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Auteur : Jean Vallier
Date de saisie : 23/12/2010
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Fayard, Paris, France
Prix : 27.00 € / 177.11 F
ISBN : 9782213628844
GENCOD : 9782213628844
Sorti le : 18/05/2006
Jean Vallier a consacré ce travail à Marguerite Duras pour la sortir du flou artistique et de l'enflure médiatique dans lesquelles elle a été enfermée de son vivant (souvent par ses propres soins) et maintenue depuis sa mort par les nombreux exégètes de son oeuvre, par ses biographes, et par les journalistes qui continuent à s'intéresser à elle périodiquement. D'autre part, pour retrouver, à partir de l'étude minutieuse des faits et des dates, le détail de ce qu'ont été vraiment son enfance et sa jeunesse; en dégager un récit aussi exact que possible, et organiquement plus véridique, pour mieux appréhender l'évolution future de l'écrivain.
Une biographie à l'américaine, très attendue, qui remettra ponctuellement en question le travail des biographes précédents notamment Laure Adler. A l'occasion des dix ans de la mort de Duras.
Directeur du French Institute de l'Alliance française à New York pendant trente ans, Jean Vallier a présidé jusqu'à l'année dernière le French American Control Exchange, fondation franco-américaine pour les échanges culturels et artistiques. Il crée en 1962 un cinéclub à New York et devient critique de film. Il a rencontré Marguerite Duras en 1969 avec qui il a entretenu des relations amicales et professionnelles pendant près d'une vingtaine d'années. Il prépare une biographie dédiée à l'écrivain dont le premier tome paraîtra aux éditions Fayard au printemps 2006. Marguerite Duras, la vie comme un roman couronne neuf années de travail et d'enquête. Il révèle, met à jour, corrige quand nécessaire les tenants et les aboutissants de ce destin littéraire si particulier.
... C'était Marguerite Duras, première partie, apporte des précisions sur la préhistoire durassienne. Une mine n'avait pas été exploitée : les souvenirs de Rembauville-Nicolle, le cousin Paul, témoin important de la jeunesse, que viennent compléter les confidences de Marguerite Donnadieu à son «petit journal», inédit pêché dans les archives de l'Imec. Duras doit au cousin Paul, fou amoureux d'elle, la découverte de la côte normande au début des années 30.
«L'amant de Neuilly», futur vice-consul, s'appelait Frédéric Max ; auparavant, Marguerite Donnadieu tomba enceinte l'année de ses 18 ans d'un dénommé Lecoq. Comment ils réussirent à faire passer l'avortement pour une appendicite auprès de Mme Donnadieu mère, laquelle, soit dit en passant, acceptait sans vergogne l'argent que donnait Lecoq à la petite, on a du mal à comprendre. Jean Vallier refuse la psychologie. Il ne se fie pas non plus aux textes ou aux déclarations de l'intéressée, sourd au «mélange d'affabulation et de détails pratiques, souvent calqués sur le réel» qui a, selon lui, piégé les biographes précédent (e) s. Marguerite «prostituée» par sa mère lors de l'épisode de l'amant chinois, Marguerite «battue», il n'y croit pas. Pas plus qu'à l'inceste avec le petit frère. Il est arrivé à Paul Rembauville-Nicolle d'affirmer que Marguerite Duras avait couché avec ses «deux» frères, soit il ne l'a pas répété au biographe, soit ce dernier a préféré le garder pour lui... Si l'ouvrage de Laure Adler se lisait comme un roman, Jean Vallier a fait un choix contraire. Il s'en tient au déroulé linéaire. Pas une branche ne manque à l'arbre généalogique, travail qui n'avait pas été fait... C'est là, au terme de C'était Marguerite Duras, qu'on assiste à la plus belle trouvaille. Jean Vallier a une tendresse particulière pour les photographies. Il a d'ailleurs signé l'album «Passion» Duras paru chez Textuel. Il décrit la photo de mariage des Delval, portrait gardé par Mascolo et «mis à l'abri par Marguerite». La mariée est en noir, triple fourreau de tulle. «J'ai déjà vu cette robe quelque part...»
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