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Après deux chevauchées à travers le moyen âge, Michel Carcenac revient à des récits contemporains.
Il anime une galerie de personnages hauts en couleur, ceux de son Périgord : le truculent Hubert qui épie de son bateau l'envol des hirondelles dans la nuit, tandis qu'en amont l'Ange blanc glisse sur le courant. L'officier de la deuxième DB aux prises avec des gitans, et Pascal d'Eygurande qui sauve son village de la famine.
Il nous entraîne dans les histoires du coq et des tourterelles, du verrat et de la chevrette, sans oublier les tribulations des veaux. Perché dans son tilleul, le geai Zizi-pan-pan la Riflette médite sur le bonheur de vivre à la campagne.
D'un bond de kangourou blanc, nous sautons du Bugue à Siorac, de Pissos à Amsterdam, de la Double au Quercy et à l'Agenais, mais la Dordogne reste toujours le personnage principal de ce tableau bucolique.
Par quelques récits, Michel Carcenac évoque le temps sinistre de l'Occupation, mais aussi il nous amuse avec ses souvenirs de médecin de campagne et de pilote d'avion débutant.
Dans ces Nouvelles, le talent de conteur de Michel Carcenac se confirme. Les nombreuses anecdotes sur son pays font merveille pour découvrir un passé récent.
Les courts extraits de livres : 24/11/2009
A Mallemort, juste au-dessous de Saint-Cyprien, nous avons vu une grande flamme sur l'eau. Il n'y a pas de feux d'artifice en semaine ; un bateau en feu ? Nous avions le compte de poissons et notre lampe était éteinte. En nous laissant glisser, nous sommes tombés sur des braconniers : trois gars qui pêchaient à la fouysse, mais à pied. L'un tenait une torche faite d'une botte de seigle, très serrée par une ficelle, l'autre piquait avec la fouysse, et le dernier portait la réserve de flambeaux. Jamais je n'avais vu pêcher de cette façon, et pourtant, ce n'était pas la première fois que je descendais la Dordogne de nuit. J'ai reconnu Culine, il habitait derrière le château de Berbiguière. Nous étions dans le noir et ils ne savaient pas à qui ils avaient affaire. En apercevant un bateau qui venait sur eux, ils ont eu peur.
" Je te le disais bien, hurlait Culine, qu'on allait se faire coincer ! Je le savais qu'il ne fallait pas aller à la pêche la nuit. "
On leur criait : " N'ayez pas peur, nous sommes des braconniers comme vous. " Mais ils n'entendaient rien, tellement Culine braillait en courant dans l'eau, dans la plaine, dans les champs de maïs.
Le lendemain, au battage, chacun s'est régalé des barbeaux bien frais, cuisinés à l'huile de noix dans la poêle, par la belle-mère du Couleau. L'Emma avait préparé une autre de ses spécialités, des beignets, mais des grands comme la poêle ; un seul me suffisait. Pourtant à l'époque j'étais jeune et j'aurais mangé un curé.