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Tu chercheras mon visage

Couverture du livre Tu chercheras mon visage

Auteur : John Updike

Traducteur : Claude Demanuelli

Date de saisie : 28/09/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-02-061385-9

GENCOD : 9782020613859

  • Les présentations des éditeurs : 25/08/2006

Un huis clos entre une femme peintre, Hope, arrivée au crépuscule de sa vie, et Kathryn, jeune journaliste new-yorkaise venue l'interviewer dans sa maison du Vermont, prend les allures d'une pièce de théâtre par la mise en scène d'un jeu du chat et de la souris. Le chat, Kathryn, est aussi le catalyseur, le déclencheur du souvenir. Quant à Hope, qui au cours d'une journée rassemble les fils épars de toute une vie, elle permet à l'écrivain d'évoquer le passage du temps et le vieillissement, de s'interroger sur la validité et la pérennité de la création picturale ou littéraire. En prêtant sa voix à une femme émouvante, lumineuse, qui fut une figure centrale de la peinture américaine de l'après-guerre en tant qu'artiste et épouse d'artistes célèbres - Zack McCoy, alias Jackson Pollock, le génial enfant terrible de l'expressionnisme abstrait, puis Guy Holloway, star du pop art, hybride de Warhol et de Rauschenberg -, en retraçant avec une tendresse nostalgique cette grande époque révolue et les décennies qui suivirent, John Updike s'illustre à la fois comme critique d'art provocateur et comme critique éblouissant de la condition humaine.

Né en 1932 à Shillington en Pennsylvanie, John Updike, auteur de cinquante-quatre ouvrages, est un écrivain brillant, infatigable, qui depuis la parution de son premier roman, en 1958, n'a cessé de voir ses oeuvres récompensées.



  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, octobre 2006

Née dans les années 1920, Hope, son héroïne, a reçu une éducation quaker, avant de tourner le dos à ses parents, de battre de ses propres ailes. Peintre ayant côtoyé de grands noms et de grands mouvements artistiques du XXe siècle, elle reçoit dans sa maison du Vermont une jeune journaliste venue l'interviewer...
Updike se montre d'une grande finesse dans le portrait de cette Hope qui sait trop bien qu'elle a toujours essayé de plaire à tout prix, de s'efforcer de séduire. Splendide, Tu chercheras mon visage se lit comme une grande réflexion sur l'art, le vieillissement, la «capitulation au quotidien», le rôle vital mais effacé d'une femme plongée dans l'ombre d'un artiste qui capte toute la lumière.


  • La revue de presse Jacques-Pierre Amette - Le Point du 21 septembre 2006

Depuis la publication de son premier recueil de nouvelles, «Les plumes du pigeon», John Updike est devenu l'écrivain vigilant et ironique de la bonne bourgeoisie blanche des Etats-Unis. Comment ne pas s'apercevoir qu'il est l'incroyable archiviste heureux, léger, langoureux de cette Amérique qui joue au golf, déjeune au rotary, roule dans des voitures étincelantes, pratique un échangisme soft avec des filles magnifiques pleines de verve au lit (voir «Couples»). Ses personnages taillent des haies de forsythias et prennent des bains de minuit après le départ des invités. La prose d'Updike est moirée, langoureuse, translucide. Updike a tout réussi : poèmes, chroniques dans le New Yorker, portraits, autobiographie, confessions. Son art culmine dans les nouvelles et les romans des années 60. Avec le récit des malaises de Rabbit Angstrom, les problèmes d'érection mènent non pas à la folie mais à la question de l'existence de Dieu. Updike cite volontiers Pascal et Karl Bath, les Psaumes, saint Augustin...
Son trente-sixième livre publié en France raconte une journée dans une maison occupée par une vieille dame raffinée qui fut excellent peintre. Hope reçoit une jeune et superbe journaliste new-yorkaise, pimpante, branchée, supérieure, qui ressemble «à un long couteau neuf». Cette Kathryn est ambitieuse, culottée, arrogante bien sûr, et croit que le journalisme sera «people» ou ne sera pas...
Avec «Tu chercheras mon visage», Updike a marqué un point capital. Il a réussi le grand roman bergmanien de sa vieillesse. Méditation religieuse empreinte de sentiment d'innocence, détachement oscillant vers le chagrin, ravissement et ferveur, résurrection d'une époque de rires, de chaises longues, de chapeaux de soleil. Puis tout s'éteint. Noir. Nous avons entrevu quelque chose d'avant la chute comme il y a un avant la pollution. Quel livre moiré, complexe, succulent, en contact avec les ondes profondes de la vie !


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 23 septembre 2006

Un seul lieu, une seule journée, et dans ce huis clos deux femmes qui se font face. Nous sommes dans le Vermont, chez Hope, dame âgée désormais, artiste peintre de quelque renom, en outre veuve de deux artistes majeurs de la deuxième moitié du XXe siècle : Zack McCoy, avec qui elle vécut dans les années 50, avant de devenir quelques années plus tard l'épouse de Guy Holloway...
C'est que ce récit, c'est par la voix de Hope qu'il nous est intégralement livré. Pour mieux dire, par ses pensées - tant il est vrai qu'une des beautés de ce roman, qui en compte tant, tient dans cette distance qu'il fait à tout instant sentir entre le discours de la vieille dame, cette parole construite, guidée pour ne pas dire contrainte par les questions incisives voire indiscrètes ou agressives de la jeune Kathryn, et le monologue intérieur de la vieille femme, infiniment souple, discursif, plastique. Sans nostalgie. Pleinement libre.


  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 7 septembre 2006

John Updike est inusable. Plus de 50 livres dans sa besace et, toujours, la même plume mordante pour charcuter le vieux corps de l'Amérique, dont il connaît les moindres recoins: névroses, frustrations, tabous, rien n'échappe à ce chroniqueur prolifique des tourments de la middle class, qu'il observe avec l'ironie sautillante d'un Voltaire dopé par Woody Allen. Léger comme un lapin de garenne, l'auteur de Coeur de lièvre ne cesse, depuis le début des sixties, de trousser des comédies aigres-douces qui enchantent ses contemporains, même s'ils y découvrent mille raisons de déchanter.
[...] Hope, l'héroïne de Tu chercheras mon visage, est une vieille peintre qui vit en recluse dans sa belle maison du Vermont. Le IIIe millénaire se profile, elle va fêter ses 80 ans, et il ne lui reste qu'à ressasser ses souvenirs dans une époque qu'elle n'aime guère parce que, dit-elle, elle est «l'habit de bouffon du diable». Un matin d'avril, une journaliste frappe à sa porte: elle débarque de New York pour l'interviewer, lui tend le micro de son Sony portatif, et Hope se met à parler. Au fil de ses confidences, le puzzle de sa tumultueuse existence se recompose peu à peu - elle qui a connu tous les grands peintres américains de l'après-guerre.
[...] cette magistrale leçon d'esthétique est d'abord un éloge de la sensualité. Updike, le peintre sarcastique de l'Amérique profonde, est aussi le confident des artistes.


  • La revue de presse Jean-Paul Dubois - Le Nouvel Observateur du 24 août 2006

... Depuis que je lis les livres de cet homme, je l'imagine dans la posture de l'entomologiste bienveillant, campé sur ses coudes, les mains en coupe sous le menton, observant la ruche de notre monde, avec, pour l'espèce, cette même curiosité affectueuse qu'un Maurice Maeterlinck ou qu'un Jean Henri Fabre témoignaient envers les insectes. Cette fois-ci, avec «Tu chercheras mon visage»,Updike revient vers une grande affaire de sa vie, l'art et la peinture qu'il a étudiés, dans les années 1950, à Harvard et surtout à l'Ecole des Beaux-Arts de Ruskin, à Oxford, en Angleterre. Tout au long de son existence, ce fils de mathématicien aura rodé autour des toiles et des drippings, fréquenté les installations et contemplé les sculpteurs, tel le Français Jean Ipoustéguy, auquel il voue une inconditionnelle admiration. Cette passion plasticienne perce à plusieurs reprises dans son oeuvre, comme dans ses nouvelles...

En un jour, en un lieu, deux femmes rassemblées vont ainsi faire revivre une épopée flamboyante, avec ses artistes, leur obsession de la célébrité et cette propension qu'ils avaient à diluer leur peinture dans les alcools les plus forts.

Hope, vieille dame retirée du monde, reçoit une jeune journaliste, Kathryn d'Angelo, venue de New York pour faire le portrait de cette «artiste et figure centrale de la peinture américaine», mais aussi pour évoquer la vie et les destins tordus de ses divers maris, tous peintres majeurs, aujourd'hui morts ou errant dans cette maladie qui vide à jamais les tiroirs de la mémoire. Et l'on comprend donc très vite, au fil des confidences qui s'échangent entre ces deux femmes, que ces époux célébrissimes, immodestes, caractériels, alcooliques ou, au contraire, attentionnés, amoureux, généreux, et qui circulent dans les pages sous les prête-noms de Zack Mc Coy et autres Guy Holloway, ne sont autres qu'un Jackson Pollock titubant ou qu'un croisement hybride et bien peu séduisant d'un Warhol avec un Rauschenberg... ce livre nous propose une troublante galerie de portraits désenchantés qui, sous le mince prétexte de l'art, nous entretiennent simplement de l'indicible inquiétude qui s'empare de notre espèce lorsqu'il s'agit d'arpenter le monde, de le peindre ou bien de le quitter.


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