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les dix-neuf courts textes d'ivan kraus forment un véritable récit qui s'égrène, une histoire après l'autre, au gré de souvenirs qui remontent du passé et éclatent comme des bulles au hasard des lieux et des rencontres.
l'auteur retrace le destin mouvementé de sa famille : il n'a rencontré son père, déporté à auschwitz, qu'à l'âge de six ans. et si la fratrie s'agrandit après 1945, c'est pour se disperser ensuite de par le monde ; quatre des cinq enfants choisiront l'exil après l'occupation soviétique de 1968. la famille, devenue véritablement cosmopolite, réussit à se réunir de temps à autre à paris, baden-baden, bogotà ou new york, après plusieurs années de séparation forcée.
une foule de souvenirs affluent alors, en tchèque, en anglais, en espagnol ou en allemand, mais peu importe. le lien se fait toujours. et par-delà les différences, les incompréhensions et les regrets, règnent aussi le soulagement et une vaste bienveillance.
La revue de presse Véronique Soule - Libération du 1er juin 2006
Chaque année, son père, un ancien déporté, fait son petit voyage à Auschwitz. Les préparatifs le rendent fébrile puis il revient tout joyeux. Sa mère s'y est habituée «comme d'autres s'accommodent des escapades du mari lors de l'ouverture de la pêche». «Je sais qu'il entreprend ce voyage comme un gamin qui traîne sa luge au sommet d'une colline, pour savourer ensuite la joie de redescendre dans la vallée, écrit Ivan Kraus, j'ai compris qu'à chaque fois mon père attend ainsi cet instant merveilleux, celui de rentrer à la maison.»
Dans Réunions de famille, un recueil de textes attachants et pleins d'humour, Ivan Kraus raconte ses souvenirs d'une enfance particulière... Avec son écriture légère, pas prétentieuse pour un sou, Kraus a quelque chose d'un magicien. Sans forcer le trait ni tomber dans le pathos, il ressuscite l'univers concentrationnaire nazi avec des scènes de quelques lignes... Le livre regorge aussi d'histoires sur le totalitarisme communiste, sur les bizarreries de la vie quotidienne faite de chuchotements, de mensonges et de mesquineries, sur la lâcheté de ceux qui servaient le régime, sur l'inanité des slogans vantant le peuple, les individus égaux et interchangeables, etc... Dans l'un des chapitres les plus savoureux («Les pictogrammes»), Kraus raconte comment sa mère, à force d'employer un langage codé lorsqu'elle écrivait à son mari prisonnier, puis à sa famille partie à l'Ouest, ne correspondait plus que par des allusions, de plus en plus difficiles à décrypter...