Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Murielle est un curieux mélange d'absence, de tendresse et de dureté. Une adolescente qui tente de comprendre la vie au travers du prisme que constitue son noyau familial : un père ouvrier et alcoolique à ses heures, une mère qui fait des brassières mais d'autres choses encore... Bousculée par l'existence, Murielle accepte les étranges caresses d'un être loin de lui vouloir du bien, auprès de qui néanmoins elle trouve une certaine chaleur. Ils font connaissance un jour comme les autres, au bord de la route.
Ce roman bouleversant, inspiré d'une histoire authentique revisitée par la romancière, s'attache à décrire la misère sociale et familiale. Celle qui prend à témoin les enfants sans épargner pour autant les parents.
La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 1er juin 2006
Après le titre du nouveau livre d'Isabelle Rossignol, s'insèrent deux informations. Elles ont valeur d'authentification, elles signifient l'hommage de la littérature à la réalité. L'une dit : «A Jocelyne F., dont la vie m'a vie inspiré la matière de ce récit». Et l'autre : «Longjumeau, 1960». Elles se font oublier au cours de la lecture, mais ne manqueront pas de vous revenir en boomerang en pleine figure, au détour de telle ou telle description éprouvante. Sale linge baigne dans le jus familial. Au sens propre, si on peut dire. Les nouilles cuisent dans l'eau de la vaisselle, la vaisselle se fait dans la bassine où sont lavés les légumes... La gosse, le père, la mère. Le père boit, l'enfant trinque. La mère est une faiseuse d'ange,... Sale linge n'est pourtant pas un document, en rouge et blanc, sur l'avortement. C'est un furieux roman d'initiation...
La revue de presse Christine Ferniot - Lire, avril 2006
Longjumeau 1960. La mère vient d'envoyer la gosse à l'épicerie. Le père regarde la télévision en alignant les verres de rouge. Ici, tout est sale, tout est gras. Le sol mal lavé, l'eau de vaisselle dans laquelle on fait cuire les pâtes, les cheveux de Muriel et de sa mère, le gant de toilette qui sert à toute la famille et traîne en permanence au fond du lavabo. Muriel n'a pas d'amis à l'école, pas de tendresse à la maison, elle ne sait rien de la vie, de ce qui l'attend demain. Dans une pièce discrète, sa mère avorte quelques clientes du quartier et le père fait semblant de ne rien savoir. C'est la ronde de la misère, le malheur quotidien et minuscule, sans la moindre lueur... Sale linge est un livre insupportable, écoeurant, mais il dévore son lecteur, le plaque au sol, l'oblige à poursuivre une lecture qui étouffe, répugne, fascine en même temps. Les corps ont toujours obsédé Isabelle Rossignol dans des livres comme Petites morts ou Mes larmes. Ici l'auteur va encore au-delà... Méfiez-vous de ce livre torture, il vous obsédera longtemps, et c'est sûrement ce que veut Isabelle Rossignol : nous pousser dans nos retranchements...