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À l'image de la société, la cour de récréation met en scène ses forts, ses faibles, ses courageux, ses couards, ses timides, ses grandes gueules... Régie par des codes, des règles et un langage propre, elle est le seul endroit où, faisant l'apprentissage de leur future vie d'adolescents puis d'adultes, les enfants s'expriment entre eux et sans contrainte.
Les Mots de la Récré recensent plus d'une centaine de mots de ce langage vif, imagé et créatif. Ce surprenant lexique du vocabulaire des 4-12 ans est replacé dans le contexte de leurs propres phrases et illustré de leurs dessins et de photographies originales les représentant dans les situations parfois les plus cocasses.
Un bonheur à partager entre petits et grands !
Frédéric MENANT est directeur artistique et peintre-plasticien.
Guillaume ANDREU est écrivain et scénariste.
Ils ont publié Les Mots de Gabin (Philippe Rey, 2005). Photographies de Marie-Laetitia Lesaffre
Les courts extraits de livres : 03/09/2006
Si cette orientation littéraire a changé par rapport à celle des enfants du baby-boom, elle s'inscrit dans un bouleversement de la société, dont l'impact est considérable sur l'éducation de nos enfants. Avec une réalité qu'on leur met devant les yeux, parfois même à l'heure du dîner, leur fenêtre sur le monde n'est plus voilée par le rideau de l'enfance. C'est le revers du médium pourtant formidable qu'est la télévision : bienvenue dans le monde des adultes"-En quelques décennies, les enfants, de plus en plus sollicités par les médias, sont devenus les coeurs de dble des publicitaires. Dans une société où l'apparence compte à égalité avec l'instruction, le fossé qui se creuse aujourd'hui est social, faisant de la récré une véritable course aux marques. Des vêtements à la nourriture en passant par les loisirs, le vocabulaire des enfants s'est considérablement encombré de marques déposées. Et si, quelle que soit l'époque, les enfants n'ont jamais été tendres entre eux, la réalité veut qu'ils n'aient jamais été aussi durs qu'aujourd'hui. Outre les éternelles têtes de Turc (les " gros ", les " bigleux "), l'apparence fait à présent office de critère. Les enfants qui auraient le malheur d'être en retard d'une mode font l'objet d'attaques. Les railleries n'ont plus de fondement racial - comme a pu le dépeindre Cavanna dans Les Ritals -, mais social Entendre dans la cour ; " Dégage, t'es habillé comme un pouilleux " n'est plus un cas isolé. Dans une école publique voulant niveler à zéro les différences, il est devenu difficile, pour ne pas dire impossible, d'éviter l'exclusion sociale.