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.. Les conséquences

Couverture du livre Les conséquences

Auteur : Nina Weijers

Traducteur : Sandrine Maufroy

Date de saisie : 14/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 22.80 €

ISBN : 9782330063153

GENCOD : 9782330063153

Sorti le : 01/02/2017

  • Les présentations des éditeurs : 08/02/2017

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Qu'est-ce que vivre ? Est-ce autre chose qu'être vu par autrui ? Hantée par ces questions, au sortir de l'École des beaux-arts d'Amsterdam, Minnie Panis devient une artiste conceptuelle renommée. Les étranges séries de photos qu'elle produit montrent des traces de son existence, mais jamais elle-même.
Le choc est d'autant plus violent lorsqu'elle se découvre un jour, presque nue, offerte à tous les regards en couverture d'un célèbre magazine de mode. Minnie n'est pas femme à subir un tel "vol d'image" sans réagir : de cette mésaventure surgit un nouveau projet aux implications radicales, où elle entraînera le voleur et se mettra elle-même, plus que jamais, en danger.
Si Minnie s'interroge tant sur sa vie, c'est qu'elle a bien failli ne pas naître, et ensuite ne pas survivre. A plusieurs reprises, les interventions d'un mystérieux médecin aux méthodes New Age, le Dr Johnstone, l'ont sauvée. Mais elle ne peut en avoir gardé le souvenir...
Cet éblouissant premier roman ne cesse de nous surprendre : on croit lire une satire de la scène artistique contemporaine et l'on se retrouve embarqué dans une aventure métaphysique, habilement masquée par une ironie étincelante et une érudition drolatique, qui nous entraîne d'Hildegarde de Bingen à David Bowie et du calendrier maya à Samuel Beckett. Que reste-t-il de l'art et de la vie quand les deux se confondent ? Ce roman lui-même est une expérience, son titre une clef à garder en mémoire à chaque page.

Née en 1987, Niiia Weijers a étudié la littérature à Amsterdam et à Dublin. Acclamé par la critique, son premier roman, Les Conséquences, lui a déjà valu trois prix littéraires prestigieux aux Pays-Bas et en Belgique. Nina Weijers vit et travaille à Amsterdam.



  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot - Le Point, mars 2017

Dans son premier roman "Les Conséquences", l'auteur hollandaise Niña Weijers met en scène une femme artiste contemporain. Osé, étourdissant et lumineux. Rares sont les romans qui osent parler d'art contemporain. Fait d'autant plus étrange que c'est un domaine des plus romanesques, tant s'y combattent le chic et le toc, le choc et le cash, le trash et la triche, mais aussi le beau et le bizarre, le «Sans titre» et la logorrhée explicative, le pur instinct et la posture, le cirque et le vrai désir de changer le monde. Il y a tout cela dans le premier roman de Niña Weijers, qui a connu un vrai succès aux Pays-Bas, où elle est née il y a vingt-neuf ans.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 2 mars 2017

Avec son premier roman, Les ­Conséquences - qui lui a valu de nombreuses traductions et une jolie moisson de prix littéraires aux Pays-Bas et en Belgique -, Niña Weijers s'est imposée d'un coup...
La naissance. L'identité flottante. Qui on est dans le regard d'autrui... Ces thèmes sont au coeur des Conséquences. Au début, pourtant, le livre ressemble davantage à une série de variations brillantes sur la scène artistique contemporaine. Fraîchement diplômée des Beaux-Arts d'Amsterdam et branchée jusqu'au bout des ongles (...), Minnie Panis est photographe...
Dès les premières pages, le ton est donné. Ironique et acidulé. Weijers se moque du narcissisme extrême qui imprègne ce milieu. Elle nous épargne l'assommante question «Qu'est-ce que l'art ?», mais s'interroge sur celle des frontières. Entre l'oeuvre et la vie. Le vu et le tu. Le montré et le caché...


  • Les courts extraits de livres : 08/02/2017

Minnie était assise en face de sa mère dans un grand café-restaurant au bord de l'eau. C'était un endroit bruyant, avec une carte prévisible et trop chère, une décoration sans style et un personnel de service qui enregistrait les commandes sur des appareils qui avaient fait du contact visuel une relique du passé. C'était leur lieu de rencontre habituel.
Sa mère lui avait téléphoné très tôt ce matin-là. Événement rare, non seulement à cause du moment choisi, mais aussi parce que, pour l'essentiel, leurs contacts se déroulaient par e-mail et avaient pour but de fixer sans trop de détours le rendez-vous de leur déjeuner trimestriel, durant lequel, en quelques traits aussi sommaires que possible, elles se mettaient au courant de la situation présente. Sa mère ne comprenait pas grand-chose à la vie de Minnie et Minnie ne comprenait pas plus celle de sa mère. Que deux êtres humains si dissemblables fussent pourtant du même sang l'étonnait déjà quand elle n'était qu'une petite fille et qu'elle fixait les étoiles fluorescentes à deux sous collées sur le plafond de sa chambre, en se demandant s'il était possible de se retrouver par hasard dans le ventre de quelqu'un.
"Heureusement, avait dit sa mère sans ambages quand Minnie eut décroché le téléphone ce matin-là. Tu es encore vivante."
- Bien sûr que je suis encore vivante, dit Minnie. Pourquoi ne serais-je pas vivante ?" Il y eut un silence.
"Je viens de rêver de toi, dit sa mère. Dans mon rêve, j'entrais dans ta chambre, c'était ta chambre d'enfant, mais tu étais adulte comme maintenant. Tu étais couchée à côté de ton lit, enveloppée de la tête aux pieds dans un drap, serrée, comme une momie. Je me suis vite approchée de toi pour ôter le drap de ton visage, mais il était déjà trop tard, tes lèvres et tes paupières étaient bleues et ta peau, blanche et tirée sur tes os. Ce n'était pas du tout mon intention, mais j'ai touché ton visage du bout des doigts. Il était dur et froid, comme, comment dire, un paquet de bâtonnets de poisson surgelés. C'était si... si horriblement... réaliste."
Minnie avait écouté avec étonnement le récit de sa mère. Elle ne connaissait personne d'aussi terre à terre, d'aussi hostile à tout ce qui ne faisait pas partie de la réalité la plus concrète et la plus visible. Sa mère était en outre totalement a-sentimentale. Minnie ne l'avait jamais vue rire à gorge déployée, ou pleurer, ou crier de fureur ; ses émotions étaient mesurées selon des dosages minimaux qu'elle ne dépassait jamais. La vie de sa mère, pensait parfois Minnie, suivait les lignes d'une peinture de Mondrian : horizontale et verticale, et absolument sans frivolités. Bref, elle était bien la dernière personne qu'on se serait attendu à voir attacher de l'importance à une chose aussi mystérieuse qu'un rêve.


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