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Auteur : Blandine Le Callet
Date de saisie : 02/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Stock, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-234-05851-4
GENCOD : 9782234058514
Blandine Le Callet n'entre jamais dans une librairie sans en ressortir avec un livre...
Une pièce montée a pour toile de fond un mariage à la campagne dans la bourgeoisie de province. Chaque chapitre, centré sur un des personnages de la fête, raconte une histoire qui prend place dans l'album de famille. De la demoiselle d'honneur confrontée à l'injustice au collègue dragueur invétéré, ou à la tante excentrique en quête d'amour, de la grand-mère indigne à la mariée au bord de la crise de nerfs, les personnages hauts en couleurs défilent à travers des scènes drôles, cocasses ou attendrissantes. On passe sans cesse du rire aux larmes. Les masques tombent et les secrets de famille éclatent. Blandine Le Callet nous entraîne à travers une galerie de portraits justes et émouvants. Elle nous plonge au coeur de situations fortes en émotions aux dialogues drôles et percutants. De véritables tranches de vie.
Dans un monde parfait, tout se déroulerait comme prévu un jour de mariage. Bérengère et Vincent ont décidé de s'unir pour la vie. Six cents invités sont attendus, des ministres, des anciens ministres, «du beau linge, comme on dit». Les deux familles ont mis les petits plats dans les grands, l'événement se doit d'être parfait. La fausse note n'est pas au programme. Pauline n'est pas née de la dernière pluie. Elle voit bien que ses parents se disputent sans cesse, que papa a des soucis, qu'il n'est pas souvent à la maison... Il y a un moment précis dans l'enfance où l'on prend soudain conscience des problèmes des grands. Pourquoi le prêtre se trompe-t-il dans les prénoms des mariés, pourquoi la jeune mongolienne n'a-t-elle pas aussi le droit d'être sur la photo ? Romancière plus roublarde qu'on ne pourrait le croire, Blandine Le Callet verse du sucre dans le réservoir. La belle mécanique se met à crachoter... Avec Une pièce montée, elle signe d'une plume acérée un premier roman choral aussi maîtrisé que troublant.
... C'est le récit d'un mariage bourgeois par un beau jour de juin en Normandie. L'occasion pour l'auteur de brosser un portrait de famille mi-cruel mi-tendre. Elle varie les points de vue en donnant la parole à un personnage différent dans chaque chapitre : la mariée, la grand-mère, la soeur intello et mal attifée, le jeune dragueur, une autre soeur homosexuelle, l'oncle marginal dont l'épouse, une véritable bombe, est fille d'une femme de ménage, etc...
Un regard amusé et sensible sur la vie, lucide mais attendri sur des gens comme les autres. On retrouve aussi l'atmosphère des films de Chatilliez. D'ailleurs, le cinéma s'intéresse déjà à ce joli roman.
Pauline en rêve parce que c'est la première fois. Madeleine est épuisée par tout ce ramdam. Marie voudrait se faire oublier. Bénédicte ne voit que ce qui cloche. Vincent a mal au ventre. Un mariage, quoi de plus banal pour imaginer une fiction à tiroirs, ce qu'on appelle au cinéma un «film choral». Mais Blandine Le Callet est du genre bravache. Elle a des comptes à régler avec les familles bourgeoises qui ont des filles trop bien élevées, des garçons avec de belles situations, mais aussi des enfants trisomiques qui font tache sur la photo. Comme pour la pièce montée, elle alterne la crème trop sucrée et le caramel qui colle aux dents, tantôt écoeurée, tantôt peau de vache... Subtile, la romancière s'arrête toujours à temps : refusant la charge excessive ou la bonne conscience facile, elle laisse son lecteur faire le bilan...
Dès la première scène, on se sent en terrain familier. C'est avec la petite Pauline, habillée en demoiselle d'honneur, dans la luxueuse 806 intérieur cuir du père, qu'on entame la journée. L'église du mariage qui est introuvable, les parents qui s'énervent, le petit frère qui régurgite son menu Enfant du Courtepaille, tout le monde connaît. Un moment merveilleux ou éprouvant, c'est selon.
Astucieusement, Blandine Le Callet décline, de chapitre en chapitre, les différents regards. Soeurs, grand-mère, oncle... Les protagonistes des épousailles très bon chic bon genre de Bérengère et de Vincent jouent les témoins. L'occasion de se réjouir, mais aussi de se plaindre, de dénoncer les faux-semblants et de s'adonner à l'introspection... Pièce montée, premier roman arrivé, dit-on, par la poste - un ban pour son éditeur ! - est à conseiller à tout le monde. Sauf, peut-être, aux futurs mariés.
... Blandine Le Callet n'aura pas attendu son énième roman pour imposer d'emblée, sur le thème du mariage justement, l'aisance perverse d'un Edward Albee dans «Qui a peur de Virginia Woolf ?», là où l'on se serait contenté d'un marivaudage chez les bobos, une espiègle bluette dans le genre : j'ai lu Sagan, et voyez comme je le montre.
Le lecteur est ici, au sens propre, à la noce. Autour des mariés, la famille, la tante excentrique, le séducteur impénitent, la grand-mère indigne. Entre la pièce montée, symbole du panthéon conjugal, et le bal du soir, on nage d'abord dans l'églogue, le bucolique. On fait le tour du parc, jamais avec les mêmes. Et par imperceptibles touches l'hypocrisie se fait jour, les masques tombent. L'enfer s'invite, sans que la tendresse ait cessé de ruisseler sur la fête : ça s'appelle traverser les apparences, et c'est le plus rare des talents.
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