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Auteur : Javier Cercas
Traducteur : Elisabeth Beyer | Aleksandar Grujicic
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Lettres hispaniques
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-7427-6276-7
GENCOD : 9782742762767
Deux pistes, deux destins qui défilent "à la vitesse de la lumière" et, qui malgré leurs différences, vont finir par se recouper et s'entremêler. Deux hommes : Rodney, citoyen américain qui a combattu au Viêtnam, lutte contre son passé, prisonnier de sa conscience ; parallèlement, le narrateur, jeune espagnol détruit par son propre succès, est envahi par la culpabilité après avoir accédé au statut d'écrivain reconnu auquel il aspirait. En apparence si différents, ces deux destins vont se lier l'un à l'autre dans la tragédie suite à une rencontre improbable dans une contrée reculée de l'Amérique, Urbana. Il est question de la guerre et ce de ce qu'elle fait des hommes. Rodney qui apparaît comme étant un homme respectable et cultivé va devenir un monstre au Viêtnam et, lorsqu'il rentre, il ne reste que la solitude, la peur, la culpabilité et l'impossibilité de raconter ce qui s'est passé. Face à ce néant, une seule échappatoire : l'écriture. Devenant pour ainsi dire le double de Rodney, c'est le narrateur qui va jouer le rôle du passeur, qui va transmettre l'incommunicable grâce à sa vision d'écrivain, mais sans toutefois chercher la reconnaissance ou la gloire.
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Dans une université américaine, un écrivain débutant, qui pourrait s'appeler Cercas, se lie d'amitié avec un vétéran du Viêtnam anéanti par le poids de son passé.
A son retour en Espagne, le succès de l'un de ses romans le propulse soudain au firmament et, gorgé de suffisance, il ne sait pas voir qu'il a perdu son âme. Un drame se produit auquel, peut-être, il faudrait survivre. Aux portes de l'enfer, qui s'ouvrent béantes sur le mépris de soi et le désir de mort, il unit son destin à celui de l'ami américain. Dans une impunité souveraine, l'un a ressenti la jouissance de tuer sans raison, l'autre a connu le vertige d'abuser de son piètre pouvoir. A la vitesse de la lumière, ils se sont pris pour des dieux pour se retrouver, brisés, dans ce sentiment archaïque et latent qu'est la culpabilité.
Dès lors, seul raconter l'un peut sauver l'autre.
Si Javier Cercas pointe notre capacité illimitée à faire le mal et l'effroyable nature de la guerre et du succès, il établit surtout le pouvoir de la littérature pour affronter toutes les réalités du monde.
Javier Cercas est né à Cáceres en 1962, il enseigne la littérature à l'université de Gérone. Il est l'auteur de quatre romans, de plusieurs recueils de chroniques, et de récits.
A la vitesse de la lumière est en cours de traduction dans une vingtaine de langues.
Actes Sud a publié Les Soldats de Salamine (2002 et Babel n° 621) et A petites foulées (2004).
Le narrateur du formidable nouveau roman de Javier Cercas ressemble à s'y méprendre, du moins sur certains points, à Javier Cercas lui-même...
«Le narrateur, le protagoniste de ce roman, est un type qui veut écrire un roman au commencement du roman, et à la fin il l'écrit... L'écriture est pour lui une sorte d'exorcisme, la seule façon de donner, peut-être pas un sens, mais au moins l'illusion d'un sens de la réalité», explique-t-il lorsqu'on lui demande de commenter son roman. Selon Rodney, qui a compris que bien écrire, c'est justement le contraire de pondre de belles phrases, réussir un roman, «c'est choisir les mots les plus émouvants pour provoquer la plus grande émotion possible». Il n'est rien de dire que c'est ce que Javier Cercas parvient ici à faire. De main de maître.
Et c'est une autre guerre, tout aussi funeste, qu'il rameute dans son nouveau roman, A la vitesse de la lumière. En entremêlant deux destins, deux époques et deux continents avec une belle virtuosité...
Avec ce récit partiellement autobiographique, Cercas fustige à la fois les sociétés qui envoient des innocents au casse-pipe et celles qui transforment leurs artistes en marchandises. Il fallait un sacré talent pour instruire en même temps ces deux procès dans un roman qui, comme le précédent, a fasciné les lecteurs espagnols.
«Le Je est un masque», prévient-il d'emblée. Et encore : «Écrire, c'est faire un strip-tease à l'envers, comme le dit si bien Vargas Llosa.». Allons donc, sûr que Javier Cercas nous mène en bateau et signe, avec À la vitesse de la lumière, un roman parfaitement autobiographique. Ce serait si simple. Trop simple, en vérité...
Cabotin, Javier Cercas ? Certainement pas. Impertinent, ça oui. Drôle, érudit, plein d'esprit, parlant un français presque parfait. Et si peu imbu de lui-même qu'il peine à expliquer le pourquoi du comment de ses livres. À croire qu'il s'y livre suffisamment comme ça ?...
Brassant tous les matériaux romanesques les plus classiques (lettres retrouvées, rencontres manquées, récits par procuration), Javier Cercas joue en parallèle au jeu malicieux de l'écrivain commentant son propre travail. Contrairement au roman réaliste, qui cherche à cacher sa dimension artificielle, celui-ci insiste sur les coulisses, sans jamais - bien qu'il s'en faille parfois de peu - perdre de sa vraisemblance. Les questions y marchent en rangs serrés. D'abord, celle de la discordance entre l'individu qui vit une histoire et celui qui la raconte : non seulement l'écrivain va s'emparer du parcours de Rodney, qui le lui a pourtant défendu, mais il découvre qu'on doit se placer à l'extérieur d'un événement pour en faire de la fiction. Ensuite celle du succès qui tue ses proies ("l'oeil d'un cyclone dément") et enfin la perspective réconfortante que, oui, malgré tout, les histoires peuvent transformer le monde - aussi bien et sans doute plus durablement que n'importe quelle bataille de n'importe quelle guerre.
«Aujourd'hui, quand un couillon veut démolir un roman, il dit qu'il est sentimental», écrit Javier Cercas dans son nouveau roman, «A la vitesse de la lumière». Et il sait de quoi il parle... Professeur de littérature à Gérone (Espagne), Javier Cercas (44 ans) avait surpris son monde (y compris lui-même) avec le succès des «Soldats de Salamine» (Actes Sud, 2002). Près de 400 000 exemplaires vendus dans son pays et en France, avec une histoire simple : un poète phalangiste est sauvé de la mort par un simple ouvrier républicain. Le journaliste Javier Cercas enquête et en fait un passionnant reportage littéraire, mêlant Histoire avec un grand «h» et vie privée...
Conçu sur le même mode narratif (mêler réalité et fiction : on ne change pas une recette qui marche...), «A la vitesse de la lumière» connaît à nouveau un succès phénoménal en Espagne (le premier tirage de 100 000 exemplaires a été écoulé en cinq jours !). Cette fois, un vétéran du Vietnam brisé par le poids de la faute attire intellectuellement, et moralement, un jeune professeur de catalan qui rêve d'écrire.
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