Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Le XXe siècle a profondément modifié la conception du temps chez les scientifiques et les philosophes : les sciences sociales et les sciences de l'esprit n'ont eu de cesse de sonder le gouffre qui sépare l'expérience intime de la durée et la conception des temps propres aux phénomènes scientifiques ou historiques.
Ce numéro explore diverses figures de la coïncidence, de la récurrence ou de la répétition. Pascale Gillot compare la manière dont Spinoza, au XVIIe siècle, et Hilary Putnam, au XXe siècle, ont conçu les rapports de l'esprit au corps. Sarah Carvallo enquête sur la formation des théories de la respiration à l'époque moderne. Alberto Pala met en évidence comment le terme de cogito, chez Descartes, assure la continuité du temps de la pensée dans la succession des idées. John Hyman s'interroge sur la contemporanéité de la philosophie de Ludwig Wittgenstein et de l'architecture d'Adolf Loos. Samir Boukhris analyse la logique inductive probabiliste de Rudolf Carnap. Christian Schmidt donne une esquisse de l'histoire de la théorie des jeux. Enfin, Reinhart Koselleck analyse les structures de répétition dans la langue et dans l'histoire.
Les courts extraits de livres : 19/06/2006
DU PARALLÉLISME AU FONCTIONNALISME CONTEMPORAIN.
AUTONOMIE ET AUTOMATISME DE L'ACTIVITÉ MENTALE DE SPINOZA À PUTNAM de Pascale Gillot :
RÉSUMÉ : Cette étude se propose de mettre en relief plusieurs analogies structurelles entre la conception spinoziste et la conception fonctionnaliste, développée par Hilary Putnam, de l'activité mentale. Ces conceptions, l'une classique, l'autre contemporaine, en marge de leurs divergences manifestes, paraissent toutes deux récuser aussi bien le dualisme substantiel qu'une lecture physicaliste de l'activité mentale, représentée en particulier par la théorie de l'identité entre états mentaux et états cérébraux. La confrontation entre la philosophie de Spinoza et celle de Putnam, dans l'ordre de la théorie de l'esprit, s'établit en trois points. Est d'abord examiné le postulat de l'autonomie explicative du mental. Le second point concerne la résolution du problème de l'union du corps et de l'esprit, par le recours aux notions d'organisation et d'isomorphisme fonctionnel, au principe de la thèse d'une identité psychophysique non substantielle. L'étude s'achève sur l'évocation du modèle mécanique de l'esprit, et de son identification à un dispositif automatique abstrait, automate spirituel selon Spinoza, machine de Turing selon Putnam.