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_ Safia, un conte de fées républicain

Couverture du livre Safia, un conte de fées républicain

Auteur : Safia Otokoré

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : J'ai lu, Paris, France

Collection : J'ai lu. Littérature générale. Récit, n° 8066

Prix : 5.30 € / 34.77 F

ISBN : 978-2-290-35300-4

GENCOD : 9782290353004

  • Les présentations des éditeurs : 22/06/2006

«Je suis née femme. Je suis née musulmane. Je suis née noire. Je suis née pauvre. Aujourd'hui, je suis devenue une femme indépendante française noire musulmane libre de sa pratique et soutien de famille. Je me suis beaucoup battue, mais je me suis bien amusée aussi.»

De la chance, de nombreuses rencontres et une volonté rageuse sont à l'origine du parcours atypique de Safia Otokoré. Née dans un bidonville de Djibouti, fille de réfugiés somaliens, elle devient sportive de haut niveau et fait ses études en Afrique de l'Ouest. Arrivée en France, elle se marie avec un footballeur et fera tout pour échapper à la vie casanière d'une femme de sportif. Professeur d'EPS, militante associative, elle se lance ensuite dans une carrière politique au PS. Plus qu'un conte de fées, ce livre est un exemple de courage, celui d'une femme qui se bat contre toutes les discriminations.

Safia Otokoré. Élue d'aboirl adjointe au maire d'Auxerre, elle siège à présent au Conseil régional de Bourgogne et rue de Solferino, au Secrétariat national du PS, en tant que chargée des sports.


  • Les courts extraits de livres : 22/06/2006

Tous les matins, ma mère m'accompagnait. Le trajet était long, nous n'avions que rarement de quoi prendre le bus et nous marchions près d'une heure. Ma mère me tenait par la main, elle allait vite, saluant de la tête les connaissances croisées en chemin. Nous traversions sans nous parler le quartier 3, empruntions les ruelles qui menaient au quartier 2, coupions rapidement à travers la partie qu'on surnommait en riant le quartier «funcking» où vivent les prostituées puis grimpions les marches qui conduisent au centre commercial et au Plateau, la ville haute, la ville chic. Sous ces escaliers où nous passions chaque jour vivaient des enfants qui avaient moins de chance que moi, ceux que l'école avait rejetés ou qui n'y avaient même jamais mis les pieds. Ils se rassemblaient là pour sniffer de la colle et partager l'argent qu'ils avaient mendié le plus souvent sur le terre-plein central de la large et commerçante avenue 19.

L'école primaire était située à proximité de la très grande église, pas très loin du Prisunic, le magasin des merveilles à mes yeux. Arrivée devant les portes de l'établissement, ma mère faisait demi-tour simplement et s'éloignait. Elle n'avait jamais un geste de tendresse. Ce n'était pas sa façon d'exprimer l'amour qu'elle avait pour ses enfants. Elle nous nourrissait, et nous poussait, à sa façon un peu brutale, vers ce qu'elle pensait être le meilleur pour nous.

C'est durant ma seconde année, quand elle a décidé que j'étais assez grande pour faire seule le chemin, que j'ai gagné le surnom qui allait me suivre jusqu'à mon départ pour Dakar.


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