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La grand-mère d'Adrien, Sophie, lui racontait mille et un contes sur la Russie. Elle n'y avait jamais mis les pieds, mais elle affirmait que seuls les Russes ont une âme. Devenu jeune diplomate, Adrien fait des séjours de plus en plus fréquents au pays de ses ancêtres. Il y découvre une Russie vénéneuse, carnivore, qui ne ressemble en rien à celle de Sophie.
Au contact de cette planète étrange, Adrien voit la bulle de son enfance voler en éclats. Lui-même est projeté en orbite autour de personnages incongrus. Des bribes de son propre passé, mais aussi de celui de sa famille se télescopent. En plein charivari, Adrien retrouve un tableau, puis la demeure familiale qui avait été détruite pendant la révolution.
Lentement, inéluctablement, Adrien s'enfonce dans les vieux marais russes. Les démons qui y vivent ont plus d'un masque. Il tombera dans leurs pièges. Une victime presque consentante. De retour en France, Adrien comprendra que la Russie n'est qu'un songe.
Irina de Chikoff, grand reporter au Figaro, a été correspondante à Moscou pendant six ans. Elle a publié son premier roman, Sainte-Lune, en 2004.
Les courts extraits de livres : 07/07/2006
Petia avait sorti un couteau de sa niche. Le manche était cassé, la lame rouillée. J'ai reculé. Il s'est mis à grogner, baver. Il montrait les dents. Elles étaient jaunes. Je me suis sauvé. Dans mon dos je l'entendais rire et aboyer. Aboyer et rire. J'ai couru jusqu'au Metropol.
Au bar de l'hôtel, je suis tombé sur Vera. Une interprète que j'avais rencontrée à plusieurs reprises dans des réceptions. Jolie, pas exaltée. Tout ce qu'il y a de plus normale. Je l'ai invitée à boire un verre. Et je lui ai raconté la scène avec Petia.
Il ne faut pas vous frapper. Ce dourak vous a inutilement bouleversé. 11 y a des chances pour que votre professeur ne soit qu'un clochard professionnel. Il a vite compris que vous étiez disposé à le pourvoir en vodka. Pour retenir votre attention, il s'est inventé une vie. Pris à son propre jeu, il a forcé le trait. Avant, les bomjis n'étaient pas autorisés à venir à Moscou et Petia n'aurait jamais pu vous effrayer, les miliciens seraient intervenus. Mais avec tous les changements...