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L'affaire homme réunit pour la première fois en un volume de nombreux textes de Romain Gary publiés entre 1957 - époque des Racines du ciel- et 1980, l'année de sa mort. Certains de ces textes, inconnus du public français, sont traduits de l'anglais. Il ne s'agit pas de textes de fiction, mais de prises de position, de commentaires, de réflexions et d'analyses ayant pour objet la société, l'homme, la femme, le monde comme il va- et bien souvent comme il ne va pas du tout. Gary, de fait, ne se contentait pas de s'exprimer publiquement par le biais de l'écriture romanesque on du cinéma. Présent dans la presse française et américaine, constamment interviewé, sollicité, préfacier de lui-même parfois, des autres occasionnellement, Gary n'a pas cessé de réagir aux événements de son siècle en manifestant à chaque fois son attachement à ce principe exposé par lui au début des années cinquante : "Je ne puis défendre que mes contradictions, mes approximations, le doute qui me garde, mes vérités incertaines et mes erreurs fraternelles et il v a autour de nous, entre la vérité et l'erreur, une marge de relativité qui nous permettra toujours d'échapper à l'absurde, une marge suffisante pour y insérer notre désir triomphant."
La revue de presse Daniel Rondeau - L'Express du 22 décembre 2005
Quand il vivait, beaucoup de bons esprits le trouvaient infréquentable. Comme souvent, les clercs assurés et parlant haut ne voyaient pas celui qu'ils voulaient nier. La liberté et le talent offusquent ceux qui en sont privés et qui se réclament du privilège de penser et d'écrire. Mais le temps a vite travaillé pour Romain Gary. Vingt-cinq ans après son suicide, sa présence grandit. L'Affaire homme rassemble des textes d'intervention et des interviews, dont certains inédits en français. Un écrivain parle de ses loyautés. Esthétiques, poétiques et politiques, elles participent toutes à la cohérence de son oeuvre et s'adressent directement à notre temps...
Le regard de Gary sur le monde est celui d'un contemporain épris de fraternité. Il reste toujours rafraîchissant, que l'écrivain parle du colonialisme, de l'Algérie, du non-enseignement de l'histoire, de la criminalisation parfois abusive et souvent anachronique du passé, ou des limites de la politique pour répondre aux questions de la condition humaine. On n'est pas surpris de le trouver si proche d'Albert Camus, à qui il emprunte une devise toujours susceptible de servir : «Je suis a priori contre tous ceux qui croient absolument avoir raison.»