de guerre, mais dans la vie ordinaire aussi... Il n'y a chez Péju, jungien dans l'âme et philosophe, aucun désir de soutenir une thèse à travers un récit. Il se contente de suivre sa voix intérieure, qui est celle d'un inspiré quand il se montre conscient du désordre du monde....
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia