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Si tu t'attends à lire un bouquin du genre Mes Petits Secrets pour maigrir avant l'été par Rika Zardi, tu vas être déçu ! Mais si tu veux savoir comment j'ai dansé le slow avec Boutros Boutros-Ghali tandis que Stéphane Bern chantait " Emmène-moi danser ce soir ", lis ça. Si tu veux savoir comment j'ai failli mourir à Beyrouth, comment j'ai vécu Dallas à Salt Lake City et comment j'ai apprivoisé un chien du désert à Riyad, alors lis ça ! Si tu veux sentir l'odeur de la lingerie de la colonie de vacances où j'ai donné mon premier baiser, ou celle de la bougie de mon bureau de directeur financier le soir où j'ai dansé avec ma secrétaire en portant un nez de clown, alors lis ça ! Si MM. Villeneuve et Delarue veulent tout savoir de la vie sexuelle des gros, des partouzes dans les cliniques diététiques, des femmes qui enlèvent leur culotte pour aller se peser, du mépris des épiciers de quartier pour leurs clients boulimiques nocturnes et, surtout, comment on peut survivre lorsqu'on a cinquante-cinq ans et qu'on pèse deux quintaux et demi, alors qu'ils lisent ça ! Mais, surtout, si tu veux savoir comment on peut grandir sans jamais poser de questions commençant par " Dis papa ", si tu veux savoir comment un homme m'a construit à la place de l'absent, si tu veux savoir comment j'ai partagé la souffrance de cet homme racontée dans le chapitre intitulé " Lis ça ", alors lis ça ! Et enfin, si tu veux savoir comment cet homme m'a envoyé du paradis le trésor que je cherchais depuis toujours, alors surtout, lis ça ! G. Carlier
La revue de presse Violaine de Montclos - Le Point du 1er juin 2006
Carlier, ce fut d'abord une voix. Un débit, surtout. Une façon de moquer la comédie médiatique et humaine en distillant son venin au compte-gouttes, en mordant par surprise. Une ironie rarement gratuite, vraiment talentueuse, assez sûre d'elle-même pour lancer des vannes à contre-courant. Puis ce fut un visage. Une tristesse évidente à l'écran : Carlier encore, oui, mais un Carlier affolé d'être entré dans la lumière, cognant sur des cibles faciles. Et puis voilà le corps, exposé dans une autobiographie sinistre. Un corps boulimique, transformé en machine à ravaler les souffrances, un corps que cet homme habite depuis des années comme s'il vivait dans la maison d'un autre...
Alors ils s'attarderont sur quelques jolies scènes irréelles... Ils prêteront l'oreille à la petite voix d'avant, qui réussit à glisser, entre des lignes de plomb, un peu de subtilité et d'autodérision salvatrice.