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Quand Clara accepte d'accompagner sa mère Frieda à Vienne, sa ville natale, elle n'en sait que peu de choses car sa mère ne lui a jamais parlé de son enfance. Juive autrichienne, Frieda a dû quitter Vienne en 1938 pour Paris puis Périgueux et la Savoie, fuyant perquisitions et rafles.
Mais ce que découvre Clara c'est une Frieda inconnue, qui reconnaît tout de suite sa ville avec une joie de vivre qui lui fait bien défaut à elle.
Il lui faudra un second séjour à Vienne, seule cette fois, pour s'approprier l'histoire de sa mère et faire la paix avec elle-même.
Un ton juste, musical, attachant, entre mélancolie et sobriété, pour effleurer le poids du passé, l'appartenance qui sans être revendiquée ne peut être tue si on veut assumer le présent et ses épreuves.
Michèle Halberstadt a été pendant 4 ans «la Castafiore» de Radio 7, puis rédactrice en chef du magazine Première. Prends soin de toi (Flammarion, 1991) fut son premier roman puis elle publia le récit du journal tenu au cours du tournage de La Repentie de Laetitia Masson, Adjani aux pieds nus (Calman Lévy 2002).
Michèle Halberstadt est aujourd'hui productrice de cinéma (ARP).
La revue de presse Gilles Pudlowski - Le Point du 7 septembre 2006
Deux voyages à Vienne : un avec sa mère, sur les traces de son enfance, l'autre seule, en quête des décors du «Troisième homme».
[...] Vienne baroque et provinciale, «détestable et admirable», est la véritable héroïne de ce récit qui est celui de l'amour d'une fille pour sa mère, l'histoire de cette dernière et, finalement, celle, sobre, nette, émouvante, d'une réconciliation.
Les courts extraits de livres : 06/08/2006
Son visage s'illumina de ce sourire timide qui découvrait ses dents de la chance et lui donnait un air espiègle, enfantin. Elle enchaîna sur une anecdote que venait de lui raconter son chauffeur de taxi, plaisanta avec l'hôtesse qui délivrait les cartes d'embarquement, le tout sans lâcher le bras de Clara qu'elle tenait contre elle tendrement. Sa gaieté était communicative. Elles furent tout de suite absorbées l'une par l'autre, se racontant mille et un détails insignifiants dont chacune savait que l'autre apprécierait la cocasserie, l'absurdité. Elles bavardèrent ainsi durant tout le vol, grignotant à peine leur plateau repas, sans même s'interrompre pour feuilleter les quotidiens français et allemands qu'on leur avait obligeamment proposés. Déjà l'avion amorçait sa descente et Clara s'en voulut d'avoir, en se réveillant ce matin, redouté ce tête-à-tête, cette escapade, cette occasion imprévue de se retrouver seules toutes les deux hors du quotidien, en vacances buissonnières de leur vie à chacune. Quand sa fille, âgée de trois ans, s'était pendue à son cou et l'avait envahie de son odeur de cannelle, elle s'était reproché de passer les cinq prochains jours sans la voir. Mais, à présent, l'allégresse de Frieda la consolait du visage chiffonné qu'avait pris Alice dès qu'elle avait vu sa mère sortir sa valise.
L'avion ne s'était pas encore immobilisé sur la piste qu'un air de valse grésillait déjà dans la cabine. L'hôtesse prit congé dans une langue qui sembla à Clara plus douce, plus ronde que l'allemand.
- Plus hypocrite, tu veux dire ! rétorqua Frieda, qui eut des remarques désobligeantes pour tout ce qui l'entourait depuis qu'elles s'étaient posées sur le sol autrichien.