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De Leipzig à Vienne en passant par les Balkans, une première oeuvre fulgurante, un véritable chant du cygne nihiliste, à la fois thriller, roman d'espionnage, histoire d'amour... Juli Zeh fait ici le terrible constat de la déliquescence de nos sociétés. Un vrai choc de lecture. Jessie est morte. Elle s'est suicidée alors qu'elle était au téléphone avec Max. Après des années d'absence, elle avait refait surface, et Max avait replongé dans son amour éperdu pour cette jeune femme instable et puérile, fille d'un trafiquant de drogue. Depuis l'enfance, ce garçon au physique ingrat voulait devenir juriste et contribuer à un monde meilleur. Et il y croyait. Hélas la désillusion est à la hauteur de ses espoirs car les instances qui président aux destinées des hommes sont expertes dans l'art de jeter de la poudre aux yeux. Quand Jessie meurt, Max quitte son job. Il reste à Leipzig, bien décidé à consommer toute la cocaïne que son corps pourra supporter. Max est au bout du rouleau. Mais ce n'est qu'un début...
La revue de presse Eric Deschodt - Le Figaro
L'Aigle et l'Ange, roman allemand, arrive en France après quatorze traductions. En 2001, la presse d'outre-Rhin portait aux nues cet ouvrage, le premier de Juli Zeh, juriste de 34 ans, employée à l'ONU. «Grande intelligence», «conscience contemporaine aiguë», «sensationnel premier roman», «cauchemar ensorcelant», lisait-on par exemple dans les meilleurs journaux, et le succès suivit. Tout cela reste vrai en français, l'intelligence est là, soutenue par l'acuité d'une perception peu commune des êtres et des choses, la conscience contemporaine aussi ; quant au cauchemar, il est permanent... Les héros sont quatre jeunes gens, trois passeurs de drogue, eux-mêmes camés jusqu'aux dents, une journaliste de radio fascinée par le survivant du trio et un grand dogue nommé Jacques Chirac... Juli Zeh n'est pas la première à dépeindre non pas le monde tel qu'il est, mais une fraction de ceux d'entre eux qui ne le supportent pas. Elle dépasse ses devanciers en déshumanisation parce qu'elle les dépeint de l'intérieur, exactement comme ils se voient, avec une lucidité terrible... Jacques Chirac en tire tout le bénéfice, le grand chien est le plus humain des personnages de L'Aigle et l'Ange, roman absolument moderne, dont le titre est antiphrase...