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_ Bardo or not bardo

Couverture du livre Bardo or not bardo

Auteur : Antoine Volodine

Date de saisie : 03/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction Et Cie

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782020628549

GENCOD : 9782020628549

Sorti le : 27/08/2004

  • Les présentations des éditeurs : 30/12/2009

Dans son texte théorique, Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze (Gallimard, 1998), Antoine Volodine définissait «l'entrevoûte» : «Le terme d'entrevoûte est un terme heureux. Il suggère des pratiques magiques, un envoûtement et, en même temps, une intimité musicale, faite d'onirisme entrecroisé, de réciprocité et de partage». Il reprend ici ce genre littéraire pour tisser les sept parties de ce roman, inspiré du Livre des morts tibétain, ou Bardo Thödol, poème religieux où une divinité accueille le mourant dans le voyage
qu'il doit accomplir pour traverser «les mondes intermédiaires», jusqu'à la révélation de la «Claire lumière» ou Prabhasvara.
Les sept chapitres de ce roman mettent donc en scène des mourants qui ne savent pas toujours qu'ils sont en train de mourir et se retrouvent dans des lieux oniriques ou tout à fait réalistes, et font face à une série d'épreuves initiatiques en entendant, par divers moyens, la voix du Livre des morts tibétain.
Dans le premier chapitre, un communiste révolutionnaire (Kominform) est abattu par un tueur.zélé (Batyrzian) qui a mal interprété l'ordre de ses supérieurs (qui voulaient le capturer vivant).
Dans le deuxième chapitre, le soldat Glouchenko erre dans un tunnel et dialogue avec Babloiev (qui est déjà mort), en ignorant que lui-même est à l'agonie. Il se transforme en singe.
Dans le troisième volet, deux hommes se battent dans un train entre Hongkong et une plage et échangent leurs identités.
Dans le quatrième moment, qui se déroule dans un théâtre, un acteur évoque trois pièces qui décrivent, chacune à sa manière, l'univers «intermédiaire», de paranoïa et de destruction.
Le cinquième temps a lieu dans une cave où retentit un juke-box.
Le sixième épisode, admirable, a pour décor un temple chinois où deux hommes mourants, dont un banquier fou, et un militant de l'Association des bonnets rouges anonymes, dialoguent une dernière fois en entrant dans
la mort, l'un d'eux se transformant en araignée : «Il n'y a pas de paysage à proprement parler, pas d'image, mais, quand on essaie de se représenter le décor, on sait qu'on avance dans une vaste plaine noire.»
Enfin, le dernier texte, de très loin le plus extraordinaire, se passe dans un bar où le barman dialogue avec un «Untermensch», un homme-bête qui travaille dans un zoo et qui est bouleversé par la mort d'un clown.
Surgit un autre client qui était le partenaire du clown mort. Tous trois, sur un ton à la fois naturel, poétique et comique, décrivent la mort, pendant que se déroule une cérémonie religieuse dont les échos parviennent à travers des tuyauteries et que résonne un chant coréen diffusé par une radio.

Antoine Volodine est né en 1949. Il a publié quatre livres de science-fiction aux Éditions Denoël, quatre romans aux Éditions de Minuit, trois ouvrages aux Éditions Gallimard. Des anges mineurs(1999, repris en poche en 2001) lui a valu le prix Wepler et le Prix du Livre Inter 2000. Après avoir enseigné la littérature russe (qu'il traduit également), il se consacre entièrement à son oeuvre. Il a écrit plusieurs textes pour la radio (France Culture). Il vit à Orléans, et voyage souvent en Orient(Macao, Hong Kong). Il étudie le chinois et parle couramment russe.



  • La revue de presse Anne Grignon - Le Nouvel Observateur

Ceux qui aiment les Monty Python et leur audace blasphématoire se plongeront avec bonheur dans le nouveau roman d'Antoine Volodine. Ils y trouveront le même humour décalé et une semblable extravagance. Les Monty Python ont réduit la quête du Graal à une farce de boulevard et déclenché les foudres ecclésiastiques dans «la Vie de Brian» en poussant les Rois mages dans une étable qui n'était pas celle de Jésus. Volodine à son tour s'empare d'un monument et tourne autour jusqu'à l'absurde. Cette fois, c'est le bouddhisme qui trinque.
Sacrément inspiré par le Bardo Thödol, le Livre des Morts tibétain, l'écrivain met en scène quelques personnages fraîchement trépassés. Ils pataugent dans l'obscurité du Bardo, cet entre-deux-mondes où cheminent les morts avant de se réincarner... Ainsi, tout en puisant dans la métaphysique réincarnatoire, Antoine Volodine poursuit avec son outrance coutumière l'exploration de son théâtre intime. S'y agite une humanité fragile qui se demande en vain ce que vivre veut dire. Plus il fait preuve de sensibilité, plus l'écrivain redouble d'incongruités. En cela, Volodine est un Monty Python.


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama

Ça commence comme une parodie de roman d'aventures : un ex-communiste révolutionnaire poursuivi, dans le poulailler d'un monastère lamaïque, par les sbires d'une officine de nettoyage politique. Et ça finit avec le suicide d'un clown qui ne fait plus rire personne. Entre farce et tragédie, le quatorzième livre d'Antoine Volodine, Bardo or not Bardo, est un théâtre grinçant, éminemment singulier, drôle parfois jusqu'à l'éclat de rire. Une fois encore envoûtant par la noirceur fulgurante de ses images et de sa poésie...


  • La revue de presse Jean-Didier Wagneur - Libération

Tu vas bien finir par mourir, lecteur, le plus tard et le moins douloureusement possible, bien sûr. Mais tout ne sera pas fini pour autant. Les ennuis ne feront que commencer : parce que tu n'auras pas conscience de ta mort et que le repos éternel ne se gagne pas facilement. La traversée dure quarante-neuf jours, pendant lesquels il faut déjouer les pièges de la réincarnation et trouver la Claire Lumière pour que tout soit alors vraiment terminé. Bardo est le nom de ce monde intermédiaire «d'avant la vie et d'après la mort». C'est ce qu'enseigne le bouddhisme dans le Bardo Thödol, le Livre des morts tibétain dont la récitation accompagne rituellement cet ultime voyage et donne tout son sens au titre du nouveau roman d'Antoine Volodine : Bardo or not Bardo.

Bardo or not Bardo est le livre des morts de l'univers d'Antoine Volodine. Mais le bardo n'est pas un endroit de tout repos... Il y a des espions qui se poursuivent, des terroristes, des maffieux, des bonzes, des coups de gongs et des coups de feu, de la désinformation et des doubles, des incantations et des slogans. On est soudain dans un train lancé à grande vitesse dans des paysages chinois, puis dans une galerie de mine effondrée ou dans un glauque institut médico-légal... De «Baroud d'honneur avant le Bardo» au «Bar du Bardo», septième histoire de ce roman construit sur les sept semaines pendant lesquelles le mort est confronté à son devenir, Volodine rapporte ces voyages au bout de la nuit dont l'enjeu est d'éviter de revenir sur terre, et de ne pas être réincarné dans une matrice hasardeuse : pingouin, singe, ou homme. Bardo or not Bardo est profondément marqué par l'écriture théâtrale que Volodine pratique avec des pièces radiophoniques. La situation est minimale, un bonze lit le Bardo Thödol pour accompagner le défunt et l'aider à déjouer les pièges de la mort. Parfois, c'est un homme désemparé qui parle naïvement au mort. Volodine imagine de nombreuses variations souvent plus qu'inattendues. Reste que le dialogue tourne souvent au monologue, parfois comique... Livre des échecs derniers, Bardo or not Bardo est l'un des romans de Volodine où l'humour est le plus accusé. La seule rédemption du tragique reste le grotesque, il est là qui ruine tous les traités imaginables...


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