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.. Nos ancêtres les Arabes : ce que notre langue leur doit

Couverture du livre Nos ancêtres les Arabes : ce que notre langue leur doit

Auteur : Jean Pruvost

Date de saisie : 09/04/2017

Genre : Langues

Editeur : Lattès, Paris, France

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782709659413

GENCOD : 9782709659413

Sorti le : 08/03/2017

  • Le courrier des auteurs : 15/03/2017

1) Qui êtes-vous ? !
- Je suis d'abord modestement un amoureux des mots, de tous les mots. D'où l'envie de partager leur histoire, leur saveur, leur charme, leur force, leur fragilité, leur grandeur, leur petitesse, leurs vertiges, leurs écorchures, leurs exaltations, sans oublier leurs amis, leurs familles, leurs résonances, leurs réseaux, leurs voyages...
Bref, j'aime les mots et donc j'aime leur maison : les dictionnaires ; tout comme j'aime leur envol : la littérature ; et enfin leur musique : la chanson et la poésie.
- Je suis, ensuite, de manière concrète, d'une part un professeur d'université, qui aime à transmettre ses quelques connaissances sur l'histoire de la langue française, et d'autre part un chroniqueur de langue, radiophonique, levé très tôt le matin pour assurer les chroniques quotidiennes :
- sur France Bleu où je raconte chaque matin à 7 h 20 l'origine des noms de lieux de la Région parisienne,
- sur Mouv' où je suis Doc Dico, pour les mots du rap,
- et sur RCF où je raconte chaque matin à 8 h 54 le «mot du jour» en fonction de l'actualité.
- Un ami des libraires sans lesquels nous n'existons pas.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La vedette de ce livre est la langue française et les mots issus de la langue arabe, très nombreux, utilisés au quotidien.
Ainsi, dès le matin venu, quand nous prenons une «tasse» de «café», «zéro» «sucre», et un jus d' «orange» ou que nous passons un «gilet», un «caban» et, pour une dame, une «jupe» de «coton», nous parlons arabe.
Et rappeler combien la langue arabe est présente aussi dans la philosophie, dans les sciences depuis le Moyen Âge, à travers des mots suaves ou savants, jusqu'au vocabulaire du rap, en passant par les Romantiques, ou encore le pataouète, c'est effectuer un beau voyage linguistique, historique et civilisationnel. Propice à l'harmonie.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Première phrase :
Si, pour chacun du demi-millier de mots français issus de la langue arabe, on prenait le réseau de citations traversant nos dictionnaires, on prendrait alors conscience que l'épaisseur historique est telle que rien ne peut et ne pourra détruire pareille étoffe.
Seconde phrase :
Autre écho, de même veine, concernant cette fois-ci la langue arabe, avec un témoignage recueilli dans le Dictionnaire universel de Furetière, paru en 1690, dans l'orthographe du moment : «Les Arabes ont été sçavants en Médecine & en Mathématique. Le Père Ange de St Joseph dit que la Langue Arabe est si féconde qu'il y a 1 000 noms pour signifier une épée, 80 pour le miel, 500 pour le lion, & 200 pour le serpent.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
«Sultan of swing», par Dire Straits.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Trois sentiments.
- L'amour de la langue française en partant de sa réalité : elle s'est enrichie d'autres grandes langues de civilisation dont notamment la langue arabe, de haute civilisation et avec une histoire particulière au long cours, du Moyen Âge à aujourd'hui, de Cordoue aux jeunes rappeurs, en passant par les rapatriés d'Algérie et le pataouète.
- Le plaisir des mots dans leurs replis secrets, dans leur rayonnement d'hier jusqu'à aujourd'hui. On perçoit toujours qu'un mot que l'on utilise est plus riche que sons sens immédiat. On aimerait en savoir plus, et c'est ce j'essaie d'offrir, cette épaisseur du mot. Un «café», une «orange», c'est toute une histoire qui se cache sous ces mots du quotidien.
- L'harmonie nécessaire des êtres : elle passe par la connaissance de l'autre et du coup de soi-même. Le célèbre «Connais-toi toi-même» de Socrate passe à mes yeux - et à mes oreilles - par la découverte que ma langue, celle dont j'use quotidiennement, est tantôt gauloise, tantôt latine, tantôt germanique, tantôt italienne, tantôt anglaise, tantôt arabe. Et dans ce dernier cas de manière beaucoup plus intense et présente que je ne l'imaginais. Le savoir, c'est un premier pas vers l'harmonie, que nous devons tous construire. Ne jamais rien lâcher, en matière d'harmonie !

6) Savez-vous à quoi «servent» les écrivains ?
- À ne pas nous replier sur nous-mêmes. À découvrir et vivre plus intensément, des savoirs et des expériences que notre petite vie dans son quotidien ne peut suffire à faire découvrir et vivre. Celles et ceux qui lisent beaucoup vivent de nombreuses vies. L'écrivain est donc un «donneur de vies».


  • Les présentations des éditeurs : 09/04/2017

De la tasse de café à l'orangeade, de la jupe de coton au gilet de satin, de l'algèbre à la chimie ou aux amalgames, à propos de la faune, de la flore, des arts, des parfums, des bijoux, de l'habitat, des transports ou de la guerre, nous employons chaque jour des mots empruntés à l'arabe.
Qui sait que cette langue véhiculée par les croisades, les conquêtes arabes, les échanges commerciaux en Méditerranée, et plus près de nous par l'exil des pieds noirs ou le rap, vient en troisième position après l'anglais et l'italien pour la quantité de termes intégrés au français ?
À travers le parcours souvent surprenant de plus de quatre cents mots, Jean Pruvost nous convie à un voyage culturel au coeur de l'histoire de cette brillante civilisation qui a irrigué tout le Moyen Âge.

Jean Pruvost est professeur de lexicologie et d'histoire de la langue française à l'université de Cergy-Pontoise. Il a dirigé le laboratoire Lexiques-Dictionnaires-Informatique du CNRS. Outre ses nombreuses chroniques dans les médias, il est lui-même l'auteur de plusieurs dictionnaires, d'une collection et de plus de cinq cents publications et ouvrages autour des mots, dont le Dico des dictionnaires, publié en 2014 aux éditions Lattès.



  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 6 avril 2017

Dans un nouveau livre, Nos ancêtres les Arabes, ce que notre langue leur doit, Jean Pruvost, professeur de lexicologie et d'histoire de la langue française, dissèque quatre cents termes. Un ouvrage instructif...
Et d'expliquer : cette langue a été véhiculée par les croisades, les conquêtes arabes, les échanges commerciaux en Méditerranée, et plus près de nous par l'exil des pieds noirs ou la musique...
En six chapitres (de «Nos ancêtres... mais encore» à «Une langue en mouvement de Saint-Denis et du RAP», en passant par «Dans nos premiers dictionnaires», «Les chemins des mots arabes» et «Voyage thématique en français via les mots d'origine arabe»...) il nous convie à un formidable voyage au coeur de l'Histoire et de la langue. Ce livre est d'utilité publique.


  • La revue de presse Marie Verdier - La Croix du 30 mars 2017

Jean Pruvost offre un voyage jusqu'aux racines des mots d'origine arabe, qu'ils viennent des siècles de l'islam des lumières ou germent près du rap actuel...
Aujourd'hui, le français et l'arabe dansent toujours le tango - ou font la nouba ! - tant les liens restent inextricables. Depuis les heures sombres de la colonisation. À la faveur de la venue d'Algériens et autres Maghrébins en France dès le début du XXe siècle et du retour des pieds-noirs avec dans leurs valises tant de mots. Jusqu'à la force créatrice des auteurs de rap et de la jeunesse si prompts à élaborer leur propre code langagier, l'arabe étant l'une de leurs terres d'inspiration favorite que Jean Pruvost décode avec autant de bonheur.


  • Les courts extraits de livres : 21/03/2017

1.

NOS ANCÊTRES..., MAIS ENCORE

«Il y a deux fois plus de mots français d'origine arabe que de mots français d'origine gauloise ! Peut-être même trois fois plus...»

Salah Guemriche,
Dictionnaire des mots français d'origine arabe, 2007.

Il est presque impossible d'être Français et de n'avoir pas rencontré, au moins une fois dans son existence, une formule bien installée dans notre patrimoine culturel et langagier, tantôt prononcée avec respect, tantôt - le plus souvent - avec un sourire amusé : «Nos ancêtres les Gaulois...»
Cet aimable début de phrase s'est en vérité tellement bien intégré à notre vocabulaire national, celui dont on hérite inconsciemment, qu'on ne sait généralement plus qui en est l'auteur, encore moins d'où pareille formule est extraite, et quelle en est la suite.
Ainsi la formule est-elle entrée dans la langue française à la manière d'une locution, en faisant l'économie de toute précision. Une ellipse allusive, en somme, mais de qui et avec quel contenu ?
C'est sans conteste à Ernest Lavisse qu'on doit cette expression, mémorisée sous une forme inachevée. Brillant universitaire, il incarna l'historien national et républicain par excellence. Élu à l'Académie française en 1892, Ernest Lavisse offrit à travers son oeuvre l'histoire officielle de la France, appréciée à droite comme à gauche, en édifiant ce qu'on a pu appeler le «roman national».
«Enfant, tu vois sur la couverture de ce livre les fleurs et les fruits de la France. Dans ce livre, tu apprendras l'histoire de France. Tu dois aimer la France, parce que la nature l'a faite belle, et parce que son histoire l'a faite grande.» Signé : Ernest Lavisse. Un tel propos, inséré par l'auteur sur la première de couverture de l'Histoire de France, Cours moyen, en guise d'illustration centrale, n'est pas sans être mémorable. Il reste donc à consulter ce manuel, édité par Armand Colin, en l'ouvrant au premier chapitre qui, tout naturellement, met en scène les Gaulois.

«Nos ancêtres les Gaulois...»
ne s'aimaient pas les uns les autres

En partant des Gaulois, il s'agissait de démontrer l'existence d'une construction irrésistible de la nation française, il importait donc de souligner la différence entre la situation de départ, celle représentée par les Gaulois, primitive, et l'aboutissement, la IIIe République, porteuse d'un sentiment national édifié tout au long des siècles. C'est ainsi qu'au début du XXe siècle la fierté nécessaire permit à toute une génération de partir, «la fleur au fusil», prendre une revanche sur l'Allemagne à travers la Première Guerre mondiale. Victorieuse certes, mais au prix d'une saignée humaine sans pareille.
(...)


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