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_ Fin de pistes

Couverture du livre Fin de pistes

Auteur : Emmanuel Pierrat

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Léo Scheer, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-7561-0040-1

GENCOD : 9782756100401

Emmanuel Pierrat - 25/08/2006


  • Les présentations des éditeurs : 20/07/2006

Dans une Namibie agitée par un coup d'état sanglant, quatre personnages se racontent leurs destinées singulières incarnant une Afrique bigarrée, fascinante, d'une grande richesse culturelle, l'espace syncrétique de tous les possibles et de toutes les tragédies... Le roman offre également la traversée d'une séquence historique majeure : la décolonisation et l'avenir d'un continent aussi gigantesque que blessé.


Un 4x4 déboule à l'issue d'une piste dans un nuage de poussière. Trois personnes à la mine défraîchie en sortent. Elles ont fui un coup d'état ayant éclaté Windhoek, la capitale de la Namibie, et se dirigent vers le vieux Blanc qui a l'air d'être le maître de cette halte miteuse au milieu de nulle part constituant à présent leur seul refuge. Mais pour combien de temps ? Quand la rébellion atteindra-t-elle les terres reculées ?

En attendant, René - le vieux Blanc - les accueille et, dans ce moment critique faisant se croiser quatre destinées singulières que rien ne semblait devoir amener à se rencontrer un jour, chacun se met à raconter sa vie. René, ayant quitté tout jeune ses Vosges natales pour s'enrôler dans la guerre d'Algérie et chercher l'aventure en Françafrique. Makéda, la juive noire, éclatante de courage, et sa longue errance tragique, la menant d'éthiopie en Israël puis en Afrique du Sud. Albéric, le fils de diplomate belge, orphelin, devenu, contre toute attente, artificier et nomade. Codjo, l'Africain, issu d'une ethnie autrefois puissante, ayant rejeté le vaudou de ses origines pour embrasser la lutte marxiste et finir trafiquant d'art africain...

Dans ces instants tragiques, le discours croisé de ces vies à la fois intenses et vaines éclaire leur parcours d'une lumière nouvelle. Chacun n'a fait que s'exiler des siens, de sa culture, de ses croyances, dans une course folle en quête de passion ou de stabilité. Chacun n'a été qu'une fuite en avant pour exorciser la peur, la misère, la mort. Chacun se retrouve finalement, dans la simple magie d'un instant de confession, un instant suspendu, comme d'éternité... jusqu'au bout de la piste.


EMMANUEL PIERRAT est avocat au barreau de Paris. Il a publié de nombreux ouvrages juridiques, ainsi que des essais sur la culture ou la censure. Il tient la chronique juridique dans l'hebdomadaire professionnel Livres Hebdo ainsi que dans Caractère et L'OEil. Emmanuel Pierrat enseigne le droit d'auteur et le droit de la communication, notamment à l'Université de Paris-XIII et l'École Nationale des Arts Décoratifs. Il est consultant pour l'Afrique sub-saharienne auprès de la Chambre de Commerce International de Genève (et dépendant de l'ONU). Ses parents vivent aujourd'hui en Afrique australe et il est collectionneur d'art africain. Il est l'auteur de quatre romans, dont Histoire d'eaux (Le Dilettante, 2002, Pocket, 2004), La Course au tigre (Le Dilettante, 2003, Pocket, 2005) et L'Industrie du sexe et du poisson pané (Le Dilettante 2004, Pocket, septembre 2006). I1 a également traduit de l'anglais Pensées paresseuses d'un paresseux de Jerome K. Jerome (Arléa, 1992 et 1998, en collaboration avec Claude Pinganaud) ainsi que, du bengali, Histoires de fantômes indiens de Rabindranath Tagore (Cartouche, 2006, en collaboration)


  • Les courts extraits de livres : 20/07/2006

En feuilletant nonchalamment le Namibia Weekly ce soir-là, je ne doutais pas que ma quiétude allait bientôt être chahutée par ce qui avait été si cher à ma folle et stupide jeunesse : l'exercice du pouvoir politique par la force. J'avais oublié qu'en Afrique l'asile n'est que climatique, jamais politique.

Le lendemain, au crépuscule, lorsqu'un Range Rover arriva à toute allure aux abords de mon refuge, je compris vite que les festivités nationales avaient dû prendre une tournure imprévue. Ce furent les cris des boys - en réalité des membres de l'infinie parentèle de ma moitié - qui m'alertèrent du nuage de poussière lui-même annonciateur d'une visite, forcément incongrue à cette heure si tardive.

Rosa ne résidait que par intermittence à mes côtés. Les moeurs de sa tribu, ou plutôt l'interprétation qu'elle avait choisi d'en tirer, présentaient quelques particularités qui n'étaient pas pour déplaire au féministe que j'étais, au fil des décennies, devenu. Selon elle, les Himbas avaient conservé un système matriarcal reposant, notamment, sur la polyandrie. Les femmes s'installaient, la nuit venue, sur le seuil de leur case pour chanter. Les mâles paradaient à travers le hameau, déambulant devant les belles qui n'arrêtaient leurs vocalises d'amour qu'en présence de la pièce choisie pour les heures à suivre. Les enfants étaient confiés à une voisine ou une cousine. Et, au petit matin, l'étalon regagnait ses pénates.


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