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.. Dust

Couverture du livre Dust

Auteur : Sonja Delzongle

Date de saisie : 25/06/2015

Genre : Policiers

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Sueurs froides

Prix : 20.90 €

ISBN : 9782207124413

GENCOD : 9782207124413

Sorti le : 02/04/2015

Nous aimons voir peur. Les écrivains le savent et s'intéressent à ce qu'il y a de l'autre côté de nos effrois, de l'autre côté de notre âme. Cette fascination explique sans doute le succès de la collection Sueurs froides chez Denoël. La romancière Sonja Delzongle (qui a grandi entre Dijon et la Serbie) a compris notre attirance pour la peur. Sa passion pour l'Afrique ajoute à ce don une dimension originale (L'Afrique est rarement au coeur des romans policiers). Sonja Delzongle sait que le Kenya par exemple est déchiré entre ultra modernité et superstitions. Ce contraste lui permet de signer un roman d'une force terrifiante, qui nous fait littéralement trembler.

2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s'amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d'une longue série.
2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.
Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s'emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l'envers du décor est violent, brûlant, déchiré. Mais elle ne s'attend pas à ce qu'elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d'albinos vont l'emmener loin dans les profondeurs du mal.

Entre l'écriture de deux romans, Sonja Delzongle aime se recueillir dans ses chères montagnes du Vercors. Leur silence et leur temps suspendu, confie-t-elle, est un pieux refuge à l'inspiration. A lire ses romans noirs, fascinants de trouille, on comprend que la montagne apporte à l'auteure une paix et une solidité salutaires. Pour l'intense bonheur des lecteurs tremblants.


  • Le courrier des auteurs : 27/06/2015

1) Qui êtes-vous ? !
Sonja (prononcer Sonia) Delzongle, auteur de thrillers. À part ça, une citoyenne normale (enfin je pense) qui va chercher son pain presque tous les jours et voter, quand c'est le moment.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La différence, au travers des persécutions qui touchent les albinos dans certains pays d'Afrique dont la Tanzanie, le Burundi et le Kenya. Le pouvoir aussi, par ce même prisme. Et la notion de vie et de mort qui prend une tout autre dimension en Afrique.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Deux phrases :

"En Afrique, vous allez voir ce que vous ne verrez nulle part ailleurs. Au début, vous croirez que votre esprit vous joue des tours, mais c'est tout simplement parce que, ici, les forces de la nature sont impénétrables."

"Son objectif était pédagogique. Couper le mal à la racine. Faire entendre aux jeunes générations que l'albinisme, une différence génétique, n'altérait en rien l'intelligence et l'humanité des personnes. Et surtout, que les «nègres blancs» n'étaient ni des êtres nuisibles ni des créatures douées de pouvoirs surhumains − comme l'assuraient certains qui avaient tout intérêt à ce que vivent ces croyances populaires − mais des êtres humains comme les autres."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Celle de la vie et de la mort. Du sang qui s'écoule au goutte à goutte.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Toutes les émotions qui m'ont traversée durant l'écriture de ce livre.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Une heure de gym au lever, promenade du chien, petit-déjeuner de roi, écriture, déjeuner de prince, écriture, sortie du chien, écriture, collation, écriture, petite bière avant les nouvelles et un dîner de pauvre.
La musique de fond dépendra de mon état d'esprit de fond.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Souvent quand je n'y pense pas.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Oui, à peu de chose près... je me disais modestement : "un jour mes livres seront publiés"

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Oui, le jour où j'ai su lire.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Le jour où je le saurai, peut-être que j'arrêterai d'écrire...


  • Les présentations des éditeurs : 27/06/2015

Quelque part en Afrique, la mort rôde...

2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s'amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d'une longue série.
2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.
Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profiteuse de renom, va s'emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l'envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultramodernité et superstitions. Mais elle ne s'attend pas à ce qu'elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d'albinos vont l'emmener très loin dans les profondeurs du mal.

Née en 1967 d'un père français et d'une mère serbe, Sonja Delzonple a grandi entre Dijon et la Serbie. Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal afro-asiatique, six années de journalisme et la tenue d'un bar de nuit) et écriture.


  • Les courts extraits de livres : 27/06/2015

Nairobi, 7 h 29

Le jeune Salim avait déjà vu du sang dans sa courte vie. À commencer par le sien, qui coulait d'une plaie après qu'il se fut entaillé un doigt ou écorché les genoux. Il savait même que les filles, à la puberté, en perdaient tous les mois et que c'était le signe qu'elles étaient devenues des femmes. Il en avait vu aussi à la télévision et dans la rue. Des images gluantes, le bitume ou la terre, rougis du sang versé lors de combats fratricides. Des crimes, des guerres sans fin.
Le sang était la vie et la mort.
Ce matin de juin, debout sur son vélocross, à évaluer les aspérités exploitables du sol à des fins acrobatiques, il fit une découverte singulière.
Sur le terrain vague des faubourgs de Nairobi où il avait l'habitude de se retrouver avec ses copains, un miroir pourpre réfléchissait les rayons du soleil naissant.
Il donna quelques coups de pédale et s'approcha, tel un animal curieux. La chose se révéla plus précisément. C'était la surface lisse et luisante d'une grande flaque de sang encore frais, dont l'odeur métallique avait dû alerter les deux hyènes qui venaient de s'enfuir, dérangées dans leur festin par le petit d'homme et sa monture.
Les charognards se risquaient rarement aux abords des villes. Mais le sang sur la terre desséchée avait attiré les animaux nécrophages à plusieurs kilomètres.
Salim regarda partout autour. Il manquait quelque chose à cette scène. Un corps, un cadavre. Le garçon émit un petit sifflement. Il avait dû être sacrement amoché, le type. Un homme, ou une femme. Peut-être un enfant. Salim grimaça.
Où était-il passé, le mort ? Enterré quelque part ? Dévoré ? Le plus étrange dans tout ça, c'était la forme de cette traînée de sang. Celle d'une croix.
L'enfant demeura là, devant, immobile sur son vélo, le menton frémissant, partagé entre son appréhension et l'excitation d'avoir découvert quelque chose d'insolite. Ses yeux tombèrent dans leur propre reflet, une paire de prunelles noires, incertaines, au fond du miroir sanglant, où il vit son visage se rider doucement, puis se troubler. Il fit une boule de salive qu'il cracha dans la flaque. Elle laissa une empreinte blanchâtre avant de se dissoudre. Il balaya les environs du regard. Personne en vue. Ses frères avaient du retard ou bien ne viendraient pas aujourd'hui.
Soudain, poussant un cri de guerre, il appuya d'un coup sec sur la pédale et la 'roue avant de son bicross plongea dans la traînée rougeâtre, fendant avec un bruit mouillé la pellicule visqueuse qui avait commencé à se former à la surface.
Les baskets et le cadre de son vélo couverts de mouchetures pourpres, Salim freina, soulevant une volute de poussière. Il fît brusquement demi-tour dans un crissement de pneus et fonça droit sur la croix sanguinolente, comme si elle n'était qu'une vulgaire trace de peinture fraîche. À chaque passage forcené, les roues du bicross dessinaient des arabesques rouges. Bientôt, il n'y eut plus que des graffitis écarlates dans la poussière.


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