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Auteur : Eric Le Boucher
Date de saisie : 10/11/2005
Genre : Economie
Editeur : Grasset, Paris, France
Collection : Petite collection blanche
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 978-2-246-69811-1
GENCOD : 9782246698111
Le nouveau capitalisme né de la mondialisation a des lignes de force géopolitiques maintenant nettes. Elles se sont dessinées sous nos yeux. Aujourd'hui tout s'accélère.
Le nombre de travailleurs qui participent à la compétition mondiale a doublé en quelques années, passant de un milliard et demi à trois milliards avec l'arrivée de la Chine, de l'Inde, du Brésil. En 2050, l'économie française ne représentera plus qu'un quatorzième de celle de la Chine, contre une égalité aujourd'hui. L'Allemagne vieillie ne pèsera guère plus lourd. L'Europe reléguée risque de n'avoir plus qu'une place mineure dans le grand concert. L'hyperpuissance américaine, assise sur une suprématie dans les sciences et les technologies, continuera.
Cette grande transformation est redoutée par les Français. Ils en voient les conséquences négatives : les délocalisations, la pression sur les salaires, la remise en cause de leur modèle social. D'où un désir de «protection» qu'ils expriment à chaque élection. Les dirigeants politiques, de gauche comme de droite, ont promis d'y répondre en se faisant élire sur la ligne défensive du ni-ni, «ni-libéralisme ni-socialisme», tracée par François Mitterrand et reprise par Jacques Chirac. Cette politique de «résistance» à la mondialisation est très majoritaire en France. Ce livre veut montrer qu'elle est en échec. La France croyant «résister» ne s'est pas adaptée. Son immobilisme l'a pénalisée. Sa croissance est affaiblie, sa compétitivité émoussée, le chômage perdure depuis vingt-cinq ans, les impôts très élevés n'ont empêché aucune des nouvelles précarités. Le pays est socialement, économiquement, politiquement KO.
De la Suède à la Grande-Bretagne, d'autres pays ont choisi une autre voie, celle de l'adaptation. Ils ont mieux réussi.
Le nouveau monde a une immense qualité : il permet à des milliards d'êtres humains de sortir de la pauvreté et de commencer à avoir leur mot à dire. Mais il est rude. A l'échelle mondiale, le combat du XXIème siècle sera d'inventer une démocratisation qui soit à la hauteur des marchés globalisés. A l'échelle des Etats-nations, le devoir politique est d'arrêter de faire croire qu'on peut fuir ce nouveau monde qui vient. La politique doit retrouver au contraire un rôle offensif essentiel : préparer les emplois de demain, rebâtir l'éducation, replacer l'Etat-providence sur les nouvelles inégalités.
Ce livre au ton vif s'en prend à toutes les illusions de la pensée française «économiquement correcte» qui ne voit dans la mondialisation que des dangers et qui fait vertu d'y «résister». Il révoque les préjugés sur «l'ultra-libéralisme» de Tony Blair et «les renoncements» du président brésilien Lula. Il dénonce les débats caricaturaux, dit les excès mais aussi les mérites au libéralisme.
Eric Le Boucher est rédacteur en chef-éditorialiste au journal Le Monde.
Tout journaliste économique normal - il y en a - déteste Eric Le Boucher. Parce que, chaque lundi matin, son rédacteur en chef lui lance - et le ton est particulièrement admiratif : «T'as vu la chronique de Le Boucher dans Le Monde ?» Bien sûr, le journaliste en question a lu ce papier hebdomadaire et l'a généralement trouvé bon. C'est bien ce qui est agaçant ! Et voilà que notre confrère nargue sa profession en publiant un livre qui «s'inspire» de ses chroniques et les «prolonge», dit l'éditeur Grasset. Cela s'appelle Economiquement incorrect... le contenu de l'ouvrage est au contraire économiquement très correct !
Au sens propre, il l'est quand Le Boucher décrit avec justesse la situation économique mondiale, le succès de la Chine et de l'Inde, l'alliance objective entre la Chine et les Etats-Unis, le déclin de l'Europe si elle ne se secoue pas... Bref, Le Boucher met la géo-économie à la portée de tous. Un lecteur rendu intelligent est un lecteur content ! Mais le journaliste est également très correct au sens figuré : les issues de secours qu'il dessine, pour l'Europe et la France, en particulier, n'ont rien de choquant. Il l'écrit page 97 : «Les solutions sont connues et elles sont soutenues par la très grosse majorité des économistes.»... Alors ? On aurait bien aimé conclure par ce cliché : conseiller la lecture de cet ouvrage aux politiques. Mais à quoi bon ? Ils savent déjà ce qu'il y a dedans !
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