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Lisez Bel-Avenir pour le plaisir de rire et de réfléchir à la question de l'autre : qu'il soit français, français d'origine, immigré et même sans papier.
Prenez le temps d'une ballade dans la langue simple et intelligente d'Akli Tadjer
Les présentations des éditeurs : 03/07/2006
Bel-Avenir ? Une cité HLM en lisière de nulle part. Qui vivaient là ? Une flopée de Noirs, d'Arabes dont Omar Boulawane et Godasse, le seul Blanc de ces barres de béton brut. Omar et Godasse, une belle paire d'amis qui se sont perdus de vue lorsqu'on a rasé leur Bel-Avenir.
Devenus de vieux trentenaires, ils font le point. Godasse est resté un beau gosse qui vend ses charmes à de grandes bourgeoises finissantes. Omar, le narrateur, vient d'être engagé dans un journal sur des critères qui n'ont rien à voir avec ses talents et qu'on qualifie désormais de «discrimination positive». Aïe ! C'est là que tout dérape. Pour une fois que sa tête de métèque l'aide à décrocher du boulot...
Bel-Avenir est un roman trépidant, cruel, drôle, où l'on se coltine sans retenue à son sort, où l'on croit toujours aux miracles de demain. Bel-Avenir est aussi un roman d'amour. Omar tombe fou amoureux d'Angélina, petite fleur du Burkina. Mais surtout, Bel-Avenir est un conte de fées social qui pourrait commencer par : «Il était une fois Omar Boulawane...»
Né en 1954, Akli Tadjer est écrivain et scénariste. Il est l'auteur de Les A.N.I. du Tassili (1984), couronné par le prix Georges-Brassens, Courage et patience (2000), Le Porteur de cartable (2002) et Alphonse (2005). Ses romans ont tous fait l'objet de cessions en poche et d'adaptations à la télévision.
Les courts extraits de livres : 03/07/2006
Quand Muslim Brother's, une association guidée par un imam célèbre pour l'admiration sans borne qu'il voue à Ben Laden, enrôlait des éducateurs pour former aux choses de la religion de jeunes gangsters de banlieue, j'étais allé me faire tirer le portrait au Photomaton après avoir jeûné durant sept jours et m'être abstenu de me raser autant de temps. Ainsi, le teint terreux, l'oeil cerné de fatigue, les joues creusées et salies par cette barbe naissante, on aurait juré que je briguais une place de martyr chez Al-Qaïda. Pour faire bonne mesure, j'avais spécifié au dos de la photo : À mort l'Occident ! Allah ou Akbar ! Oussama vaincra ! et j'avais signé dans un arabe approximatif : Boulawane Le Pieux. Approximatif, car les lettres composant mon patronyme tenaient plus de vers de terre anémiés que de la calligraphie orientale... Quand... Quand... Quand...
Tous ces courriers étaient restés lettre morte. De guerre lasse, je finissais par m'envoyer des CV que je rejetais systématiquement... Trop ceci, trop cela, trop rien, trop mytho, trop schizo, trop barjot, trop, trop, trop...
Alors que je n'espérais plus rien de rien, la sonnerie de mon portable me sortit de mes jours inutiles. «Vous avez un nouveau message... Bonjour monsieur Omar Boulawane, je suis Claire, l'assistante de M Duvernoy. Votre candidature a été retenue...»
- Pourquoi elle n'est pas avec nous, ta bienfaitrice ? questionne encore Godasse en fouillant ses poches à la recherche de son paquet de cigarettes.