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«Le mari de Françoise a fait plusieurs pellicules. La rue d'Avelghem barrée. Les marteaux et les pinces hydrauliques. Les concasseurs. La pelleteuse fouillant dans les décombres du salon. J'ai refusé de voir. Non merci. Non vraiment. En deux jours tout a été nettoyé. Plus de traces. Quand vont-ils s'arrêter ? De toute façon, c'est trop tard. Les petites maisons. Le vieux pont Nyckès. Ils ont même écroulé l'église du Sacré-Coeur.
Je ne retournerai pas à Roubaix.»
Chaque fois qu'il passe à Roubaix, le narrateur rôde autour des ruines d'une maison d'enfance sise au 16 rue d'Avelghem. Dans ses souvenirs, déjà, la bicoque était sacrément déglinguée. En 1935, autrefois, son grandpère
Joseph s'est installé là avec sa marmaille. Il y est resté jusqu'à sa mort ayant, pendant les dernières années, perdu la tête. Le narrateur, fasciné par les pans de vie entiers arasés et oubliés, renoue les fils de l'histoire. Demeurent, pour essayer de retrouver un sens, l'esquisse d'un décor, des noms, quelques fantômes.
Xavier Houssin est journaliste littéraire. Il a publié trois romans : La Ballade de Lola, 16 rue d'Avelghem, Le premier
pas suffit, et un récit : La mort de ma mère. Écrivain hanté par la disparition, il est aussi poète. Son dernier texte, Montée
des cendres, a paru en 2010 chez Caractères, la maison où il avait publié un tout premier recueil à l'âge de dix-sept
ans.
La revue de presse Christine Ferniot - Télérama
Aujourd'hui, à Roubaix, la rue d'Avelghem n'est plus qu'un décor abandonné. Depuis que le textile a été balayé par la crise économique, les jardins sont devenus des parkings, et les maisons ont été rasées les unes après les autres. Restent les souvenirs... En quelques chapitres à l'arraché, Xavier Houssin raconte la vie qui file entre les doigts, les visages qui sourient puis s'effacent, les mariages et le cimetière. Des vies bien ordonnées dans une petite rue de Roubaix dont l'adresse est aujourd'hui perdue. C'est beau comme une chanson de Trenet, triste comme la voix de Piaf. On a la chair de poule, des envies de pleurer sur ses souvenirs et de serrer dans ses bras cet écrivain qui parle à l'oreille des enfants que nous sommes restés.