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Auteur : Michaël André Bernstein
Traducteur : Laurent Bury
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-87929-414-8
GENCOD : 9782879294148
Nous sommes à Vienne dans les années 20. Alexandre Garber décide d'écrire un dernier "conte galicien". Ce sera le point d'orgue de son oeuvre, le récit d'une conspiration à laquelle il fut mêlé malgré lui dans sa jeunesse, et qui entraîna une série de meurtres politiques. 1912. Wiladowski, le comte-gouverneur de la Galicie, vit reclus dans son château : le véritable pouvoir est détenu par un riche industriel, Moritz Rotenbourg. Machiavélique et corrompu, Wiladowski est persuadé qu'il va être assassiné. Il engage, pour assurer sa protection, Jacob Tausk. Bien vite, Tausk devient l'agent double du gouverneur et de l'industriel, chargé de surveiller deux "terroristes" en puissance : un rabbin mystique qui incite ses fidèles à toutes sortes de violences et déprédations ; et le fils de Rotenbourg, Hans, un marxiste radical qui fomente avec ses propres disciples une insurrection. La Mémoire des conspirateurs est le grand requiem d'un monde disparu. A la manière, sombre et ironique, de Joseph Roth dans La Marche de Radetzky, Michael André Bernstein dépeint les ambitions personnelles de ces hommes en quête de pouvoir dans une monarchie austro-hongroise en plein déclin, dévastée par la corruption, les manipulations politiques, les tensions internationales, et la montée de l'antisémitisme.
Né en 1947, Michael André Bernstein a grandi entre l'Europe, le Canada et les Etats-Unis. Il enseigne la littérature comparée à l'université de Berkeley. Germaniste, il a publié de nombreux ouvrages de critique littéraire, notamment sur le modernisme allemand. La Mémoire des conspirateurs est son premier roman.
«Choisissez de vous focaliser sur un personnage, vous vous coupez de l'Empire. Choisissez l'Empire, vous vous coupez de l'humain. Bernstein, lui, a choisi de noter chaque détail, de justifier chaque moment, de ne rien oublier. Ses connaissances sont encyclopédiques. Mais alors que le seul mot de conspirateur (titre anglais : Conspirators) fait espérer manigances, tractations dans l'ombre et vie trépidante, on ne trouve dans sa somme qu'ennui et lenteur. L'ambition du roman est méritoire, qui revient sur l'émergence du socialisme, des luttes des classes, la montée de croyances et de ferveurs nationalistes, le développement des courants antisémites. On a là en germe ce qui va définir le siècle, ses guerres, le déchirement des Empires. Dommage que Bernstein ait oublié qu'on ne devient auteur que grâce à ses lecteurs. Ses connaissances ne se rendent à aucun moment accessibles ; on n'a pas là un roman mais un traité sinistrement austère, décorticage minutieux de faits accumulés les uns derrière les autres. Force est de constater que dès les premières pages, Bernstein tue l'envie de lire...»
Sur les traces de Joseph Roth, le subtil germaniste nous invite au grand bal des comploteurs, dans l'Empire austro-hongrois à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Vienne, début du siècle. Les élégantes relèvent en frissonnant leurs cols d'hermine. Les hommes entrent au Café Central et commandent virilement un moka. Au royaume du kitsch et de la sacher-torte, Sissi l'insouciante fait ses barres parallèles tandis que François Joseph se morfond au palais. Michael André Bernstein nous conduit au trot, à l'aide d'une phrase cadencée, charnue, charpentée, un brin bavaroise, vers des contrées monarchiques et surannées. On le laisse douillettement faire, réchauffé par ce roman-plaid idéal pour affronter l'hiver.
Las ! Rupture de ton. Soudain, l'air est glacial. Le héros a des soucis et Sissi ne peut plus rien pour lui : un psychopathe l'a poignardée à Genève, quatorze ans plus tôt. Alexandre Garber, dramaturge à succès, s'en remet à peine. Il aimait tant l'impératrice... Michael André Bernstein décrit avec une ironie féroce cette saga autrichienne de tous les périls. Il y ajoute une érudition surprenante, un suprême mépris des convenances, une ironie constante, le tout au service d'une ambition romanesque qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Musil. En Galicie, Hans, Moritz, Jakob et les autres dansent leur dernière valse.
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