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Auteur : Shirley Hazzard
Traducteur : Claire Céra
Date de saisie : 10/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Du monde entier
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-07-077176-9
GENCOD : 9782070771769
1947 : la paix a un goût étrange. L'Angleterre est en ruine, la Chine attend la victoire de Mao, le Japon est hanté par ses crimes de guerre et par Hiroshima. Entre ces trois pays navigue Aldred Leith, sinologue, fils d'un romancier célèbre, héros blessé au combat. Comme tous ses contemporains, il oscille entre euphorie et désillusion, soif de vivre et peur du vide. Et il se pose une question lancinante : quel sens donner à cette existence qu'il a failli perdre ? Comment justifier d'avoir survécu ? Et puis, dans le monde d'ambitions et d'intrigues des troupes d'occupation, il croit retrouver une innocence perdue, incarnée par deux adolescents cultivés et fervents : un jeune homme voué à une mort prochaine et sa sueur, tout droit sortis d'un conte de fées. Cela peut-il suffire à reconstruire un monde ? Jamais sans doute le climat de l'après-guerre n'a été évoqué avec une telle précision, une telle intensité charnelle. Mais Shirley Hazzard excelle tout autant à ciseler l'intime sur fond de tourmente collective, donnant à ces destins une portée intemporelle et universelle. Avec cette oeuvre inoubliable alliant richesse poétique et justesse de ton, subtile perfection classique et fulgurances de style, elle s'impose plus que jamais comme une romancière majeure de notre temps, qu'il est urgent de découvrir.
Née en Australie, fille de diplomates, amie de Graham Greene, Shirley Hazzard a beaucoup voyagé en Asie et en Europe. Elle est l'auteur de plusieurs romans, dont The Transit of Venus (1981), mais aussi d'essais et de nouvelles. Aux États-Unis, Le Grand Incendie a été couronné par le National Book Award.
Dans son nouveau roman, Shirley Hazzard mêle destin et intrigue avec finesse. Un enchantement ! Shirley Hazzard, c'est de la haute couture, et un gage d'élégance. On entre dans ses livres avec l'impression de se glisser sous des lambris où scintillent encore des oeuvres éblouissantes - celles d'Edith Wharton et de Henry James...
Entre tous ces personnages, les intrigues se nouent et se dénouent, rebondissent, se croisent : ce sont les «spasmes de la mémoire» que la romancière met ici en scène avec un doigté tchékhovien, tout en superposant la valse vertigineuse des amours et la course des astres. Sous le signe de Vénus, cette étoile dont la belle Caro semble être le reflet, pour mieux éblouir les hommes. Restent les paysages, que Shirley Hazzard peint en aquarelliste délicate, dans les remous d'un récit où tout s'accorde subtilement, émotions, désirs, décors, petites histoires et grande histoire. Oui, c'est bien du côté de Henry James et d'Edith Wharton qu'il faut ranger la trop discrète Australienne, dont les deux livres enchantent. Heureuse Hazzard.
Sur les traces d'un rescapé de la Deuxième Guerre mondiale.
Après Elliot Perlman et Ambiguïtés (Robert Laffont), voici Shirley Hazzard, délicate spéléologue des âmes qui débarque avec un petit bijou couronné aux Etats-Unis par le National Book Award. Le grand incendie dont il est ici question est celui de la Seconde Guerre mondiale. Lorsque s'ouvre le roman, en 1947, la planète n'est plus qu'un tas de cendres. Comment survivre à cette apocalypse ? Comment se reconstruire ? Aldred Leith, le héros, est hanté par ces questions-là. A 32 ans, ce sinologue britannique est revenu sonné du combat : la longue cicatrice qui lui laboure la poitrine lui rappelle qu'il appartient à une génération sacrifiée... un roman incandescent, qui brûle d'une lumière noire.
... Shirley Hazzard naît en Australie en 1931, où son père, un Anglais, émigré dans les années 20, s'est lancé dans le commerce de l'acier. Au lendemain de la guerre, la famille voyage dans tout l'Extrême-Orient. Ce paysage, celui de l'enfance de la romancière, est aussi celui qui compose Le Grand Incendie - la première et partielle traduction en français d'une oeuvre à découvrir. Distingué par le National Book Award, le récit, de facture classique, retrace l'amour passionné, et d'abord condamné, entre un vieux jeune homme brisé et une très jeune femme. Leith, âgé de trente-deux ans, fils d'un écrivain en vue, a connu la guerre et ne cesse de traîner le deuil de sa jeunesse et du conflit - «La paix nous oblige à réinventer», dit-il - une sorte de leitmotiv pacifiste, sotto voce, qui court dans d'autres pages de la romancière - et, notamment, dans Le Transit de Vénus...
Sans doute le Grand Incendie est-il un roman d'amour. En 1947, un héros britannique rencontre au Japon, à quelques kilomètres d'Hiroshima, «une fillette apportée par les fées». Il a le flanc labouré par les blessures qui auraient dû le tuer et l'ont bardé de médailles. Comment revenir à la vie civile ? On entrevoit de lui sa discrétion intimidante, sa lassitude proche, sa curiosité intacte pourtant. Il porte le prénom inusité d'Aldred. Aldred Leith, 32 ans, a deux fois l'âge d'Helen Driscoll, fille d'un couple infect, soeur d'un garçon atteint d'une maladie incurable.
Ambiance de bout du monde, épaves élégantes oubliées par le conflit planétaire, victimes différées. Les morts d'Hiroshima sont omniprésents mais hors champ, «le secret entourant la catastrophe et ses conséquences est jalousement gardé par l'American Bomb Survey», écrit Aldred à son ami Peter. Puis Aldred s'installe. Helen et son frère sont un miracle de grâce, d'innocence et de culture au milieu de la trivialité arrogante des vainqueurs. Aldred devient leur ami, leur passerelle vers l'extérieur... Shirley Hazzard décrit Hongkong et ces années 47-48 telles qu'elle les a connues, fille de diplomate. Comme Aldred Leith, elle a passé son enfance en Asie. Elle est née en 1931 ; à l'âge d'Helen Driscoll, 15 ou 16 ans, les services secrets britanniques l'ont recrutée. Elle est Australienne, comme Peter Exley, et comme lui, a préféré un jour l'Italie aux antipodes.
Shirley Hazzard n'avait pas publié de roman depuis plus de vingt ans lorsque ce Grand Incendie par quoi nous la découvrons en France a remporté aux Etats-Unis en 2003 le National Book Award.
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