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.. La Madone sixtine. Suivi de Repos éternel

Couverture du livre La Madone sixtine. Suivi de Repos éternel

Auteur : Vassili Grossman

Traducteur : Sophie Benech

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Essais littéraires

Editeur : Interférences, Paris, France

Prix : 11.00 € / 72.16 F

ISBN : 978-2-909589-05-3

GENCOD : 9782909589053

  • Les présentations des éditeurs : 18/07/2006

Avoir été parmi les premiers à découvrir et à décrire les camps de concentration nazis a sans doute beaucoup contribué à transformer le regard de Vassili Grossman sur le monde : c'est après la guerre qu'il a écrit ses oeuvres maîtresses, les plus profondes et les plus lucides. C'est aussi à partir de cette époque que ses yeux se sont ouverts sur le caractère totalitaire du régime communiste. Dans ces deux méditations sur la beauté et le destin, sur ce qu'il y a d'humain en l'homme et ce qui reste de lui après la mort, le lecteur retrouvera le souffle et la patte de l'auteur de Vie et destin : le goût du détail concret et de brusques envolées lyriques, une grande faculté d'empathie et une robuste candeur associée à une sagacité pleine de réalisme.


  • Les courts extraits de livres : 18/07/2006

Si nous connaissons les réactions thermonucléaires qui transforment la matière en une puissante quantité d'énergie, nous sommes encore incapables aujourd'hui de nous représenter le processus inverse, la matérialisation de l'énergie; or ici, c'est la force de l'esprit, la maternité, qui se cristallise, transmuée en une humble Madone.

Sa beauté est étroitement liée à la vie terrestre. Elle est démocratique, humaine; elle est inhérente à la masse des êtres humains - ceux qui ont la peau jaune, ceux qui louchent, les bossus aux longs nez pâles, les noirs aux cheveux frisés et aux grosses lèvres - elle est universelle. Elle est l'âme et le miroir de l'humanité, et tous ceux qui la regardent voit en elle l'humain : elle est l'image de l'âme maternelle, c'est pourquoi sa beauté est à jamais entremêlée, confondue avec la beauté qui se cache, indestructible et profonde, partout où la vie naît et existe - dans les caves, les greniers, les palais et les bas-fonds.

Il me semble que cette Madone est l'expression la plus athée qui soit de la vie, de l'humain sans la participation du divin.

Par moments, j'avais l'impression qu'elle exprimait non seulement l'humain, mais aussi quelque chose d'inhérent à la vie terrestre prise dans son sens le plus vaste, au monde des animaux, partout où, dans les yeux bruns de la jument, de la vache ou de la chienne nourrissant ses petits, on peut voir, deviner l'ombre prodigieuse de la Madone.

Et plus terrestre encore me paraît l'enfant qu'elle tient dans ses bras. Son visage semble plus adulte que celui de sa mère.


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